COTE D'IVOIRE : Le Quotidien « Le Temps » victime d'une mesure arbitraire ?

Est-il vrai que Le Temps était dans le collimateur du Conseil national de la presse (CNP) ? Toujours est-il que cet organe qui régule la presse ivoirienne a suspendu, pour trois parutions, le journal "Le Temps", au moment où le débat fait rage, à quelques jours de la fin de la campagne présidentielle où le président sortant fait (largement) figure de favori.

Réputé proche de Laurent Gbagbo, Le Temps est accusé d'avoir publié un appel au "boycott" de la présidentielle du dimanche, 25 octobre. On se demande où est le délit dans cette sanction qui est un véritable non-sens ? Car ce n'est qu'un point de vue que d'appeler la population à s'abstenir tout comme à voter pour ou contre un candidat. C'est la démocratie tout juste. Mais la Côte d'Ivoire comme dirait l'autre, c'est la Côte d'Ivoire.

Résultat : 'Le Temps' disparaît des kiosques à journaux pendant trois jours".

Alassane Ouattara, président sortant, a-t-il besoin de ce genre de coup de main ? On ne le pense pas car il a tout pour pour gagner son élection.

Le CNP reproche au journal d'avoir publié, le mercredi, 21 octobre, en quatrième de couverture, une affiche de l'ancien président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, sur laquelle on pouvait lire notamment : "L'heure est arrivée / Osons dire non aux élections truquées".

Candidat retenu, Mamadou Koulibaly s'est retiré de la course à la présidentielle, quelques jours avant le démarrage de la campagne électorale, qui s'achève vendredi, 23 octobre, après avoir pris soin d'empocher les 100 millions de F CFA (200.000 dollars) gracieusement distribués à chaque candidat. Il explique être dans son droit car l'Etat lui doit beaucoup d'argent.

Selon le CNP, "Cette affiche électorale est en effet un appel au boycott de l'élection présidentielle du 25 octobre", et porte atteinte à "la cohésion sociale et à l'ordre public". Du n'importe quoi, a-t-on besoin de dire.

"Nous ne sommes pas surpris" par cette décision, rétorque le directeur du Temps, Yacouba Gbané, parce que nous "étions dans le viseur du CNP" depuis un certain moment.

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