COREE DU NORD/ETATS-UNIS : Donald Trump plus demandeur d'un 2e Sommet avec Pyongyang que Kim Jong-un

Donald Trump a déclaré, mardi, 1er janvier, qu'il avait hâte de tenir un nouveau sommet avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, qui s'était dit, la veille, prêt à rencontrer, une nouvelle fois, le président américain à tout moment. Affaibli sur la scène politique américaine où il doit, désormais, composer son pouvoir avec le parti démocrate, qui a pris le contrôle de la Chambre des représentants, Donald Trump, qui multiplie des frasques sur le plan militaire (retrait unilatéral annoncé de ses soldats en Syrie), sur le plan économique (augmentation unilatérale et non concertée des taxes sur des produits chinois et européens entrant sur le marché américain), sur le plan judiciaire (relance des enquêtes sur l'implication de Moscou dans la présidentielle américaine de 2016), il veut renouer, de manière convaincante, avec Kim Jong-un pour se refaire une crédibilité à l'international et même sur le plan de la politique intérieure. Pour Trump, la future rencontre avec le « leader bien aimé » est davantage utile pour lui que pour le non-manipulable chef d'Etat nord-coréen. Le président américain fera toutes les concessions qu'il faudra pour aboutir à ce deuxième Sommet, sachant qu'un tel événement constitue, dans le cadre de sa réélection en 2020, une affaire de vie ou de mort.

"J'ai moi aussi hâte de rencontrer le président Kim qui réalise très bien que la Corée du Nord possède un formidable potentiel économique !", a écrit M. Trump dans un bref tweet.

Depuis le sommet historique que les deux hommes ont eu en juin dernier, à Singapour (notre photo), Donald Trump a insisté auprès de Kim Jong-un sur les possibilités de développement économique qu'aurait la Corée du Nord si elle se dénucléarisait et se libérait ainsi des sanctions internationales, qui pèsent sur elle. Mais le « leader bien aimé » a, déjà, répondu à cette question : pas question de faire les choses de manière unilatérale. Et le numéro un nord-coréen, pour appuyer ses craintes, de donner l'exemple de la Libye où l'OTAN n'avait pas hésité à assassiner le colonel Kadhafi après qu'il eut accepté de démentèler tout son potentiel nucléaire à la demande des Occidentaux. Le « leader bien aimé » voudrait faire comprendre à son nouvel ami Trump que les Occidentaux ne sont pas des hommes de parole. Ils ne respectent (jamais) leurs engagements. Sinon, Kadhafi serait encore en vie. C'est pourquoi la destruction de l'industrie nucléaire militaire nord-coréenne ne sera jamais une condition sine qua non à l'industrialisation par les Occidentaux de son pays.

M. Trump, dit, néanmoins, qu'il espère avoir un nouveau sommet avec M. Kim au début de 2019. Il a souligné son intérêt pour une telle rencontre au lendemain des déclarations faites par M. Kim dans son discours de Nouvel An, selon lesquelles la Corée du Nord s'est engagée à ne plus produire ou tester d'armes nucléaires.

Le leader nord-coréen a déclaré qu'il était disposé à rencontrer M. Trump à tout moment afin de "produire des résultats qui seront salués par la communauté internationale".

Mais M. Kim a aussi averti dans son discours que Pyongyang pourrait changer d'attitude si Washington maintenait, malgré le rapprochement diplomatique opéré depuis juin, ses sanctions économiques contre la Corée du Nord.

Le sommet de Singapour s'était conclu sur une déclaration en faveur de la dénucléarisation de la péninsule, rédigée en termes peu précis. Mais peu de progrès ont été enregistrés depuis et les deux capitales ne sont pas d'accord sur la signification précise du texte.

Washington exige une dénucléarisation "totalement vérifiée" du Nord avant toute levée des sanctions, alors que Pyongyang accuse les Etats-Unis d'exiger son désarmement unilatéral sans faire de concessions.

Depuis, on n'en est là.

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