COTE D'IVOIRE : Un camp militaire totalement détruit par d'autres soldats mécontents à Bouaké

Le camp d'une unité d'élite de la police et de la gendarmerie à Bouaké (Nord), épicentre des mutineries de soldats ivoiriens en 2017, a été attaqué et vandalisé par des soldats ivoiriens mécontents du pouvoir, à cause de l'insatisfaction de leurs doléances.

Des coups de feu avaient été entendus, mardi, 9 janvier, en début de soirée et pendant une partie de la nuit aux abords du Centre de coordination des décisions opérationnelles (CCDO). Des hommes armés provenant d'autres unités ont, alors, investi le camp, détruit des bureaux et incendié quatre véhicules (notre photo).

Les hommes du CCDO, qui avaient évacué le camp dans la nuit, ont repris le contrôle du camp dans la matinée de mercredi. Pour constater les dégâts.
Depuis une semaine, des tirs éclatent, pratiquement, tous les jours, à Bouaké, où un soldat a été tué dans la nuit de jeudi à vendredi lors d'un échange de coups de feu entre militaires.

Il s’agissait de "différends personnels" entre membres de corps différents, selon une source militaire. Ce différend a dégénéré en bataille entre les unités qui s'affrontent, sporadiquement, depuis le 4 janvier.
Une partie des militaires présents à Bouaké demandent, désormais, le départ du CCDO, et, notamment, de son chef, selon une autre source militaire.

Une colonne des forces de sécurité est parti d'Abidjan pour faire régner l'ordre à Bouaké. Il y a quelques jours, le général, Touré Sékou, chef d'état-major des armées ivoiriennes, avait présenté "ses excuses à la nation" pour les mutineries qui avaient ébranlé le pays en 2017 et promis qu'en 2018 l'armée remplirait "son devoir". Ses excuses sonnent avec les événements récents de Bouaké comme un aveu d'impuissance. Le problème des militaires ivoiriens est du seul ressort du président, Alassane Ouattara, qui a satisfait certains militaires et mécontenté d'autres. Voilà le problème alors que tous avaient combattu pour lui dans la rébellion.

D'anciens rebelles intégrés dans l'armée s'étaient mutinés en janvier et en mai 2017, obtenant, finalement, le paiement de 12 millions de F CFA (18.000 euros) à 8.400 militaires. Pas les autres.

Dans son allocution télévisée du Nouvel An, le président, Alassane Ouattara, avait affirmé sa volonté de transformer l'armée en une force "véritablement républicaine". Un vœux pieux pour l'instant.

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