BURUNDI : L'ex-guérillero et John Magufuli soutiennent-ils la dictature de Pierre Nkurunziza ?

Au moment où le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, essaie de maintenir une paix par les armes, après avoir brigué grâce à la fraude un troisième mandat à la tête de l'Etat auquel il n'avait pas droit, les présidents tanzanien, John Magufuli, et ougandais, Yoweri Museveni, ont, vivement, critiqué la décision des juges de la Cour pénale internationale (CPI) autorisant l'ouverture d'une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés au Burundi. De qui se moquent-ils en faisant semblant de jouer les facilitateurs entre les deux camps ennemis alors qu'en réalité, ils soutiennent la dictature de Nkurunziza comme le montre leur soutien ?

"Le président Magufuli (sur notre photo avec Pierre Nkurunziza) a déclaré que cette décision compromet les efforts déployés par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui a mis en place un comité chargé d’aider à la résolution du conflit burundais, sous la direction du président, Yoweri Museveni, et de l’ancien président tanzanien, Benjamin Mkapa", indique samedi un communiqué de la présidence tanzanienne, au terme d’une rencontre dans l’Ouest de l’Ouganda entre les deux chefs d'Etat.

L'ex-guérillero ( Yoweri Museveni), désigné par ses pairs comme facilitateur des difficiles négociations entre les parties burundaises, est, actuellement, président en exercice de l’EAC, regroupant la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud.

Selon le président tanzanien, "la situation au Burundi n’est pas aussi mauvaise qu’elle a été décrite (par la CPI) car des nombreux réfugiés burundais en Tanzanie sont déjà rentrés chez eux tandis que d’autres continuent de rentrer".

Toujours selon ce texte, l'ex-guérillero a, également, condamné "la décision de la CPI qui se mêle des affaires de la Communauté d’Afrique de l’Est sans associer ses dirigeants, ce qui compromet les efforts visant à restaurer la paix au Burundi".

Dans une décision rendue le 25 octobre, la CPI "a autorisé le procureur (...) à ouvrir une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l'extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu'au 26 octobre 2017". L'autorisation concerne "notamment : le meurtre et la tentative de meurtre, l'emprisonnement ou la privation grave de liberté, la torture, le viol, la disparition forcée et la persécution".

Ce pays de la région des Grands Lacs est plongé dans une grave crise depuis que le président, Pierre Nkurunziza, a annoncé en 2015 sa candidature à un troisième mandat, obtenu après une élection boycottée par l'opposition.

Les violences qui ont accompagné cette crise auraient engendré, au moins 1.200 morts, la détention illégale de milliers de personnes et la torture de milliers d'autres, des centaines de disparitions, ainsi que, le déplacement de plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour basée à La Haye. Des estimations qui sont proches de la réalité, Nkurunziza, « le pasteur », étant devenu le bourreau de son propre peuple qu'il dit aimer. Quel malheur !

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