DRAME LIBYEN : Après avoir détruit la Libye, Sarkozy dit « vivre l'enfer de la calomnie ». Et les Libyens alors ?

C'est quand même incroyable que l'ancien président devienne si petit et perde de la hauteur que devrait avoir un ancien chef d'Etat quelle que soit la circonstance. Rattrapé par son passé (criminel) en Libye qui a, complètement, détruit ce pays jadis prospère, ce qui a eu pour conséquence immédiate, la propagation du djihadisme dans toute l'Afrique sahélo-saharienne, il a osé se fendre d'une tribune dans Le Figaro de ce jeudi, 22 mars, matin, dans laquelle il affirme « vivre l'enfer de la calomnie depuis 2011 » à cause de ce drame libyen. Question à Monsieur Sarkozy : si, lui, vit cet « enfer » et est « calomnié », les Libyens, eux, vivent quoi ? Eux dont le pays, jadis si prospère, a été, totalement, détruit ? A l'heure actuelle, les Libyens n'ont plus de pays. Mais l'ombre d'un pays. Mieux vaut vivre en Syrie qu'en Libye. Que vivent les Africains qui n'ont jamais, jamais, accepté la destruction de la Libye bien que son leader, le colonel, Mu'ammar Kadhafi, fut tout, sauf un modèle de la démocratie ? L'Afrique attend des excuses de Nicolas Sarkozy, avant qu'il n'aille se confesser, droit, chez le pape, à Rome.

A l'issue de 25 heures de garde à vue, l'ancien chef de l'Etat a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens" et il a été placé sous contrôle judiciaire.

Le Figaro publie un texte qu'il présente comme les propos que Nicolas Sarkozy a tenus face aux magistrats lors de sa comparution à l'issue de sa garde à vue. Dans ce texte de plusieurs pages, l'ancien chef de l'Etat dénonce l'absence de "preuve matérielle". "Pendant les 24 heures de ma garde à vue, j'ai essayé avec toute la force de conviction qui est la mienne de montrer que les indices graves et concordants qui sont la condition de la mise en examen n'existaient pas", s'est-il défendu. "Depuis le 11 mars 2011, je vis l'enfer de cette calomnie", a, encore, déclaré l'ancien président de la République, en demandant à être placé sous le statut de témoin assisté, ce qui lui a été refusé. Il a été mis en examen avec un contrôle judiciaire coercitif.

Qu'est-ce qui a permis aux magistrats de mettre, directement, en cause, l'ancien chef de l'Etat (sur notre photo avec Kadhafi qu'il avait invité en décembre 2007, en France, pour une visite officielle de cinq jours) ? Selon Le Monde, plusieurs anciens dignitaires du régime Kadhafi auraient livré de récents témoignages confirmant les soupçons de financement illicite. "Depuis plusieurs semaines, la justice française dispose, en outre, de nombreux documents saisis lors d’une perquisition menée en 2015 au domicile suisse d’Alexandre Djouhri", homme d'affaire, ajoute le journal.

L'Afrique pleure Kadhafi qui était une sorte de distributeur de cash en Afrique. Il avait créé la CENSAD (Communauté des Etats sahélo-sahariens, 29 Etats membres) pour forger une dynamique panafricaniste. Il avait une vision pour l'Afrique mais avait le grand défaut d'être un personnage fantasque, qui n'aimait pas la contradiction. Toutefois, il n'appartenait pas (du tout) à Sarkozy de lui ôter la vie et de détruire son (beau) pays. Voilà pourquoi le calvaire de cet ancien président français ne fait que commencer : après la justice française, Sarkozy devra faire face à la justice internationale, avant d'affronter, la justice la plus sévère qui soit : la justice divine.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires