ALGERIE : Coup de balai dans le commandement des forces armées

Le chef des Forces terrestres de l'armée algérienne a été mis à la retraite, mercredi, 19 septembre, au lendemain du limogeage de celui des Forces aériennes, sur fond de vague d'évictions dans la haute hiérarchie militaire du pays. C'est un nettoyage sans nom, deux semaines après le retour de Genève du président, Abdelaziz Bouteflika, pour un check-up de routine de quelques jours. L'élection présidentielle aura lieu en 2019 avec comme très probable candidat à sa propre succession, l'actuel tenant du poste.

Le chef d'état-major de l'armée algérienne, le général, Ahmed Gaïd Salah (notre photo), présidera, jeudi, 20 septembre, la cérémonie de prise de commandement du "général-major, Saïd Chanegriha, en qualité de commandant des Forces terrestres (CFT), en remplacement du général-major, Ahcène Tafer, mis à la retraite", indique, simplement, le ministère de la Défense, dans un communiqué.

Le départ du général-major, Ahcène Tafer, avait été annoncé par divers médias algériens depuis fin août, mais jamais, confirmé. La chaîne privée, Ennahar TV, réputée proche du pouvoir, avait, à son tour, annoncé, lundi, 17 septembre, le limogeage des généraux, Tafer et Abdelkader Lounes, son homologue des forces aériennes, dont la mise à la retraite a, elle, été officialisée mardi.

Depuis début juillet, le président, Abdelaziz Bouteflika, a remanié la haute hiérarchie militaire en relevant, notamment, de leur commandement plusieurs généraux, dont les chefs de trois des six régions militaires du pays et le commandant de la gendarmerie nationale (CGN).

Il a, en outre, démis de ses fonctions, fin juin, le directeur général de la Sûreté nationale (DGSN, police algérienne), le puissant général, Abdelghani Hamel, ancien militaire.

Chef suprême des Armées au titre de la constitution, le président, Bouteflika, détient, également, le portefeuille de la Défense nationale, depuis son arrivée au pouvoir en 1999.

Le général, Tafer, 74 ans, était commandant des Forces terrestres, depuis août 2004, poste qu'il avait, déjà, occupé, entre 1994 et 2000, avant d'être nommé commandant de la 3e Région militaire, stratégique car frontalière, notamment, du Maroc, rival régional de l'Algérie, et du Sahara occidental où Alger soutient le Front polisario contre Rabat.

Il avait échappé à un attentat islamiste contre son convoi en 2008.

Cette série de limogeages de hauts-gradés de l'armée -longtemps considérée comme "faiseuse de rois" en Algérie- suscite de nombreuses questions à huit mois de la présidentielle de 2019, marquée par l'incertitude autour de la candidature à un 5e mandat du président Bouteflika, 81 ans et affaibli. En réalité, un secret de polichinelle.

Début septembre, semblant vouloir couper court aux spéculations, le mensuel, El Djeich, organe de presse officiel de l'armée algérienne, avait affirmé dans un éditorial que ces mouvements ne s'expliquaient que par "l'alternance" habituelle et assuré que les nouveaux promus avaient été choisis pour "leurs compétences" et leur "mérite".

Avec AFP

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