COTE D'IVOIRE : Quand le Docteur Alassane Ouattara payait des mercenaires pour faire le coup d'état

En Côte d’Ivoire, pour devenir millionnaire ou milliardaire, il n’est plus nécessaire d’étudier ou de travailler dur; il suffit de tuer, de violer et de piller le bien d’autrui, tel est le message envoyé par Dramane Ouattara non seulement aux Ivoiriens mais au monde entier après la dernière mutinerie que le pays vient de connaître. En attendant que l’on évalue tous les dégâts de cette mutinerie, on peut admettre d’ores et déjà que la protestation des militaires non seulement écorne l’image d’un pays que certains analystes superficiels disaient aussi sécurisé que la Suisse mais ternit le blason de Ouattara que ses partisans ont toujours présenté comme un homme fort et ferme. Selon ses proches, le “bravetchê” était si atteint, si ébranlé, qu’il aurait envisagé de démissionner. A ceux qui en doutaient encore, le dénouement du dernier bras de fer entre le pouvoir fantoche et moribond d’Abidjan et ses mutins aura surtout révélé que Dramane Ouattara occupe le fauteuil présidentiel, non parce qu’il a été démocratiquement élu, mais parce que des tueries et massacres ont été perpétrés par des voyous et analphabètes qu’il avait recrutés au Burkina, au Mali, en Guinée, au Togo, et dans d’autres pays de l’Afrique occidentale. Dans une vidéo postée sur Facebook, en effet, deux mutins ne disent pas qu’eux et leurs camarades ont voté pour que Ouattara soit à la tête de la Côte d’Ivoire mais que ce sont leurs armes qui l’y ont installé et que, s’il ne leur donnait pas ce qu’il leur avait promis, ils ne tarderaient pas à le dégager. Certes, ces Pieds Nickelés y ont mis du leur, ont perdu amis et compagnons dans cette folle aventure; certes, IB (Ex-Sergent Ibrahim Coulibaly) et ses hommes du “Commando invisible” ont fait de nombreuses victimes parmi les policiers et gendarmes envoyés à Abobo mais on doit reconnaître que, en définitive, ce sont les soldats français appuyés par la force onusienne censée pourtant être neutre, et non les FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire), qui ont eu raison de nos forces de sécurité et de défense. Tous ceux qui étaient présents à la résidence du chef de l’Etat entre le 1er et le 11 avril 2011 (notre photo) peuvent témoigner que la France utilisa tous les moyens militaires dont elle disposait (avions de guerre, hélicoptères, missiles, rafales, etc.) contre Laurent Gbagbo qui non seulement n’avait pas déclaré la guerre à l’ancienne puissance colonisatrice mais demandait le recomptage des voix pour un règlement pacifique du contentieux électoral. Le président ivoirien aurait pu périr dans ce déluge de feu, car tel était le but recherché par ses adversaires (Sarkozy, Jean-Marc Simon, Ouattara, Bédié et Soro) mais il eut la vie sauve probablement parce que la mission que Dieu lui a confiée n’était pas encore achevée. Non, les rebelles de Ouattara n’étaient pas assez forts pour battre nos soldats. La Licorne les aida plutôt à pénétrer dans la résidence présidentielle où ils firent montre d’une barbarie inouïe envers les Henri Dacoury-Tabley, Christine Adjobi, Yanon Yapo, Jean-Jacques Béchio et d’autres. En d’autres termes, sans les Français, les FRCI auraient mordu la poussière devant nos valeureux soldats. Cela est d’autant plus vrai que les attaques de la rébellion contre la République, ses institutions et ceux qui les incarnaient n’ont pas débuté le 11 avril 2011. C’est en septembre 2002, précisément le 19, que tout commença. Ce jour-là, Kigbafori Soro et sa bande furent chassés d’Abidjan et poursuivis jusqu’à Bouaké par des soldats loyalistes peu équipés. La thèse selon laquelle les rebelles auraient pris la capitale économique si la Licorne ne s’était pas interposée ne tient donc pas la route. Début novembre 2004, la rébellion était presqu’anéantie quand Jacques Chirac la remit en selle en détruisant nos avions militaires. Sarkozy vola ensuite à son secours en 2011 pour remplacer Laurent Gbagbo par Ouattara. En principe, tout devait alors aller comme sur des roulettes mais chacun s’aperçut très vite qu’il y avait des problèmes entre Ouattara et son armée. D’où venaient-ils ? Du fait que les promesses faites (douze millions de F. CFA plus une villa à chaque soldat) n’avaient pas été tenues. Pourtant, on nous avait dit et répété en 2016 que l’Ivoirien nouveau est celui qui respecte la parole donnée, ne dérange pas la quiétude des populations, tourne le dos aux coups d’état, etc.

