COTE D'IVOIRE : A la présidence du RDR, ce sera Henriette Diabaté et non Alassane Ouattara qui esquive la crise à venir

A défaut de (re)devenir président du RDR, Alassane Ouattara a été désigné président d'honneur du RDR. Au terme d'un discours fleuve de près de deux heures, pour la journée de clôture du congrès, il a proposé l'historienne,Henriette Dagri Diabaté (notre photo), souvent, surnommée "Tatie", une des figures du mouvement. Elle a été, ensuite, désignée présidente du RDR sous les acclamations.

Très bon choix, pensons-nous à Afrique Education. Car si les hauts cadres dirigeants du RDR avaient la même capacité de maîtrise de soi et des événements de la vie quotidienne, il n'y aurait, strictement, aucun conflit de personne dans ce parti créé par feu Djény Kobena. Malheureusement, avec des casses-tête (ou casses-pied) comme Soro, Bakayoko, Gon Coulibaly, Bictogo, Bakongo et quelques autres, Alassane Ouattara, du haut de ses 75 ans, ne peut s'empêcher d'avoir, tout le temps, les maux de tête, à cause de leur comportement parfois irresponsable. Autant déléguer tout en contrôlant ce qui peut l'être de loin.

La nouvelle constitution que Ouattara a fait adopter, fin 2016, lui permettait, pourtant, de reprendre la présidence du RDR, un cumul jusque-là impossible avec la présidence de la République. Mais, la gestion des ego au sein du RDR s'annonce suicidaire. Habitué à agir de façon masquée, ni vu ni connu (c'est sa spécialité), Ouattara a préféré envoyer le professeur Diabaté au feu, sachant qu'il tirera les ficelles quand cela s'avérera nécessaire. C'est du Ouattara tout crû, tel qu'on le connaît à Afrique Education !

Si Henriette Diabaté est une "ancienne", la nouvelle direction a été rajeunie et féminisée avec la nomination au poste de secrétaire général de la ministre de l'Education, Kandia Camara, qui a pleuré d'émotion sur le podium. C'est la vraie « woman » du RDR qui, par son extrême activisme, fera équipe avec la très discrète, très réservée et très réfléchie, Henriette Dagri Diabaté.

Il appartiendra à ces deux femmes de gérer le très délicat cas Guillaume Soro qui a découvert que le président de la République ne le portait pas dans son cœur, pour lui succéder, alors que c'est sa rébellion qui fut déterminante dans son accession au pouvoir. Soro ayant gardé sa capacité de nuisance intacte, presque, Ouattara ne veut pas l'affronter, directement, en tant que président du RDR, mais, par l'intermédiaire des deux femmes de la direction aux tempéraments différents.

En prévision des événements qui se déroulent, aujourd'hui, les partisans de Guillaume Soro avaient créé, en août, un nouveau mouvement politique, l'Amicale des Forces Nouvelles (AFN), niant, toutefois, en faire un parti portant le nom de l'ex-rébellion (les Forces nouvelles) en vue de la présidentielle. Mais, même les enfants de rues d'Abidjan ne doutent, nullement, de l'utilité finale de ce mouvement à l'heure où Soro est ostracisé dans son propre parti, le RDR.

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