CENTRAFRIQUE : Mercredi, 30 décembre, date de la mère des batailles (la présidentielle)

Autre particularité de cette élection qui doit ramener le pays dans la normalité institutionnelle, aucun des trois derniers présidents n'est candidat.
Ni François Bozizé, renversé, en 2013, par Michel Djotodia, ni ce dernier, chassé du pouvoir, début 2014, par une intervention militaire internationale conduite par la France, ne se présentent. L'un et l'autre sont en exil et sous le coup de sanctions internationales. Quant à l'actuelle présidente de transition, Catherine Samba Panza, elle ne pouvait pas, juridiquement, être candidate.

Les favoris :

Martin Ziguélé, 58 ans, "L'homme à poigne":

Inspecteur principal des impôts, spécialisé dans les assurances, il manie le français, l'espagnol et l'anglais. Après un bref passage à la tête de la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), il est nommé premier ministre, en 2001, par Ange-Félix Patassé.

Considéré comme un homme à poigne, il lance en tant que premier ministre une opération « mains propres » visant les douaniers véreux et provoque le limogeage de François Bozizé du poste de chef d'état-major de l'armée en 2001. Bozizé faisait de l'affairisme pur et simple dans l'armée. Il a décrédibilisé l'armée.

Principal opposant au régime Bozizé, il se présente, pour la troisième fois, à une présidentielle. Il est le président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), au nom duquel il est candidat à la présidentielle et aux législatives à Bocaranga (Nord).

Pendant la période des vaches maigres (quand Bozizé était au pouvoir), il a mis en avant ses talents de consultant international en assurances, pour gagner sa vie et aider au fonctionnement de son parti, le MLPC. C'était dur mais il a résisté.

Martin Ziguélé a une bonne image à l'international comme RMC Kaboré qui prête serment, aujourd'hui, à Ouagadougou, pour diriger le Burkina Faso. Avec lui, les Centrafricains n'auront qu'à avancer au regard de son énorme réseau d'amitié et de solidarité, qui s'est d'ailleurs matérialisé au travers de l'organisation de sa campagne. La communauté internationale n'aura en Ziguélé qu'un bon interlocuteur avec qui reconstruire efficacement le pays. Et rapidement.

- Anicet Georges Dologuélé, 58 ans.
Economiste de formation, il a servi à la Banque des Etats de l'Afrique centrale (BEAC), à Yaoundé,
au Cameroun. Il est nommé, ensuite, premier ministre par Ange-Félix Patassé (1998-2001).

Il est, ensuite, désigné PDG de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC) entre 2001 et 2010. Alors, là, patatras. Il est débarqué, lors d'un Sommet de la CEMAC, à Bangui même, en janvier 2010, pour « mauvaise gestion ». Les chefs d'Etat n'en voulaient plus. On lui trouve un successeur immédiat en la personne d'un Gabonais. Pour tomber sur ses deux pieds, il s'est lancé dans la politique, et brigue, aujourd'hui, la présidence de la République, avec comme principal soutien, un autre pilleur de fonds publics, François Bozizé, qui en dix ans de gouvernance, a été incapable de doter ne serait-ce que d'une armée digne de ce nom, la RCA, lui le général 4 étoiles. Déplorable !

Fondateur de l'Union pour le renouveau centrafricain (URCA), parti au nom duquel il se présente à la présidentielle et aux législatives dans la région de Bocaranga (Nord), dont il est originaire, Anicet Georges Dologuélé est candidat, pour la première fois, à des élections.

- Abdoul Karim Méckassoua, 62 ans, "La bonne réputation" :
Ergonome consultant de profession, il a été, plusieurs fois, ministre de François Bozizé dont il se présente comme proche. Il jouit d'une bonne réputation dans les milieux intellectuels, qui mettent, en avant, sa compétence, sa rigueur et son efficacité. Il jouit, aussi, d'une bonne réputation au sein de la communauté musulmane dont il est issu et a beaucoup d'affinités dans les milieux chrétiens.

Ancien député, il se présente, pour la première fois, à la présidentielle, sous l'étiquette "indépendant" et, également, aux législatives dans le 3è arrondissement de Bangui où se trouve l'enclave musulmane du PK-5.

- Les 'fils de' :

- Jean-Serge Bokassa, 43 ans :
Fils de l'ex-empereur Bokassa qui a dirigé la Centrafrique de 1966 à 1979, ancien ministre et ancien député, il se définit comme théologien. Il se présente pour la première fois comme candidat indépendant à la présidentielle.

- Eugène Sylvain Ngakoutou Patassé, 46 ans :
Fils d'Ange-Félix Patassé, (président centrafricain de 1993 à 2003 avant d'être renversé par François Bozizé), il est opérateur économique dans le secteur du diamant. Sans expérience politique, il se lance dans la course présidentielle, pour la première fois, comme candidat indépendant.
- Désiré Nzanga Bilal Kolingba, 59 ans :

Economiste, fils aîné d'André Kolingba (président de 1981 à 1993), il travaille à la représentation de la Banque mondiale à Bangui avant d'être plusieurs fois ministre de François Bozizé.
Ancien député de la Basse-Kotto, il perd de justesse, face à Catherine Samba Panza, en janvier 2014, pour prendre le poste de chef de l'Etat de transition, en remplacement de Michel Djotodia.
Converti à l'Islam, il se présente, pour la première fois, à l'élection présidentielle au nom du Rassemblement démocratique centrafricain (RDC), fondé par son père et dont il est l'actuel président.

Avec AFP

Ajouter un commentaire

Les plus populaires