BURUNDI : Un 3e mandat qui conduit le pays vers la guerre civile

L'ONU étudie la possibilité d'envoyer des Casques bleus, au Burundi, depuis la République démocratique du Congo (RDC) voisine, si les violences s'amplifient et deviennent incontrôlables. Ce n'est qu'une question de jours.

"Une option est de faire venir des soldats de la Monusco (la Mission de l'ONU en RDC) par la frontière avec le Burundi", a expliqué un diplomate du Conseil de sécurité qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.
Les 20.000 soldats de la Monusco, en RDC, sont soutenus par une force de réaction rapide constituée de soldats d'élite d'Afrique du Sud, du Malawi, et de Tanzanie, qui pourraient, aussi, être déployés au Burundi, a ajouté ce diplomate.

Dans un projet de résolution présenté, lundi, 9 novembre, au Conseil de sécurité, la France a exhorté la communauté internationale à mettre fin aux violences, qui s'intensifient, au Burundi, et réveillent le spectre d'un génocide, comme au Rwanda voisin, en 1994.

La fameuse communauté internationale (sans visage) se rend, maintenant, compte qu'il ne fallait pas laisser Pierre Nkurunziza se présenter à la présidentielle : prévenir valait mieux que chercher à guérir aujourd'hui.

Le texte, qui menace de sanctions les auteurs de ces troubles, pourrait être soumis au vote dès cette semaine.
Le projet de résolution demande, notamment, au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, de présenter des mesures d'ici 15 jours visant au renforcement de la présence de l'ONU au Burundi.

Le déploiement de Casques bleus au Burundi nécessiterait, toutefois, l'approbation des autorités burundaises ou une décision du Conseil de sécurité dans le cadre du chapitre 7, qui permet à l'ONU d'utiliser la force. On compte beaucoup plus sur la décision du Conseil de sécurité, Bujumbura faisant de l'obstruction pure et simple devant les efforts fournis.

L'ambassadeur du Royaume-uni à l'ONU, Matthew Rycroft, dont le pays préside le Conseil de sécurité, en novembre, a affirmé, mercredi, 11 novembre, que les négociations sur la résolution progressaient "très rapidement" et qu'un vote pourrait avoir lieu dans les prochains jours.

Mais il reste à savoir si la Russie -qui a un droit de veto- soutiendra ces sanctions, puisqu'elle considère ces violences comme des problèmes internes au Burundi.

Pendant ce temps, le président du CNDD/FDD et président de l'Assemblée nationale, Pascal Nyabenda (un va-t-en guerre du régime), a préféré accuser la Belgique d'armer les opposants en vue d'un coup d'état au Burundi. Une véritable fuite en avant, qui cache l'échec patent d'un pouvoir sourd et aveugle qui, après avoir arraché (de force) un 3e mandat soi-disant pour consolider la paix, entraîne, inexorablement, le pays vers une (inquiétante) guerre civile.

Tout le monde s'émeut de cette fâcheuse situation, notamment, au sein du Conseil de sécurité, mais pas à Bujumbura, où Nkurunziza, l'ancien maquisard, devenu pasteur pour servir un Dieu que lui seul connaît, a décidé de porter de grosses lunettes noires pour ne rien voir. Il n'entend ni les balles siffler, et ne voit pas le sang des Burundais couler.

Même son voisin, Paul Kagame, le président du Rwanda, n'hésite plus à interpeller la communauté internationale sur « les massacres » (c'est son terme) qu'il y a au Burundi. C'est dire que, bientôt, il sera trop tard.

La communauté internationale craint des violences à grande échelle, certains durs du pouvoir ayant, récemment, multiplié les propos incendiaires aux connotations ethniques, dans un pays à l'histoire post-coloniale jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi.

Depuis avril, date qui marque la décision de Pierre Nkurunziza de s'octroyer un 3e mandat que lui refusait même une bonne moitié de son propre parti (CNDD/FDD) car inconstitutionnel et anti-Accords d'Arusha, le Burundi a déjà enregistré, au bas mot, 300 morts liés à cette décision et plus de 300.000 déplacés dont la majorité va simplement élire domicile dans le Rwanda de Paul Kagame.

Ainsi va la vie dans le très démocratique Burundi du petit dictateur, Pierre Nkurunziza.

Commentaires

Visiteur (non vérifié)
Je crois que cette même guerre civile redoutée au burundi, va à bientôt se déclencher aussi au Congo Brazzaville. Et les Français residants dans ce pays en payeront le pris forts à cause du soutien de leur de President HOLANDE. Les interets de TOTAL ne seront pas épargnés. La france doit choisir entre le peuple et le dictateur. La france doit donc modifier les choses avant qu'il ne soit trop tard. Ceci est d'une source tres sur et ne doit pas etre nbegliger.
BONGUISSA (non vérifié)
Cela devient lassant d'entendre que la France et/ ou la communauté internationale doivent intervenir au CONGO C'est au Congolais d'agir .Arrêtez de geindre !!!!! agissez .Vive le BURKINA

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