GUINEE EQUATORIALE : Alfonso Nsue Mokuy : « Nous n'avons rien à cacher »

Le troisième vice-premier ministre de la Guinée équatoriale, Alfonso Nsue Mokuy, en l'espace d'une semaine, vient de visiter, tour à tour, La Havane, New York, Washington, Paris. Demain, samedi, 31 octobre, il se rendra, à Genève, avant de retourner dans sa Guinée équatoriale natale. Un véritable périple.

Qu'est-ce qui fait ainsi courir Alfonso Nsue Mokuy ? Les ennemis de la Guinée équatoriale, jamais à court d'imagination, viennent, encore, de frapper.

Probablement manipulée par « certaines officines », la CORED (Coalition d'opposition pour la restauration d'un Etat démocratique), le 14 octobre dernier, à Paris, avait sorti une liste de 310 noms d'Equato-Guinéens, ayant tous disparu, selon cette organisation, à cause des exactions du régime. Cette liste, qui est venue comme un cheveu dans la soupe, arrive, comme par hasard, un mois, jour pour jour, avant la visite que compte faire, à Paris, le 14 novembre prochain, le président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. En effet, invité à l'Unesco où seront récompensés les lauréats du Prix Unesco-Guinée équatoriale, que son pays finance, depuis 2012, le président Obiang, devrait être reçu avant beaucoup d'égard. Au moment où on s'attend à ce que la communauté scientifique et diplomatique internationale, dans son ensemble, lui donne un satisfecit, pour son action en faveur du développement de la science dans le tiers-monde, l'opposition de son pays n'a trouvé mieux que de chercher à ternir l'image du pays. A qui profite le crime ?

Dans les grandes villes citées, le 3e vice-premier ministre n'a pas eu de mal à convaincre ses interlocuteurs, qu'il s'agissait d'une vraie fausse liste de morts. Quelques exemples pris au hasard :
Bonifacio Nguema Esono Nchama dont le nom est mentionné sur la fameuse liste, est, réellement, mort à l'hôpital La Paz des suites d'une maladie, et non de la dictature de Teodoro Obiang. Quant à Bonifacio Ondo Edu qui fut président du gouvernement autonome, en 1968, il avait été tué en 1969 sous l'ancien président, Macias Nguema Biyogo. Obiang Nguema Mbasogo n'était pas encore président de la République.
Autre nom retrouvé sur la liste des 310 : Obiang Mba fut tué en 1976, là aussi, par Macias, tout comme la totalité des enseignants qui figurent sur cette liste, et qui ont disparu sous l'ère de Macias Nguema.
Ce n'est pas tout : Elias Maho Sicacha fut heurté par un véhicule pendant qu'il faisait son jogging. Son frère, Luis Maho, décéda, plus tard, de sa propre mort des suites d'une maladie. Quant à Jesus Ndongo, il disparut, dans l'Océan, en 1975, alors que le président Obiang n'était pas encore au pouvoir. Jesus fuyait les militaires de Macias qui étaient à ses trousses quand son embarcation chavira dans l'Océan.
Bref, pour Alfonso Nsue Mokuy, « Cette liste ne correspond pas à la réalité ». Et de préciser : « Je suis venu ici devant vous pour clarifier ces choses qu'on raconte de façon mal intentionnée sur mon pays. Je répète la même chose partout où je passe. Cette liste a été dressée pour nous créer les problèmes inutilement ».

Assis à ses côtés pendant la conférence de presse, l'ambassadeur de la Guinée équatoriale en France, Miguel Oyono Ndong Mifumu, monte aussitôt au créneau : « Cette liste est un coup médiatique de la CORED, montée, à Paris, pour nuire à l'image de la Guinée équatoriale. Notre pays est suivi par les Nations-Unies en matière des droits de l'homme depuis 1980, par la volonté du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Je sais de quoi je parle parce que j'ai occupé pendant cinq ans les fonctions de ministre des Affaires étrangères, et chaque fois que les Nations-Unies nous interrogeaient sur les droits de l'homme, à Genève, j'ai toujours eu à répondre de façon satisfaisante. Cette histoire que le président Obiang tue les gens, ce n'est pas vrai ». Et de poursuivre : « Il y a eu des tentatives de coup d'état, d'invasion des mercenaires, etc., dans notre pays. On le sait. Mais une liste comme celle qu'on brandit, aujourd'hui, ce n'est pas vrai. Je le dis avec force. Aux gens qui l'ont dressée d'apporter la preuve de son authenticité ».

La CORED, en brandissant cette liste de 310 noms, sans preuves, ne cherche-t-elle pas à déstabiliser, aussi, le 3e vice-premier ministre ? Ce dernier est avant tout un opposant qui s'affiche comme tel : « J'ai un pied dans le gouvernement dans le cadre de la majorité présidentielle, et l'autre pied, dans l'opposition. C'est mon choix pour servir, au mieux, les intérêts de mon pays. Je ne suis pas un traître à la cause comme on dit à la CORED », rétorque-t-il.

A la question de savoir s'il existe des prisonniers politiques en Guinée équatoriale, Alfonso Nsue Mokuy répond Non : « Tous les 15 jours, je fais une visite dans les commissariats de police et autres lieux de détention, pour m'enquérir de la situation. Si je constate un dérapage, je corrige. En Guinée équatoriale, il n'y a aucun prisonnier d'opinion. Ca n'existe pas ».

Le 3e vice-premier ministre affirme travailler en étroite coordination avec le Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies, à Genève, où le dossier « Droits de l'homme en Guinée équatoriale » a été, dernièrement, approuvé. « Il y a eu des suggestions que je m'emploie à mettre en oeuvre pour améliorer le processus, qui est évolutif. Les droits de l'homme avancent en Guinée équatoriale. Dire qu'ils reculent, c'est faux !».

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