GUINEE BISSAU : Sortie de crise actée à Lomé par les chefs d'Etat de la CEDEAO

Neuf chefs d'Etat membres de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest), se sont retrouvés, samedi, 14 avril, à Lomé, autour de leur homologue, Faure Essozimna Gnassingbé, président du Togo et président en exercice de cette organisation, pour trouver une solution définitive à la lancinante question bissau-guinéenne (notre photo). C'est un problème récurrent qui perturbe le fonctionnement institutionnel de ce pays depuis trois ans et qui peinait à trouver une solution digne de ce nom. Pendant sa présidence en exercice, le Togolais, Faure Gnassingbé, y est parvenu grâce à l'efficacité de sa diplomatie dont les va et vient entre Lomé et Bissau, ont fini par porter les fruits salués par tous. D'où la convocation du Sommet extraordinaire ce 14 avril, à Lomé, qui a permis aux chefs d'Etat d'acter les décisions de sortie de crise dont la mise en place sera co-assurée, non seulement, par le président de la Guinée et médiateur de la CEDEAO pour la Guinée Bissau, Alpha Condé, mais aussi, par Faure Gnassingbé, en tant que président en exercice de la CEDEAO et par José Mario Vaz, lui-même, président de la Guinée Bissau. A Lomé, les chefs d'Etat, au vu de ce résultat inespéré, ont poussé un ouf de soulagement et adressé bien des éloges mérités à leur homologue, Faure Gnassingbé.

En quoi consiste cet accord ?

La Conférence des chefs d'Etat a pris note des consultations en cours entre le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap Vert (PAIGC) et le Parti du renouveau social (PRS), et les a encouragés à poursuivre le dialogue pour garantir une stabilité durable de la Guinée Bissau. C'est ainsi que le président de la Guinée Bissau, José Mario Vaz, a informé ses homologues que, après consultations avec les forces politiques et la société civile, les décisions suivantes ont été prises :

la nomination d'Aristides Gomes comme premier ministre de consensus. Cette nomination sera prise par décret présidentiel le 17 avril 2018 ; c'était le principal point de conflit en Guinée Bissau ;
la tenue des élections législatives le 18 novembre 2018.

En outre, la Conférence des chefs d'Etat a pris note de ce que l'ensemble des acteurs politiques, a, également, décidé de l'ouverture du parlement, le 19 avril 2018, pour statuer, notamment, sur les points liés à la nomination des membres de la Commission électorale et de la prorogation de la législature. La Conférence a pris acte de ces décisions et ces dates. Elle a félicité le président, José MarioVaz, et appelé l'ensemble des acteurs à travailler pour ramener la stabilité dans le pays.

La Conférence a invité le Comité de suivi composé du président de Guinée (médiateur), du président du Togo (président en exercice de la CEDEAO), et du président de la Commission de la CEDEAO, à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre de cette feuille de route. Elle a entériné la prorogation du mandat de la Mission de la CEDEAO en Guinée Bissau (ECOMIB) jusqu'au 30 juin 2018 et exhorté les Forces de défense et de sécurité bissau-guinéennes de contribuer à assurer la paix et la sécurité dans tout le pays.

Enfin, la Conférence a salué la prorogation par le Conseil de sécurité des Nations-Unies du mandat du bureau intégré des Nations-Unies pour la consolidation de la paix en Guinée Bissau (BINUGBIS) jusqu'au 28 février 2019.

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