ETATS-UNIS : Donald Trump pourra-t-il terminer son mandat ?

Il semble ne pas se passer un jour sans que la Maison Blanche soit secouée par un nouveau scandale. Lundi, 15 mai, le Washington Post a révélé que le président avait divulgué des informations hautement classifiées à la Russie. Le lendemain, le New York Times affirmait que Donald Trump aurait demandé au FBI de classer une investigation visant son ancien conseiller, Michael Flynn, ce qui peut constituer une obstruction de justice. Et puis, il y a ce qu'on ne sait pas encore et qui sortira, peut-être, bientôt...

Jusqu'où iront ces révélations ? Assistera-t-on à la destitution de Donald Trump ? Pour Allan Lichtman, cela ne fait aucun doute. Avant l'élection de l'homme d'affaires, cet historien et politologue à l'American University de Washington assurait, déjà, que le président américain ferait l'objet d'une procédure d'impeachment (c'est-à-dire de destitution).

Allan Lichtman avait d'ailleurs prédit la victoire du candidat républicain face à Hillary Clinton, tout comme il a, correctement, pronostiqué l'élection de tous les futurs présidents américains depuis Ronald Reagan en 1984. Lui ne voit pas Donald Trump finir son mandat. C'est ce qu'il explique dans son livre, The Case for Impeachment (éd. Harper Collins).

Les raisons d'être d'un impeachment pour Allan Lichtman

« Tout ce qui s'est passé depuis, le renvoi de James Comey, directeur du FBI, le témoignage de Sally Yates, le fait qu'il ait partagé des informations hautement classifiées avec les Russes, tout cela renforce ma prédiction que Trump se dirige droit vers une procédure de destitution. Et si le mémo de Comey existe et dit ce qui a été rapporté, ce serait la preuve la plus forte contre Donald Trump. Il ne peut plus y avoir d'excuse pour ne pas entamer une procédure d'impeachment ».

Les actions de Donald Trump qui justifient, selon Allan Lichtman, le déclenchement d'une procédure de destitution

« Alexander Hamilton, l'un des principaux auteurs de la Constitution américaine, a écrit que la procédure pouvait se justifier par "des offenses découlant de fautes des hommes publics ou, en d'autres termes, de la violation de la confiance publique". Il ne parle pas ici de comportements criminels spécifiques, mais il parle d'un abus du pouvoir présidentiel qui pose un danger à la société. Dire que Trump n'a pas violé la loi en révélant des informations hautement classifiées aux Russes est hors propos. Ce qu'une procédure de destitution, et notamment, la phase d'investigation, doit déterminer, c'est s'il y a eu abus de pouvoir ou non. Elle doit déterminer si Trump a fait obstruction à la justice, si les potentiels conflits d'intérêts ou encore le partage d'informations classifiées ont compromis la présidence. S'il n'y a pas encore suffisamment de preuves pour effectivement le destituer de sa fonction, il y en a certainement assez pour au moins commencer une investigation. Elle doit être conduite par le comité judiciaire de la Chambre des représentants, un comité bipartisan et complètement indépendant du pouvoir exécutif ».

Les précédents historiques

« Deux procédures de destitution ont été lancées [par la Chambre des représentants]. Il y a eu celle d'Andrew Johnson en 1868 et celle de Bill Clinton en 1998. Aucun des deux cependant n'a eu à quitter ses fonctions car moins de deux tiers des sénateurs se sont exprimés pour. Les gens ont tendance à voir l'impeachment comme un événement apocalyptique, mais, dans ces deux cas, la procédure de destitution a eu un effet très positif. Andrew Johnson en est ressorti affaibli et a donc modéré ses politiques qui bloquaient la reconstruction du pays. Bill Clinton en est ressorti plus fort. Quant à Richard Nixon, il a démissionné avant d'être condamné et destitué par le Congrès, en 1974 ».

Et Donald Trump ?

« Les allégations contre Donald Trump sont bien plus graves que celles soulevées contre Richard Nixon, alors que le Watergate est considéré comme le pire scandale de l'histoire politique américaine. Mais cette fois, les accusations impliquent une puissance étrangère, et une puissance étrangère qui sape notre démocratie et menace notre sécurité nationale » (La Russie).

Que décideront les républicains ?

Il suffit que deux douzaines de républicains se joignent aux démocrates. Au Congrès, ce qui guide les politiques, c'est l'instinct de survie. Ce qu'ils ont en ligne de mire, ce sont les prochaines élections législatives en 2018. S'ils pensent que Donald Trump devient un handicap pour leur réélection, alors, il se pourrait qu'il y en ait bien plus que deux douzaines qui fassent défection. Et si des preuves suffisamment fortes sont mises au jour, j'ose espérer que les républicains se joindront aux démocrates, comme ils l'ont fait dans le cas du Watergate. En ce qui concerne l'impeachment, il existe un précédent de coopération bipartisane ».

Commentaires

HANSALEVEY Adams (non vérifié)
il va falloir qu'il paye son arrogance et son mensonge lié à son incompétence !!
Ku Ibiti (non vérifié)
Le pauvre !!! Il aurait mieux fait d'accepter de recevoir DSN....

Ajouter un commentaire

4 + 4 =
By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Les plus populaires