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ALGERIE : Le chef d'état major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, veut-il devenir le Abdel Fattah al-Sissi algérien ?

La question se pose avec insistance en Algérie où le chef d'état-major des armées, le général, Ahmed Gaïd Salah, est parvenu à rester, pratiquement, seul, aux commandes du pays, après avoir écarté, un par un, tous ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre dont certains détenaient le pouvoir sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika. C'est incontestable qu'il est, désormais, de facto, le seul et unique homme fort du pays. Pour calmer les inquiétudes des nombreux manifestants qui continuent d'écumer les rues des grandes villes, il a assuré, mercredi, 22 mai, n'avoir "aucune ambition politique", quelques jours après avoir insisté sur la tenue nécessaire de la présidentielle du 4 juillet, rejetée par le mouvement de contestation. Présidentielle dont le candidat du pouvoir pourrait être lui-même, ce qui fait craindre la répétition du hold up à la Abdel Fattah al-Sissi, du nom de cet ancien chef d'état major égyptien, devenu, président de la République, à la suite des dérapages répétés du président, Mohamed Morsi, à l'endroit des Egyptiens qui ne pensaient ni ne voyaient les choses comme lui, l'éminent membre de la Confrérie des Frères musulmans d'Egypte.

"Je me suis engagé personnellement à maintes reprises (...) à accompagner le peuple algérien, de manière rationnelle, sincère et franche, dans ses manifestations pacifiques et matures, ainsi que, les efforts des institutions de l’Etat et de l’appareil de justice", a déclaré le général, Ahmed Gaïd Salah, dans un troisième discours en trois jours.

"Et que tout le monde sache (...) que nous n’avons aucune ambition politique mis à part servir notre pays conformément à nos missions constitutionnelles", a assuré le général Gaïd Salah, selon le texte du discours, prononcé lors d'une visite sur le terrain.

L'armée appuie la tenue le 4 juillet d'une présidentielle convoquée par le pouvoir intérimaire pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, mais, rejetée par le mouvement de contestation inédit dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

La contribution décisive de l'armée dans la démission, le 2 avril, après 20 ans de pouvoir, du président, Abdelaziz Bouteflika, a replacé l'armée au centre du pouvoir et fait de son chef d'état-major l'homme fort du pays.

Le général, Ahmed Gaïd Salah, multiplie depuis les discours à ses troupes qui, sur le ton de demandes ou de conseils, donnent le "la", selon les observateurs, dont certains s'interrogent sur un possible scénario à la "Sissi", en référence au général égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée qui s'est fait élire président de l'Egypte après un coup d'état militaire, en 2013, contre le président élu, Mohamed Morsi.

Peu après le coup d'état, le général al-Sissi avait assuré que l'armée "resterait éloignée de la politique".

L'armée algérienne joue un rôle central au sein du pouvoir algérien depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962. Elle était considérée comme le véritable détenteur du pouvoir jusqu'à l'élection du président Bouteflika en 1999.

Choisi par le haut commandement militaire, celui-ci s'était peu à peu défait de son influence, en écartant les principaux hauts gradés et s'est assuré durant 15 ans la fidélité sans faille du général, Ahmed Gaïd Salah, en le nommant, en 2004, chef d'état-major.

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