FRANCE-AFRIQUE : Vers le retour du patrimoine culturel africain vers les pays d'origine ?

Le jeune président français veut faire différemment les choses. Lors de sa première tournée africaine, à Ouagadougou, il a annoncé « un retour du patrimoine africain à l'Afrique ». C'est une bataille rangée, depuis des années, entre la France où plusieurs musées gardent par devers leurs collections, un tel patrimoine et les pays africains concernés. Arrivé au pouvoir en 2016, le président du Bénin, Patrice Talon, par exemple, en a fait sa priorité : le retour au Bénin des objets culturels béninois logés en France. Ce n'est pas une chose simple. Mais, avec la décision d'Emmanuel Macron, Patrice Talon sera, désormais, soutenu par la volonté politique de l'Etat français. Le retour au Bénin, après des siècles d'exportation, des objets d'art africain, sera facilité. Cela dit, entre dire et faire, il y a un monde quand on sait que ce patrimoine fait vivre des musées et centres culturels en France et créent des emplois.

"Le patrimoine africain (...) doit être mis en valeur à Paris, mais aussi à Dakar, Lagos, Cotonou", a déclaré le président français, à Ouagadougou.
"Ce sera l'une de mes priorités. D'ici cinq ans, je veux que les conditions soient réunies pour un retour du patrimoine africain à l'Afrique", a-t-il lancé.

Prononcée à la fin de son discours à l'Université Professeur Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, cette phrase a, surtout, résonné au Bénin, dont le président, Patrice Talon, a fait une demande officielle d'une restitution d'une partie du patrimoine béninois en juillet 2016. Ce qui a énervé (notre photo).

Pour le président Talon, qui a, notamment, fait campagne contre l'influence de la France dans son ancienne colonie, le rapatriement de ces oeuvres permettra de "mieux faire connaître à nos populations la valeur de nos biens culturels et historiques" et "faire du tourisme un pilier majeur de l’économie béninoise".

Irénée Zevounou, l'ambassadeur de la délégation du Bénin à l'UNESCO, estime que "4.500 à 6.000 objets (béninois) sont en France, y compris dans des collections privées".
L'accaparement des trésors du Royaume du Dahomey s'est fait lors des batailles coloniales entre 1892 et 1894, mais aussi, par les missionnaires qui ont "dépossédé les populations de ce qu'ils considéraient comme des fétiches", explique M. Zevounou. « Des fétiches » qui, une fois en France, se sont transformés en objets culturels !

Le droit, c'est bien ce qui bloque, dans ce dossier épineux, et, particulièrement, sensible.

Les autorités françaises s'étaient, jusqu'à présent, rangé derrière "les principes juridiques d'inaliénabilité et d'imprescriptibilité (...) des collections publiques", pour argumenter leur refus de restituer des oeuvres, désormais, tombées dans le patrimoine français.

Emmanuel Macron rompt avec la tradition juridique française établie en 1566 par "l'édit de Moulins".

"Depuis cette époque, le domaine royal devenu ensuite le domaine public, est inaliénable et imprescriptible. Il est interdit, sauf exceptions rares, au prince, roi ou président de la République, de disposer de ce domaine. Les chefs d'Etat passent, le domaine public reste!", explique Yves-Bernard Debie, avocat spécialisé en droit du commerce de l'art.

Une telle restitution demanderait, donc, de changer la loi française, ce qui n'est plus insurmontable, le parti d'Emmanuel Macron, La République en marche, disposant d'une très confortable majorité à l'Assemblée nationale française.

Commentaires

Un exilé en colère (non vérifié)
Le Congo-Brazzaville n'a pas de musée ni de bibliothèque alors ou les mètres? gardez les en France pour l'instant nous avons besoin d'un minimum vital comme l'eau potable, électricité et l'école qui Takou nguesso monsieur 8% a tué

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