GEORGE FLOYD : Trump se fait tacler par son ex-ministre de la Défense le général James Mattis

Le général, James Mattis, n'y va pas de main morte. Très (très) respecté au sein de l'armée américaine, il a, vertement, critiqué Donald Trump comme personne de son rang ne l'avait pas encore fait jusqu'à présent. Preuve de son influence dans le milieu des militaires, le successeur de Mattis au Pentagone (ministère américain de la Défense), Mark Esper, a pris le contrepied parfait de Trump, publiquement, en se disant opposé, lui aussi, à l'intervention de l'armée contre les manifestants. Traduction : Trump le politicien va bientôt quitter le pouvoir mais l'armée américaine avec ses valeurs est éternelle. L'isolement de Trump n'est, donc, plus a démontrer au sein même de sa propre administration. C'est comme s'il savait que sa présidentielle est déjà perdue (chômage, mauvaise gestion du coronavirus, conflit avec la Chine, division du pays avec l'affaire Floyd, etc.) pour qu'il cherche à laisser, de façon aussi froide, brutale et cynique, le souvenir d'un président à poigne qui refusait de céder même quand il faisait face à l'adversité.

Dix points d'écart. Pas moins ! Voilà ce que disent les sondages, ces derniers jours, entre Joe Biden et Donald Trump. « Joe le dormeur » comme aimait l'appeler Trump, ne dort plus. Au contraire, il profite des événements actuels pour relancer sa campagne sur le thème de l'unité nationale. Pendant que Trump continue de régler des comptes dans son gouvernement et auprès de ses collaborateurs de la Maison Blanche. Il continue, aussi, de régler les comptes avec les patrons des réseaux sociaux comme Tweeter.

Le général James Mattis, qui a démissionné de son poste de ministre de la Défense en décembre 2018, est sorti de son silence, mercredi, 3 juin, avec des mots très durs pour son ancien patron Donald Trump.

James Mattis, qui avait démissionné pour protester contre le retrait des troupes américaines de Syrie, a accusé le président des Etats-Unis de tenter de "diviser" l'Amérique. Une grave insulte pour le président américain.

"De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n'essaie pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d'essayer", écrit-il dans une déclaration mise en ligne, mercredi, 3 juin, par la revue The Atlantic. "Au lieu de cela, il tente de nous diviser", ajoute l'ancien général des Marines, très respecté, qui avait jusqu'ici affiché sa réserve (sur notre photo lors de sa visite impromptue à Kaboul en septembre 2018. Panique dans les rangs).

"J'ai observé le déroulement des événements de cette semaine, en colère et consterné", poursuit-il dans ce réquisitoire implacable, soutenant les manifestants qui demandent, selon lui, "à raison", l'égalité des droits.

Le président américain s'est, aussitôt, déchaîné sur Twitter, qualifiant James Mattis de "général le plus surestimé du monde" et de "chien fou". "Je suis content qu'il soit parti !", a insisté le locataire de la Maison Blanche.

Depuis la mort, le 25 mai, à Minneapolis, de George Floyd, un Africain-Américain noir asphyxié par un policier blanc, une vague de colère historique s'est levée dans les villes américaines, dénonçant le racisme, les violences policières et les inégalités sociales. Pillages et émeutes ont émaillé le mouvement au départ pacifique. Même Barack Obama est sorti de sa réserve pour saluer le rapprochement qu'on notait entre la police et la communauté africaine-américaine à laquelle faisait partie George Floyd. Il n'y a que Trump (le diviseur) qui continue de jeter de l'huile sur le feu.

Donald Trump a employé un ton martial et menacé de recourir à l'armée pour mater la rue, se présentant en "président de la loi et de l'ordre".

"Nous ne devons pas nous laisser distraire par une poignée de hors-la-loi. Les manifestations, ce sont des dizaines de milliers de personnes de principes qui insistent pour que nous soyons à la hauteur de nos valeurs", estime, par contre, Jim Mattis. "Nous devons rejeter et tenir pour responsables ceux qui, au pouvoir, se moqueraient de notre Constitution", ajoute-t-il.

Il ne faut pas avoir fait Sc-Po pour savoir que c'est de Trump qu'il s'agit essentiellement.

Ajouter un commentaire

Les plus populaires