Vous êtes ici

LIBYE : Plusieurs médecins au chevet du grand malade dont Ghassan Salamé, nouvel envoyé de l'ONU

« La question libyenne occupe une place importante dans les préoccupations du secrétaire général de l'ONU qui accorde une très grande importance à la mission que je vais commencer en Libye », a déclaré Ghassan Salamé, dans un entretien à ONU Info. « Il m'a indiqué qu'il était disposé à être personnellement impliqué dans la recherche d'une solution et que je pouvais compter sur son engagement personnel pour tenter de trouver une sortie de crise qui soit acceptable pour les Libyens ».

Le 22 juin dernier, le secrétaire général a nommé Ghassan Salamé comme son nouveau représentant spécial et chef de la Mission d'appui des Nations-Unies en Libye (MANUL), en remplacement de l'Allemand, Martin Kobler. A l'annonce de sa nomination, celui qui fut ministre de la Culture du Liban entre 2003 et 2006, était alors membre de la Commission sur l'Etat de Rakhine (Myanmar) présidé par l'ancien secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan.

Par le passé, Ghassan Salamé a, également, été conseiller politique à la Mission d'assistance des Nations-Unies en Iraq (MANUI), en 2003, et conseiller des précédents secrétaires généraux, Kofi Annan (2003-2007), et Ban Ki-moon (2012).

Le chef de l'ONU a demandé à Ghassan Salamé de consulter, largement, et d'élaborer une approche globale des Nations-Unies ainsi qu'un plan d'action à l'appui d'une solution politique inclusive à la crise à laquelle est confronté ce pays d'Afrique du Nord, dans le cadre de l'Accord politique libyen.

Dans les prochains jours, M. Salamé se réunira à New York avec plusieurs hauts responsables onusiens pour discuter « des questions politiques, de sécurité et de développement ».

Avant de partir pour la Libye où il consultera, de manière approfondie, tous les acteurs libyens, M. Salamé essaiera de rencontrer « le plus grand nombre possible d'ambassadeurs de pays membres du Conseil de sécurité mais également de pays voisins de la Libye qui ont un intérêt particulier à l'évolution de ce pays », espérant s'entretenir, notamment, avec les représentants égyptien, algérien et italien.

Le nouveau représentant spécial devrait rejoindre Tripoli au début du mois d'août. « Pour moi, ma toute première priorité, c'est les Libyens. C'est-à-dire comment aider les Libyens – s'ils le veulent, on ne peut pas les obliger - comment leur proposer des solutions créatives, innovantes » pour sortir de l'impasse dans laquelle ils se trouvent, a-t-il dit.

Ghassan Salamé était, mardi, 25 juillet, à Paris, lors de la rencontre entre Fayez Al Sarraj, président du Conseil de la présidence de la Libye, et le général, Khalifa Haftar, commandant de l'Armée nationale libyenne (ANL), organisée sous l'égide du président français, Emmanuel Macron, et qui a abouti sur une Déclaration conjointe saluée par les membres du Conseil de sécurité (voir notre photo à cet effet où la médiation de l'Union africaine conduite par le président congolais Denis Sassou-Nguesso est carrément absente alors que la Libye se trouve en Afrique). En réalité, il s'agit d'une question d'efficacité. Contestée par le président égyptien, le général Sissi, la médiation Sassou sur la Libye, ne convainc pas ses pays voisins. En effet, la Libye est un terrain (diplomatique et militaire) que Sassou est loin de maîtriser, et on se pose les questions sur les raisons qui ont poussé l'Union africaine à lui confier la gestion de ce dossier. Pour certains observateurs, c'est la preuve que l'Union africaine est une organisation pas sérieuse du tout, qui prend ses décisions à la légère.

« Le fait que les deux parties se soient entendues qu'il n'y a de solution que politique à leur conflit est quelque chose qui, certes, est théorique, mais, qui est très important », a déclaré le représentant spécial.

Pour Ghassan Salamé, la déclaration conjointe faite par les deux parties à Paris « va être une référence que moi et d'autres pourront leur opposer le jour où ils auront d'autres tentations ». Il a, également, jugé important le fait que les deux parties appellent à un cessez-le-feu et pensent que les élections soient possibles pour régler la situation.

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain afin d'éviter les soumissions automatisées spam.