ETATS-UNIS/COREE DU NORD : Sérieux bras de fer entre Kim Jong-un et Donald Trump

Le « leader bien aimé » ne se laisse pas influencer. Doté d'une force de frappe que Washington souhaite démanteler, il dit tout haut ce qu'il pense de sa relation avec son homologue américain, Donald Trump. C'est ainsi qu'il a dénoncé les nouvelles sanctions décrétées contre la Corée du Nord par les Etats-Unis, accusés de vouloir "bloquer pour toujours" la dénucléarisation de la péninsule. Autrement dit, la ruse que voulait utiliser Trump pour obtenir la dénucléarisation sans rien donner en contrepartie, ne marche pas. Il en est de même de la ruse de Kim Jong-un qui pensait qu'en acceptant du bout des lèvres une dénucléarisation de la péninsule, il allait attirer, sans effort, les capitaux sud-coréens et japonais, dans son pays. Cela ne marche pas non plus. Chacun voulant tromper l'autre, a eu tout faut. Conséquence : on tourne en rond et il n'est pas exagéré de penser qu'à Pyongyang, on commence à jouer la montre espérant que les Américains ne donneront pas un second mandat à Donald Trump en 2020.

Les Etats-Unis viennent de sanctionner trois dirigeants nord-coréens, dont l'un des plus hauts responsables du régime classé par la diplomatie américaine parmi "les pires au monde" pour les droits de l'Homme.

Ces mesures, essentiellement, symboliques car le régime est, déjà, soumis à de multiples sanctions internationales, sont prises alors que les négociations sur le nucléaire entre Pyongyang et Washington sont, à nouveau, au point mort.

Le président américain, Donald Trump, continue, cependant, d'évoquer un nouveau tête-à-tête avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, pour début 2019, après leur Sommet historique de Singapour en juin (notre photo).

Dans un communiqué publié, dimanche, 16 décembre, par l'agence nord-coréenne KCNA, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères salue les efforts de Donald Trump pour améliorer les relations bilatérales, mais, accuse le département d'Etat américain de "vouloir à tout prix" les "faire revenir à ce qu'elles étaient l'année dernière, marquées par des échanges de tirs".

Washington commettrait "une erreur de calcul énorme" s'il croit pouvoir contraindre le Nord à renoncer à son arsenal nucléaire par les pressions et les sanctions, ajoute le texte signé par le directeur des recherches politiques de l'Institut des études américaines du ministère. "Cela bloquera pour toujours la voie de la dénucléarisation de la péninsule".

A Singapour, MM. Trump et Kim s'étaient engagés sur la "dénucléarisation complète de la péninsule coréenne", sans plus détail sur la méthode, ce qui laisse la place à toutes les interprétations.

Depuis, Washington exige la dénucléarisation du Nord avant toute levée des sanctions, tandis que Pyongyang (craignant de subir le même sort que Kadhafi à qui la même proposition fut faite avant d'être purement et simplement assassiné) a condamné les "méthodes de gangster" des Américains accusés d'exiger son désarmement unilatéral sans faire de concession.

Les dernières sanctions ont été prises sur la base d'un rapport régulier du département d'Etat à l'attention du Congrès américain, portant plus particulièrement sur l'absence de médias indépendants et de liberté d'expression en Corée du Nord.

"Les violations des droits humains en Corée du Nord demeurent parmi les pires au monde et incluent meurtres extrajudiciaires, travail forcé, torture, détention arbitraire prolongée, viols, avortements forcés et autres violences sexuelles", dénonce la diplomatie américaine.

Parmi les trois dirigeants visés, le directeur du département de l'Organisation au sein du Parti des travailleurs de Corée, Choe Ryong Hae, est considéré comme un des plus proches collaborateurs de M. Kim.

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