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LIBYE : Le Guide manque-t-il à l'Afrique ?

Assassiné le 20 octobre 2011, après huit mois de conflit déclenché par une révolte populaire, Mu'ammar al Kadhafi avait dirigé la Libye, d'une main de fer, après avoir pris le pouvoir, en 1969, par un coup d'état, abolissant le régime monarchique d'alors soutenu par l'Occident.

Il s'est agi d'un complot occidental qui a regroupé, Français, Britanniques, Américains et OTAN. L'Union africaine (UA) avait marqué son désaccord total pour cette façon de faire, mais personne, à Paris, Londres, Washington ou Bruxelles, n'a écouté les Africains. Grâce à la forte pression qui s'exerçait sur lui, l'UA avait fini par le convaincre d'abandonner le pouvoir, ce qu'il voulait faire, effectivement, et avoir la vie sauve. Mais l'Occident ne lui en a pas donné l'occasion. C'est la raison pour laquelle Russes et Chinois font bloc, aujourd'hui, pour que ce qui est arrivé à Kadhafi (après une résolution des Nations-Unies détournée à des fins militaires alors qu'au départ elle était prise pour favoriser une intervention humanitaire) n'arrive pas au Syrien, Bashar al Assad.

L'UA avait, totalement, raison de soutenir le principe de la négociation avec Kadhafi pour le faire partir et non le tuer. Les faits lui ont donné raison car le vide laissé par ce dictateur a produit la rébellion au Nord-Mali, et favorisé le djihadisme et les trafics de toutes sortes dans la bande sahélo-saharienne. Plus grave, depuis la mort de Kadhafi, il n'y a plus d'Etat en Libye, unique pays au monde à compter deux « gouvernements légaux ». On attend toujours que les Français, les Britanniques, les Américains et l'OTAN, qui ont déstabilisé ce pays, y assurent le « service après vente ».

Bien que dictateur au sens plein du terme, Kadhafi choyait ses compatriotes qui ne manquaient de rien, sauf de la démocratie. Pas de prêt ni au FMI ni à la Banque mondiale. Des lignes de crédits offertes à tous les pays africains qui le souhaitaient. Bref, le Guide aidait les pays africains parfois plus que les institutions de Bretton Woods.

Kadhafi a suscité la mise sur pied de l'UA et de toutes ses structures annexes (parlement panafricain, Fonds monétaire africain, etc.).

Il était parfois combattu parce qu'il voulait toujours se mettre devant et écoutait les autres peu, cherchant, parfois, à imposer grâce à ses milliards, ses points de vue. Cela dit, ses frasques manquent à l'Afrique, tout comme sa générosité pour ceux qui étaient des habitués de Syrte.

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