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CENTRAFRIQUE : Le président Touadera interdit d'équiper son armée pour affronter les miliciens

Le Centrafrique s'est vu ôter son droit de pouvoir équiper son armée au nom d'un embargo voté aux Nations-Unies dans l'espoir d'accélérer la pacification du pays. Jeudi, 14 juin, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis se sont opposés aux Nations-Unies à une demande d'importation d'armes chinoises du Centrafrique, soumise, depuis 2013, à un embargo sur les armes. Les Russes ont, récemment, profité d'une telle autorisation pour déverser des tonnes d'armes en Centrafrique avant de s'y installer, au grand mécontentement des Français et des Américains. Actuellement, la garde rapprochée du président, Faustin-Archange Touadera, est assurée par des éléments russes envoyés par Vladimir Poutine (notre photo montrant la rencontre entre les deux hommes l'année dernière). De quoi énerver Donald Trump pour qui l'Afrique est le cadet de ses soucis, mais qui ose s'énerver quand Touadera prend des initiatives. Emmanuel Macron aussi dont le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a eu des mots très durs sur la présence russe en Centrafrique lors de sa récente tournée africaine. L'émancipation du président centrafricain est réelle, visible, et porte un nom : changement des alliances ou rééquilibrage des accords.

La ministre centrafricaine de la Défense, Marie-Noëlle Koyara, avait déposé, le 5 juin, auprès du comité des sanctions de l'ONU une demande d'exemption à cet embargo pour autoriser l'importation de matériel chinois : véhicules blindés, mitrailleuses, grenades lacrymogènes et autres équipements et munitions pour sa police et son armée.

La France et les Etats-Unis ont, notamment, fait remarquer qu'il n'y avait pas de menace d'attaque aérienne contre le Centrafrique pouvant justifier l'acquisition d'armes anti-aériennes. Le Royaume-Uni s'est, pour sa part, inquiété du transit, par le Cameroun, des cargaisons d'armes concernées, sans escorte jusqu'à la frontière centrafricaine.

En 2017, une exemption avait été accordée au Centrafrique par le comité des sanctions pour l'importation d'armes en provenance de Russie.

L'équipement dont la Chine voulait faire don à Bangui incluait, notamment, 12 véhicules blindés légers, quatre véhicules d'assaut, 50 pistolets, six fusils de précision, une quarantaine de mitrailleuses de divers calibres, 300 roquettes, 500 grenades anti-chars, 15 grenades lacrymogènes et 750.000 munitions de divers types. Bref, peu de choses !

La demande d'exemption de Bangui était soutenue par la mission d'entraînement en Centrafrique de l'Union européenne et par la Minusca, la mission de l'ONU en Centrafrique, qui subit, régulièrement, des attaques de groupes armés, et qui a perdu cinq soldats depuis le début de l'année.

La demande du gouvernement centrafricain est compréhensible : au moment d'arriver au pouvoir, seulement deux départements sur seize étaient sous le contrôle partiel des milices armées. Deux ans après, ce sont quatorze départements ainsi qu'une partie de la ville de la capitale Bangui qui sont sous la coupe directe des miliciens et autres rebelles armés. Un bilan très critiqué qui fait que Touadera est obligé de montrer qu'il fait tout pour que la situation s'améliore. La question est de savoir s'il peut franchir la ligne jaune ? Visiblement Non puisque la faille laissée aux Russes leur a permis de s'installer définitivement dans le pays, au grand mécontentement des Français, Américains et Britanniques. Comme si le Centrafrique est appelé à rester, éternellement, la chasse gardée des Occidentaux.

Commentaires

Visiteur (non vérifié)
Un arnaqueur et il y a tant pour abuser de la crédulité des gens ignorants !

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