BOKO HARAM : Le dernier baroud d'honneur d'Abubakar Shekau ?

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, ne ment pas. Ancien général ayant le sens de l'honneur, il a annoncé, cette semaine, par voie de communiqué, avoir « écrasé » la secte terroriste, Boko Haram, qui ne sévissait plus que dans la forêt de Sambisa. Buhari venait, ainsi, confirmer ce que tout le monde savait, déjà : l'affaiblissement (notoire) et incontesté de Boko Haram. Cet affaiblissement s'est traduit, hier, par la reddition des combattants de Boko Haram, au Niger, et ce pour la première fois, alors que la semaine dernière, l'armée nigériane donnait l'estocade finale à Boko Haram. Bilan : plus de 500 combattants capturés (sans oublier ceux tués pendant le combat) et près de 2.000 personnes libérées. Comment montrer l'affaiblissement de la secte, sinon, en ré-ouvrant la frontière entre le Nigeria, le Cameroun et le Tchad, qui était fermée depuis plus de deux ans, pour limiter les infiltrations des combattants de la secte.

Non ! Shekau peut enregistrer dix vidéos avant le 31 décembre 2016, s'il le souhaite. Mais si c'est pour contredire Buhari (notre photo où il se montre triomphant avec quelques généraux), il perd son temps. Car sa secte devient, réellement, une secte. Elle n'est plus l'armée conventionnelle qu'il avait réussi à bâtir, en 2013 et 2014. A un moment donné, Boko Haram envisageait même l'achat d'hélicoptères de combat pour protéger son « califat » qu'il ambitionnait d'installer aux confins du Nigeria, du Cameroun et du Tchad. Malheureusement, pour lui, au Cameroun, par exemple, même au fort moment de sa toute puissance, il n'a, jamais, conquis un cm² du territoire camerounais.

La nouvelle vidéo qu'il vient de communiquer et qui aurait été tournée le 25 décembre, jour de Noël, n'est, donc, qu'un outil de simple propagande. Il voudrait par cette technique, essayer de stopper l'hémorragie de ses troupes qui rallient, tous les jours que Dieu fait, les armées du Niger, du Tchad, du Cameroun et du Nigeria. Au rythme des ralliements actuels, il ne lui restera plus de combattants, avant fin janvier prochain. Voilà pourquoi il est sorti du bois. Mais, c'est trop tard, la forêt de Sambisa qui est comme deux fois la ville de Libreville ou comme la moitié de la ville de Douala, compte, certainement, encore des djihadistes de Boko Haram peut-être parmi lesquels Shekau lui-même. Mais plus pour longtemps car les ratissages de la Force multilatérale ont lieu à l'heure actuelle, avec pour objectif de prendre Shekau mort ou vif. Dans tous les cas, encerclé comme il l'est, actuellement, il a peu de chance de s'en sortir vivant ou de fuir dans un autre pays pour rejoindre d'autres mouvements djihadistes.

Ajouter un commentaire

4 + 7 =
By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Les plus populaires