BOKO HARAM : 15 ans de prison pour un ravisseur des jeunes lycéennes de Chibok

Bien fait pour lui. Il n'a que ce qu'il mérite. Un des djihadistes du groupe nigérian, Boko Haram, a été condamné à 15 ans de prison pour sa participation à l'enlèvement, en 2014, de plus de 200 jeunes lycéennes à Chibok, dans le Nord-Est du Nigeria.

"Un membre de Boko Haram qui a fait partie des ravisseurs qui ont kidnappé les filles de Chibok a été condamné à 15 ans de prison" par un tribunal ad hoc dont les audiences se sont ouvertes, lundi, 12 février, à Kainji, pour juger des insurgés, selon Salihu Isah, porte-parole du ministère de la Justice.

Haruna Yahaya, 35 ans, qui est "handicapé", a précisé le porte-parole, avec un bras paralysé et une jambe déformée, a plaidé coupable, mais, a demandé la clémence des jurés pour avoir été "forcé à intégrer" le groupe armé et à porter un fusil d'assaut AK47.

Lors de son audition expéditive, il a raconté avoir eu une liaison avec l'une des jeunes filles, qui l'aurait supplié de la libérer, mais, il a assuré qu'il ne pouvait rien faire, étant lui-même "contraint" à combattre aux côtés des insurgés.

Toutefois, le tribunal de Kainji, qui reconnaît qu'il ait pu être forcé à rejoindre le groupe islamiste, a jugé qu'il "avait l'option de ne pas prendre part aux activités de Boko Haram", a rapporté M. Isah, et l'a condamné à une lourde peine de prison.

Dix-neuf autres membres de Boko Haram, qui comparaissaient le même jour, ont été condamnés à des peines de 3 à 5 ans de prison.

Dans une première série d'audiences, en octobre, 1.669 personnes avaient été présentées devant une Cour de justice installée sur la base militaire de Kainji, une ville reculée de l'Etat du Niger (Centre-Ouest).

Quelques jours plus tard, le ministère nigérian de la Justice avait annoncé la libération de 468 suspects. Un total de 45 avaient été condamnés à des peines allant de deux à 15 ans de prison et 28 cas avaient été renvoyés vers d'autres juridictions.

Un groupe de 82 d'entre eux avaient plaidé coupable en échange d'un assouplissement de peine, certains étant relâchés après des années, déjà, passées en détention.

Les autres dossiers avaient été renvoyés à une nouvelle audience.

Les audiences d'octobre n'avaient pas été ouvertes au public, ni aux médias ou à des observateurs, ce qui avait entraîné des critiques des organisations de défense des droits de l'homme. Cette fois, le ministère de la Justice a garanti, davantage, de transparence.

En avril 2014, 219 lycéennes, âgées de 12 à 17 ans, avaient été enlevées alors qu'elles passaient leurs examens à Chibok, dans le Nord-Est du Nigeria, épicentre des violences du groupe djihadiste. Leur rapt a entraîné une vague d'émotion mondiale sur les réseaux sociaux sous le mouvement de "bring back our girls".

Depuis, 107 jeunes filles ont été retrouvées ou échangées après des négociations avec le gouvernement. Début janvier, plusieurs d'entre elles apparaissaient dans une vidéo diffusée par le groupe, où elles disaient qu'elles ne reviendraient plus et ne voulaient plus quitter le "califat" (notre photo montrant des lycéennes portant les bébés nés en captivité).

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