FRANCAFRIQUE : Sarkozy, Hollande, Macron, même politique ?

Ce que je vais vous raconter, ici, n'est pas de la fiction. C'est la réalité pure et simple telle qu'elle devrait être enseignée dans les universités et grandes écoles africaines : en perte de vitesse, dans ce qu'on appelle, aujourd'hui, « village planétaire », la France, après avoir, sans succès, activé tous ses leviers internes pour se relancer, se voit, maintenant, obligée, contrainte forcée d'amorcer le dernier acte de sauvetage de son économie : la recolonisation de ses anciennes possessions, non pas d'Asie (le Vietnam, le Cambodge et le Laos sont des bastions imprenables), ni du Maghreb (l'Algérie, le Maroc et même la Tunisie restent hermétiquement fermées à une telle (re)reconquête), mais, d'Afrique noire.

Pour y parvenir, alors qu'elle a perdu son attrait économique et financier (le pays est rongé par le chômage et d'interminables déficits qui plombent sa compétitivité), il lui reste deux éléments sur lesquels elle va agir : d'une part, (sa) monnaie, le F CFA, qui permet aux pays africains membres de la zone franc ainsi que les Comores, soit, en tout, 15 pays, d'exercer un contrôle (certain) des économies de ces pays, et d'autre part, son armée doublée de ses services de sécurité et du renseignement, dont l'importance est incontestable dans certains pays d'Afrique noire où le djihadisme est en train de faire son lit.

1° ) Le F CFA

Sur les 15 chefs d'Etat qui utilisent le F CFA comme monnaie nationale, quatre se sont, clairement, exprimés pour son changement et la création d'une monnaie, authentiquement, africaine. C'est à leur honneur. Il s'agit du Burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, du Nigérien, Mahamadou Issoufou, du Tchadien, Idriss Déby Itno, et de l'Equato-Guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Si les autres présidents (au demeurant cachottiers) se gardent bien de dire ce qu'ils en pensent, deux d'entre eux sont, ouvertement, en faveur du statu quo : l'Ivoirien, Alassane Ouattara et le Sénégalais, Macky Sall. Comme par hasard, la Côte d'Ivoire et le Sénégal, sont les deux seuls pays africains francophones où la France a, véritablement, amorcé un retour en force, à la fois, sur le plan politique, industriel, commercial et culturel, contrairement, à partout ailleurs où elle est en net recul.

Sous-monnaie française, le F CFA est géré, non pas par la Banque centrale européenne, qui définit la politique monétaire de l'euro, mais, par la direction générale du Trésor (Ministère français de l'Economie). C'est une aberration (qu'on ne voit que chez les colonisés) car outre le fait que les 15 pays africains consignent (jusqu'à) 50% de leurs réserves de change sur le compte d'opération de cette direction du trésor, il n'est plus admissible, en 2018, qu'après 68 années d'indépendance, la souveraineté monétaire des 15 pays concernés soit, encore, sous la tutelle de leur ancien pays colonisateur. C'est tout simplement inadmissible. C'est un non-sens politique, économique, culturel et même psychologique, inexplicable pour quelqu'un qui a sa tête sur les épaules. En effet, à travers cette gestion du F CFA, c'est, en réalité, la France qui a le dernier mot sur la conduite économique et financière des 15 pays concernés. Où est alors « l'indépendance » de ces pays alors qu'ils sont sous surveillance monétaire ? Cette position confère une influence non négligeable de Paris dans la gestion des pays concernés. Quitter la zone franc affaiblirait, donc, considérablement, la France sur le plan de l'exercice de son influence en Afrique francophone, à un moment où elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, au sein de l'Union européenne, à cause de ses déficits et de son chômage massif des jeunes. Autre volet qui aide la France à se refaire économiquement :

2°) L'armée et les services de sécurité et du renseignement.

La montée du djihadisme en Afrique constitue une occasion inespérée pour la France de refaire surface dans des pays où les pays émergents lui damaient le pion. Avec son armée et son système de renseignement, la France a une bonne longueur d'avance sur les pays émergents comme la Chine, la Turquie, l'Inde, et les autres, qui découvrent le terrain africain, pour la plupart. Constatant cet avantage, la France ne se prive par d'utiliser son armée à des fins de politique économique au point de faire hurler certaines bonnes âmes internationales, mais aussi, certaines oppositions locales. Au Mali, par exemple, où l'intervention de l'armée française a sauvé le pays des djihadistes qui allaient prendre Bamako, en 2013, l'opposition commence à accuser l'armée française de mener une stratégie qui consiste à lutter contre les djihadistes, justement, pour mieux rester dans le Nord à des fins de contrôle du sous-sol malien qui regorgerait de pétrole, d'or et d'eau. Pour ses opposants maliens, gagner, rapidement, la guerre contre les djihadistes, contraindrait l'armée française à quitter le Nord-Mali en laissant le pays aux nouveaux conquérants fortunés que sont les entreprises chinoises. Autrement dit, l'armée française reste dans la durée pour essayer d'avantager les entreprises françaises.

La constitution de la Force du G5 Sahel par la France aux côtés du Faso, de la Mauritanie, du Niger, du Mali et du Tchad, et que refuse de financer (notre photo), multilatéralement, Donald Trump, en est un autre exemple. La force Barkhane n'aurait-elle pas pu être renforcée par les mêmes forces africaines, au lieu de créer une deuxième force G 5 Sahel (budgétivore) avec les mêmes objectifs, même si, en matière de lutte contre le djihadisme, l'abondance des armées n'est pas, forcément, une mauvaise chose ?

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