COTE D'IVOIRE : De sa prison, Soul To Soul accuse Ouattara de vouloir sacrifier Soro

C'est "Alassane Ouattara (...) qui m’expédie en prison. Aujourd’hui, à cause de mon patron Guillaume Soro, je suis en prison. Ce n’est pas moi qu’on vise!", affirme Souleymane Kamaraté Koné, dit "Soul to Soul" dans sa lettre écrite depuis sa cellule et publiée sur le site de Guillaumesoro.ci et sur les comptes des réseaux sociaux de M. Soro, ancien chef de la rébellion du Nord de Côte d'Ivoire des années 2000.

Soul to Soul a été écroué, lundi, 9 octobre, après son audition par le procureur et accusé de "complot contre l'autorité de l'Etat" dans l'affaire de la cache d'armes découverte, en mai lors des mutineries qui ont ébranlé le pays, dans une villa lui appartenant à Bouaké (centre,) deuxième ville de Côte d'Ivoire.

Comme l'expliquaient ses proches sous couvert de l'anonymat, Soul to Soul assure, cette fois, ouvertement, que les armes ont été stockées chez lui lors de la rébellion dans le but de lutter contre le camp de l'ancien président Laurent Gbagbo.

"J'aurais dû dire +non+. Et refuser de céder ma maison pour que les militaires s’en serve comme base logistique pour leurs opérations, quand tous, nous étions reclus au Golf". En 2010, lors du conflit sur les résultats des élections opposant M. Ouattara à M. Gbagbo, M. Ouattara et ses proches étaient retranchés à l'hôtel du Golf d'Abidjan.

"Et moi je suis en prison à cause de ces armes qui ont mis Alassane Ouattara au pouvoir. Si telle est la volonté de Dieu, alors je m'incline", écrit-il.

Pour de nombreux observateurs, les mutineries et l'action judiciaire contre M. Koné s'inscrivent dans la lutte pour la succession, en 2020, du président Ouattara dont M. Soro est, officiellement, l'allié.

Les deux hommes ne s'étaient jamais affrontés, ouvertement, affichant au contraire, régulièrement, leur confiance mutuelle (notre photo montre Ouattara la main sur l'épaule de Soro). L'arrestation de M. Koné et sa lettre vont sans nul doute créer des tensions entre les deux hommes et dans le pays.

Le clan présidentiel a réaffirmé, à plusieurs reprises, "le principe de l'indépendance de la justice", niant toute intervention dans l'enquête sur la cache d'armes.
Soro, à qui certains prêtent des ambitions présidentielles, s'était gardé d'intervenir dans les crises, mais, de nombreux proches du président Ouattara assurent, en privé, qu'il joue sa "carte personnelle".

Avec AFP

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