COOPERATION : Le Sommet Israël-Afrique reporté à une date ultérieure

« Le Sommet n'aura plus lieu », a indiqué, à www.afriqueeducation.com, de façon laconique, un dignitaire de la diplomatie togolaise, lundi, 11 septembre, matin. Pour une mauvaise nouvelle, c'en est une car en août dernier, le président du Togo, Faure Gnassingbé, rencontrait son ami, le premier ministre, Benyamin Netanyahu, à Tel Aviv, pour faire le dernier point, dans un optimisme total.

Des deux côtés, les préparatifs allaient bon train et les commentaires allaient, plutôt, dans le degré du succès attendu pendant cet événement, le premier du genre en Afrique avec Israël.

En absence d'un communiqué officiel (de fond) venant des organisateurs pour expliquer les tenants et les aboutissants de ce report, chacun y va de son petit latin. Cela dit, contrairement, à ce qui serait avancé ici et là, les raisons du report ne sont pas à voir avec la situation politique qui prévaut, actuellement, dans le pays où l'opposition radicale manifeste, chaque semaine, pour exiger des réformes constitutionnelles (limitation des mandats à deux et organisation de la présidentielle à deux tours, notamment). Lomé, en novembre prochain, accueillera la Conférence ministérielle de la francophonie, qui est un événement, doublement, plus grandiose en terme d'accueil de participants que ne le serait, le Sommet Israël-Afrique. Si le problème était d'ordre sécuritaire, on reporterait, aussi, la Conférence de la francophonie. Pourtant, tel n'est pas, encore, le cas.

Outre l'inquiétude des Palestiniens, qui sont animés par une perpétuelle quête de création d'un Etat indépendant à côté de l'Etat d'Israël, Ramallah serait inquiet du changement de l'attitude des Etats africains vis-à-vis de l'Etat hébreu. A chaque pays sa diplomatie, n'est-ce-pas ? La réalité est, plutôt, ailleurs : l'hostilité affichée à l'endroit des organisateurs du Sommet Israël-Afrique, est d'ordre économique et politique.

Economique et politique parce que la présence d'Israël (comme celle de la Chine que personne n'avait vu venir à ce niveau d'agressivité économique) en Afrique, désavantage beaucoup de pays qui ont des visées économiques sur le continent, à l'instar du Maroc et de l'Afrique du Sud. La concurrence des entreprises israéliennes fait peur à Rabat et à Pretoria, surtout, si celle-ci est sous-tendue par un savoir-faire indéniable dans le domaine de la sécurité et du renseignement. Un domaine où les pays africains cherchent, activement, des solutions à bas prix et adaptées, depuis que le djihadisme (arabe) venu, justement, de certains protecteurs de la Palestine, fait des ravages sur le continent et retardent son développement.

Conclusion : il n'y a aucune raison que le Togo et Israël abandonnent leur Sommet. Ce serait (même) contre-productif pour l'attractivité du continent africain, qui montrerait son caractère de continent (vraiment) sous tutelle. Voyons, plutôt, ce report comme l'attitude d'un sportif qui recule pour mieux sauter.

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