DESINFORMATION : Comment les dictateurs africains imitent les grands prédateurs de la liberté de la presse

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame (notre photo), le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Les prédateurs de la liberté de la presse ont su adapter leur modèle autoritaire traditionnel aux nouvelles technologies. RSF a documenté et analysé ces nouvelles attaques en ligne. Robotisation, faux comptes, email bombing… A quoi ressemble le mode opératoire de ces prédateurs désormais connectés ?

Narendra Modi, premier ministre de l'Inde, Vladimir Poutine, président de la Russe, Abdel Fattah el-Sissi, président d'Egypte, ou bien, encore, Xi Jinping, président de Chine, tous prédateurs de la liberté de la presse, ont compris l’intérêt d’amplifier leur propagande et de décrédibiliser l’activité journalistique sur les réseaux sociaux, aboutissant à de nouvelles formes de censure. Depuis, ils ne cessent de faire des émules, notamment, en Afrique où beaucoup de chefs d'Etat regrettent la période du parti unique où la liberté d'expression n'était pas de mise.

RSF analyse, étape par étape, la stratégie et les moyens humains et techniques mis en oeuvre par ces prédateurs.

Social Bots : Ces programmes informatiques sont capables d'automatiser des tâches (retweets, likes, followers...). Ils sont utilisés pour diffuser à bas coût et, massivement, de la désinformation, mais aussi, lancer des cyberattaques contre des médias, intimider et harceler les journalistes.

Commentateurs payés : Les prédateurs financent des usines à trolls pour poster des fausses informations et laisser des commentaires sur les réseaux sociaux. Aux Philippines, par exemple, des travailleurs pauvres gagnent 10 euros par jour pour réaliser ces tâches.

Sponsoring publicitaire : Les plateformes récoltent une multitude de données (centres d'intérêt, âge, genre, localisation...), permettant, ensuite, de cibler le contenu publié selon les profils des utilisateurs. La désinformation sponsorisée est, ainsi, personnalisée.

Les campagnes de désinformation sont, ainsi, amplifiées grâce à des armées de trolls mises en place par ces régimes autoritaires. Parfois, ils sont aidés par des entreprises peu scrupuleuses qui leur vendent des faux comptes ou des bots - des programmes informatiques qui permettent de diffuser, automatiquement, un contenu sur les réseaux sociaux.

Une fois les messages de propagande diffusés massivement - ce qui a pour conséquence de noyer le contenu journalistique fiable - les armées de trolls lancent des cyberattaques contre les sites des médias libres et les comptes personnels des journalistes indépendants pour les décrédibiliser et les faire taire.
Le savoir permet, déjà, d'y faire face à 50%.

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