COTE D'IVOIRE : 3e Congrès ordinaire du RDR, Congrès de l'implosion (future) du parti ?

Pour rendre la fête belle, Alassane Ouattara a invité les partis au pouvoir de plusieurs pays amis (PDG au Gabon, RDPC au Cameroun, PCT au Congo-Brazzaville, UNIR au Togo, RPG en Guinée, etc.). Bref, c'est la grande fête sur les bords de la Lagune Ebrié, ces 9 et 10 septembre. Les pompoms girls du parti présidentiel, de leur côté, savent faire joindre l'utile à l'agréable. Aux (illustres) invités venus de loin. Côté financement du Congrès : Alassane Ouattara (sur notre photo), là aussi, a fait les choses en grand banquier qu'il est. 900 millions de F CFA (1,4 million d'euros environ) mobilisés pour permettre à la fête d'être à la hauteur de l'événement. Pour financer cette rondelette somme, le président de la République (par crainte de la polémique ?) n'a pas puisé dans ses (immenses) fonds de souveraineté qu'il garde bien secrets, chez son frère de ministre des Affaires présidentielles, il a demandé que chaque militant, grand ou petit, passe à la caisse. Guillaume Soro, le grand absent du Congrès, par exemple, a dû débourser 2 millions de F CFA (3.000 euros). Pas volontairement. A la demande de la direction du parti. C'est-à-dire, d'Alassane Ouattara himself. N'est-il membre du bureau politique haut dignitaire du parti présidentiel ? Pourtant, c'est de loin, très loin d'Abidjan, qu'il suit les travaux du Congrès.

"En ma qualité de militant et d’élu de cette formation (...) bien qu’ayant été président du Conseil politique de la campagne du président en 2015, député, élu sous la bannière du RDR, président de l’Assemblée nationale sur proposition du RDR, et enfin, membre du Haut conseil politique du RDR, je n’ai à aucun moment été associé aux travaux préparatoires du congrès", écrit-il dans un communiqué rendu public la veille du Congrès comme pour expliquer son absence des travaux.

Soro se plaint. A juste titre ? Chargé de la préparation du Congrès, le très controversé, Adama Bictogo, qui en avait fait sa chose pendant toute la phase de préparation, l'avait, carrément, ignoré. Soro a pris acte, ce qui lui a permis de savoir qui est qui et comment avec lui.

Officiellement, l'ancien premier ministre et actuel président de l'Assemblée nationale n'a pas, encore, déclaré ses intentions, mais, ses relations avec le clan présidentiel alimentent tous les fantasmes et rumeurs depuis des mois. Certains partisans du président l'accusent de vouloir déstabiliser le gouvernement et de comploter contre des rivaux potentiels, voyant même sa main derrière les mutineries qui ont ébranlé la Côte d'Ivoire depuis le début de l'année. D'autres voient la main de Gbagbo dans ces mutineries, ce qui veut dire que le pouvoir, dans ce domaine, nage dans la confusion. Hamed Bakayoko qui vient de se voir confier le ministère de la Défense, montre qu'il ne fera pas de miracle. Il pourra se servir de cette fonction pour préparer sa candidature à la présidence en 2020, mais il n'est surtout pas là pour stabiliser les casernes.

« Bédié, Soro, Gon Coulibaly, Bakayoko, tous candidats en 2020 » (à l'élection présidentielle », titre le numéro 456 de septembre d'Afrique Education, actuellement, chez les marchands de journaux, à Abidjan, et ailleurs. Le pouvoir, dans son ensemble, est en émoi (véritable) à l'idée que Laurent Gbagbo, le célèbre prisonnier de la CPI (Cour pénale internationale) puisse bénéficier, dans les prochaines semaines, d'une liberté sous certaines conditions. Le RHDP étant en train de voler en éclats, le RDR lui-même étant en train d'imploser (on voit l'absence de Soro qui n'est pas n'importe qui au sein de cette famille politique), la Côte d'Ivoire de demain et d'après-demain, réserve des surprises et pas n'importe lesquelles : à la tête de son pouvoir.

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