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CONFLIT LIBYEN : Le maréchal Haftar homme de Moscou, Sarraj homme de l'Occident ?

La Russie "soutient" les efforts de l'homme fort de l'Est libyen, Khalifa Haftar (sur notre photo entouré par les officiers russes lors d'une visite en Russie en 2016), pour trouver un accord avec son rival, Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement (pro-occidental) d'entente nationale, a indiqué le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, en recevant, ce lundi, 14 août, le maréchal Haftar à Moscou : "Nous savons que vous participez, avec Sarraj, aux efforts qui visent à trouver des accords satisfaisants pour les deux parties", a déclaré Sergueï Lavrov, selon l'agence de presse RIA-Novosti. "Nous soutenons votre démarche en vue de la conclusion de ces accords", a-t-il affirmé.

Le haut responsable russe a réitéré son soutien aux efforts "visant à intensifier le processus politique pour parvenir à une solution politique et au rétablissement total de la souveraineté de votre pays", tout en notant que "malheureusement la situation en Libye reste compliquée, la menace terroriste n'a pas été vaincue."

De son côté, le maréchal libyen, chef d'une force autoproclamée, l'Armée nationale libyenne (ANL), s'est dit "assuré que la Russie restera notre amie proche et ne refusera pas de (nous) aider", selon l'agence de presse Interfax.

Il a, également, appelé Moscou à jouer un rôle dans les discussions entre Libyens, discussions que l'Union africaine, sous l'égide du président congolais, Sassou-Nguesso, s'attelle à organiser, depuis plusieurs mois, sans réel succès, par le biais de son chef de la diplomatie, Jean-Claude Gakosso : "Nous serions très heureux si la Russie pouvait aider en quoi que ce soit à ce sujet", a-t-il déclaré, demandant, directement, aux Russes de s'y impliquer, vraiment, pour une prise en main véritable de ces négociations, les chefs de tribu ayant un rôle important à jouer dans le processus de paix.

"Nous n'avons pas discuté du rôle concret de la Russie, mais nous sommes pour un rôle de la Russie dans ce processus, quel qu'il soit", a martelé le maréchal libyen. Il est donc clair que si Sarraj est considéré comme l'homme des Occidentaux, Hafter est bien sous la protection de Moscou.

Fin juillet, Khalifa Haftar et Fayez al-Sarraj se sont mis d'accord sur une déclaration en dix points dans lesquelles ils s'engagent, notamment, à un cessez-le-feu et à organiser des élections le plus rapidement possible, lors d'une rencontre en région parisienne sous l'égide du président français Emmanuel Macron. La diplomatie française avait invité, à cette réunion, le représentant des Nations-Unies en Libye, le Libanais, Ghassan Salamé, mais point de représentant de l'Union africaine, qui se trouve être le dictateur du Congo-Brazzaville, Sassou-Nguesso, qui utilise la douleur des Libyens à des fins de politique intérieure et extérieure congolaise. Etre facilitateur du conflit interlibyen est, pour lui, un tremplin qui lui permet d'apparaître comme le négociateur, le sauveur, le faiseur de paix, dans un pays dont il ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants, alors qu'au Congo-Brazzaville, même, son armée tue et viole dans le département du Pool, depuis plus d'un an. Résultat : plus de 100.000 réfugiés qui ont dû fuir les combats et n'ont pas participé aux élections législatives qui venaient d'y être organisées. Emmanuel Macron n'a pas voulu de cette comédie de Sassou (qu'affectionnait Hollande) et l'a éloigné des négociations interlibyennes de Versailles, ce que Haftar et Sarraj avaient très bien compris.

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