CHINE : Le dictateur Xi Jinping choisit la présidence à vie à la très grande joie de ses amis dictateurs africains

A force de croiser les chefs d'Etat africains, dictateurs pour la très grande majorité d'entre eux, qui souhaitent, généralement, mourir au pouvoir, le numéro un chinois, Xi Jinping, a fini par faire comme eux : rester, demeurer au pouvoir aussi longtemps que possible et y mourir même. On pensait que la Chine, qui avait opté pour l'alternance politique avec deux mandats uniques par dirigeant, quelles que soient ses prouesses au pouvoir, donnait le bon exemple aux dictateurs africains qui, eux, s'accrochent à la tête de l'Etat pour y mourir. Le principe de deux mandats adopté, aussi, par la Russie, faisait, plutôt, école dans le monde. Seuls traînaient les pieds, certains pays africains, surtout, francophones, à cause, très souvent, de la Françafrique. Mais, voilà que la Chine revient en arrière en balayant cet acquis de deux mandats hérités de l'ère Deng Tsiao Ping. C'est une grande déception. Ce dimanche, 11 mars, est un très mauvais jour pour la démocratie en Chine. C'est, aussi, une journée noire pour la démocratie en Afrique, actuel meilleur partenaire économique de la Chine.

Aux ordres du Parti communiste chinois, l’Assemblée nationale populaire (ANP) a, sans surprise, voté l’abolition de la limitation des mandats présidentiels, donnant les mains libres à Xi Jinping pour imposer sa vision, à long terme, d’une superpuissance, toujours, plus soumise au Parti communiste. A 64 ans, le président chinois le plus puissant depuis, au moins, un quart de siècle, pourra rester à la tête de l’Etat au-delà du terme prévu de 2023 (il est train d'être reçu en mars 2013 à Brazzaville quelques semaines seulement après son arrivée au pouvoir à Pékin. Il est reçu par Denis Sassou Nguesso, un autre adepte du pouvoir à vie à la tête du Congo depuis plus de 33 ans).

Par 2.958 voix pour, deux contre et trois abstentions, les députés de l’Assemblée nationale populaire (ANP), comme des moutons, ont, donc, plébiscité un changement de la Constitution, qui limitait les mandats présidentiels à deux fois cinq ans. La majorité des deux tiers était requise. L’amendement fait, aussi, entrer « La Pensée Xi Jinping » dans la Constitution, ainsi que, « Le rôle dirigeant » du Parti communiste chinois (PCC) dans son article premier.

Xi Jinping, héraut de la « grande renaissance de la nation chinoise », cherche à incarner face à l’Occident la revanche d’une superpuissance moderne et respectée à l’horizon 2050. Mais sans concession aux libertés individuelles.

Cela dit, Xi Jinping ne se sent pas, pour autant, en sécurité. S’ils n’ont pas osé contrecarrer le changement constitutionnel, certains députés pourraient laisser échapper leur mauvaise humeur d’ici à la fin de la session. Aucun député n’osera voter contre Xi Jinping lors de son élection à un deuxième mandat, qui aura lieu dans quelques jours. Mais, ils pourraient élire moins bien le candidat à la vice-présidence, qui devrait être Wang Qishan, le « tsar de la lutte contre la corruption » du premier mandat du président chinois. Bref, pour plusieurs raisons, et aussi à cause du pouvoir personnel, Xi Jinping ne se sent pas en sécurité parce qu’il s’est fait trop d’ennemis au cours des cinq dernières années.

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