La République aurait-elle été épargnée par ces mutineries à répétition avec leur lot de désagréments, de traumatismes, de jours chômés, de morts et de blessés par balles ? Oui, si nous avions eu un président sorti des urnes et non imposé par les armes. Et c’est ici qu’émerge la première leçon de cette mutinerie: Les solutions apportées par la violence sont toujours des solutions provisoires. Mahatma Gandhi l’a bien résumé dans cette formule : “Je m’oppose à la violence parce que lorsqu’elle semble engendrer le bien, le bien qui en résulte n’est que transition, tandis que le mal produit est permanent.” Le moins que l’on puisse dire est que Ouattara et ses adeptes sont rattrapés par leur propre violence, celle qu’ils ont introduite dans le jeu politique ivoirien. De cette violence, ils ont usé et abusé contre Bédié, Gueï et Gbagbo pour arriver au pouvoir. C’était leur marque de fabrique. D’où vient-il alors que les Soumahoro, Bictogo, Hamed Bakayoko condamnent aujourd’hui tout recours à la violence pour revendiquer ses droits ? Eux qui ont été prompts à arrêter puis à incarcérer une pauvre vendeuse de marché, pourquoi ne font-ils rien contre le collaborateur de Soro chez qui on aurait découvert quantité d’armes ? Un tel “deux poids, deux mesures” est-il acceptable quand on prétend militer pour la démocratie et la justice ? Ou bien Ouattara a-t-il peur de Soro dont le discours sur le pardon et la réconciliation ne peut séduire que des individus prêts à tout pour manger ou obtenir un strapontin ?

La seconde leçon que l’on peut tirer de ces cinq jours de mutinerie, c’est celle-ci : en acceptant de verser 42 milliards de F CFA aux mutins après les avoir menacés de sanctions, Ouattara prouve qu’il ne comprend que le langage de la force. Les fonctionnaires, eux, sont méprisés et ignorés. Parce qu’ils n’ont pas la force avec eux, parce qu’ils ne traumatisent pas les Ivoiriens, parce qu’ils n’ont pas d’autre moyen de pression que le dialogue. Or n’est-il pas étrange que les houphouëtistes auto-proclamés qui prêchent le dialogue à tout bout de champ se montrent sourds à leurs légitimes revendications ? N’est-il pas absurde qu’on les laisse crever au moment où on ne recule devant rien pour faire plaisir à des mercenaires ? Et combien de temps durera cette arrogance ? Ouattara, qui ne respecte que ceux qui tirent en l’air, est-il assuré que les mêmes mutins ne reviendront pas à la charge quand ils auront fini de dépenser l’argent perçu ? En tout état de cause, les mutins auront montré qu’ils peuvent faire plier Ouattara et donc qu’ils sont à même de le déboulonner à tout moment. Qu’ils aient affirmé avoir contribué à sa prise du pouvoir par les armes confirme le fait que le président du RDR est un putshiste. Certains, croyant peut-être se venger de Laurent Gbagbo qui n’aurait pas écouté leur appel à exiger le désarmement de la rébellion avant l’élection d’octobre 2010, s’étaient empressés de dire que Dramane Ouattara avait gagné la présidentielle d’octobre 2010. Ils sont mêmes allés à son investiture. Aujourd’hui, ils ne se gênent guère pour affirmer que, sans les mutins, Ouattara n’aurait jamais été au pouvoir. Pourquoi ont-ils changé d’avis ? L’imminente libération de Laurent Gbagbo annoncée par certaines personnes qui se fondent sur le fait que la plupart des témoins à charge ont jusqu’ici blanchi le pensionnaire de Scheveningen ? Une libération que ne souhaiterait pas Roch-Christian Kaboré parce que, d’après lui, ses compatriotes vivant en Côte d’Ivoire étaient massacrés sous Laurent Gbagbo. Qu’est ce que j’en pense ? D’une part, l'opinion de ce mendiant et valet de la France nous importe peu; d'autre part, quand nous aurons fini de dégager son frère Dramane, lui, Salif Diallo et les autres Burkinabè qui ont pris part à la déstabilisation de notre pays, nous leur demanderons des comptes car ce serait trop facile que leurs crimes restent impunis. Voilà des gens qui considèrent leur pays comme celui des hommes intègres alors que les seuls domaines où ils excellent sont les vols et les tueries. Et puis, pourquoi les Burkinabè ne rentrent-ils pas chez eux s'ils se sentent persécutés en Côte d'Ivoire ? Qui les en empêche ?

Jean-Claude DJEREKE

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