COTE D'IVOIRE : Rocambolesque évasion de dizaines de prisonniers en plein Palais de Justice d'Abidjan

Le Palais de Justice d'Abidjan s'est transformé en Far West, mardi, 8 août : "Dix (personnes) détenues et dix déférées" se sont évadées "aux environs de 11 heures" (Heure GMT) du matin, a déclaré le procureur, Richard Christophe Adou, dans un communiqué.

"Des détenus, extraits de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan" (MACA), qui étaient déferrés au Palais de justice, "ont agressé des agents de police (...) occasionnant ainsi l'évasion de 20 personnes", précise le communiqué.

"Il s'agit bel et bien d'une évasion et non d'une attaque", ajoute le procureur.

Mais selon une source judiciaire, l'évasion a, en réalité, été organisée par un commando d'hommes armés, qui s'est introduit dans le Palais de justice. Sans rencontrer une quelconque résistance d'aucun corps habillé affecté à la surveillance des lieux. Les nouveaux ministres de la Défense et de l'Intérieur et la Sécurité, récemment, nommés, il y a quelques jours, en prennent pour leur grade. Après des déclarations à la va-t-en guerre de ces derniers jours, pour afficher leur fermeté et la prise en main de l'armée et de la police, ils sont confrontés à la réalité du terrain, qui demande plus de modestie. La situation est plus que précaire. Pour tenter de sauver la face, tout le dispositif (du haut en bas) chargé de sécuriser le Palais de Justice a été relevé de ses fonctions. D'un trait.

La question de la sécurité est brûlante en Côte d'Ivoire depuis le début de l'année, après des mutineries dans l'armée et une série d'attaques contre des postes de police et de gendarmerie.

Dimanche, 6 août, cinq prisonniers s'étaient évadés de la prison de Gagnoa (Centre de la Côte d'Ivoire). Quatre gardes pénitentiaires et un civil ont été arrêtés, soupçonnés de complicité, selon le maire de la ville, Bamba Medji.

Le chef d'état major des armées et le commandant supérieur de la gendarmerie, ont eu du président de la République, chef suprême des armées, le droit de vie et de mort sur les soldats. Gare à qui commettrait la moindre faute, semble-t-il désormais. Avant, il fallait une durée de trois mois pour aboutir à une quelconque sanction d'un soldat. Dorénavant, elle pourra être immédiate. Comme pour les policiers du Palais de Justice. L'objectif est d'imposer la discipline et l'autorité au sein des Forces armées nationales de Côte d'Ivoire.

Ces mesures accueillies avec beaucoup de scepticisme dans certains milieux ivoiriens, y compris dans les casernes, s'avéreront-elles efficaces alors que les promesses faites à ses troupes par le président, Alassane Ouattara (notre photo), pendant sa rébellion armée, ne sont, toujours, pas tenues, plusieurs années après ? On se demande même si elles le seront un jour.

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