ESCLAVAGE ET COLONISATION : Le « bourreau » (Emmanuel Macron) refuse (à tort) l'idée des réparations

Lors de son récent séjour, à Ouagadougou, on avait senti la volonté du jeune président de ne pas assumer (financièrement) le très lourd passé français en Afrique, pendant son dialogue avec les étudiants de l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo. Emmanuel Macron a du mal à se défaire de son encombrant manteau d'ancien banquier d'affaire, qui sait encaisser et a horreur de décaisser. Bien qu'il ait tenu des propos encourageants pendant la campagne, à Alger, sur le colonisation, la réalité semble l'avoir rattrapé : il est sur la même longueur d'onde que ses prédécesseurs en matière d'esclavage, de la colonisation, de la néo-colonisation, et du refus de la nécessaire réparation qui devrait aller avec. Voilà pourquoi à Ouaga, dans l'amphithéâtre financé par le Frère Guide Kadhafi (assassiné par un de ses prédécesseurs), Emmanuel Macron avait beaucoup insisté sur le fait qu'il était de la même génération que le millier d'étudiants sélectionnés pour l'écouter, et que tous, jeunes, devaient regarder de l'avant et ne pas s'occuper de ce qui s'était passé avant. Il pensait beaucoup à la question des réparations qu'il ne souhaite pas aborder. En lieu et place du chèque (ou de la série des chèques attendus), le jeune président français prône, uniquement, une "réconciliation des mémoires", rejetant "déni" et "repentance" pour la colonisation. Il l'a dit, dans un entretien à la chaîne Trace TV, dimanche, 3 décembre. Le président, Emmanuel Macron, doit savoir que son point de vue, non seulement, est inacceptable pour toute la communauté noire qui a subi ces affres de l'esclavage, de la colonisation et de la néo-colonisation, mais, ce point de vue est purement et simplement une insulte à l'endroit des Noirs d'Afrique.

Interrogé à distance par une Française d'origine congolaise sur d'éventuelles mesures de "réparation", le chef d'Etat français, qui vient d'effectuer une tournée en Afrique de l'Ouest et s'apprête à aller en Algérie, a estimé que "la réparation est mémorielle".

"Cette jeune femme n'a pas vécu la colonisation, donc, elle ne peut se construire sa vie, son projet de vie, la relation avec le pays où elle est, la France, avec ça. Je ne vais pas dire +la France doit verser un subside, ou reconnaître ou indemniser+, ce serait totalement ridicule. En termes de mentalité, ce n'est pas une façon de construire son avenir", a lancé M. Macron sur Trace TV, chaîne en direction, notamment, de la jeunesse africaine, dans un entretien d'une heure enregistré, jeudi, 30 novembre, à Accra, au Ghana.

"Par contre, pour que (cette jeune femme) puisse pleinement se construire, avoir sa place, il faut qu'il y ait une réconciliation des mémoires, c'est ce à quoi je tiens beaucoup. C'est-à-dire que dans la mémoire française, dans l'histoire de la France, comme dans l'histoire de l'Afrique, on doit parler de ces pages noires, comme des pages glorieuses", a ajouté le chef de l'Etat.

Il a cité en exemple le centre de mémoire sur la traite et l'esclavage ouvert en 2015 sur l'île de la Guadeloupe aux Antilles françaises qui, selon M. Macron, "a permis de reconnaître la mémoire de l'esclavagisme, la place que cela a eu en particulier dans les territoires d'Outre Mer français mais aussi sur tout le continent africain".

"J'ai souvent dit : ni déni, ni repentance. Il faut regarder les choses en face, c'est notre histoire commune", a-t-il ajouté, appelant à "regarder de manière très dépassionnée cette période".
Et de conclure : "ce passé c'est notre viatique pour l'éternité, comme disait Jankélévitch. Mais ce qui compte, c'est notre avenir commun".

Voilà les propos tenus par le « bourreau » Emmanuel Macron. C'est « lui » le "bourreau" qui a violenté, brimé, humilié, avili, dépouillé, ruiné, les victimes (Noirs d'Afrique), mais, c'est encore lui, le « bourreau » qui refuse d'indemniser cette longue souffrance qu'il leur a fait endurer, juste parce qu'il se considère à la fois comme juge et partie et, donc, Tout Puissant.

Il est (grand) temps qu'Emmanuel Macron change son langage sur le passé entre la France et l'Afrique. Car les choses n'iront (jamais jamais) dans son sens. Il affiche un esprit (sans nom) de colon, totalement, inadmissible en Afrique.

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