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LIBYE : Risque d'embrasement élevé avant la Conférence nationale de mi-avril

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, actuellement, présent en Libye, s'est dit, jeudi, 4 avril, préoccupé par le "risque de confrontation", après des mouvements vers l'Ouest de troupes loyales à l'homme fort de l'Est libyen, Khalifa Haftar. A quelques jours de la Conférence sur la Libye sous l'égide des Nations-Unies (14-16 avril), Khalifa Haftar veut-il s'imposer comme le seul et unique interlocuteur incontournable ?

"Je suis vivement préoccupé par le mouvement de troupes en Libye et le risque de confrontation", a écrit Antonio Guterres sur son compte Twitter, au deuxième jour de sa visite dans ce pays dirigé par deux autorités rivales.

"J'appelle au calme et à la retenue alors que je me prépare à rencontrer les dirigeants libyens", a-t-il ajouté.

Le patron de l'ONU a réaffirmé qu'il n'existait "pas de solution militaire" en Libye, en proie au chaos depuis des années. "Seul le dialogue interlibyen peut résoudre les problèmes libyens".

L'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal, Khalifa Haftar, a annoncé, mercredi, 3 avril, soir, qu'elle préparait une offensive pour "purger l'Ouest" de la Libye, dont la capitale Tripoli, "des terroristes et des mercenaires" (notre photo montre les deux frères ennemis).

L'annonce a été accompagnée de mouvements de troupes confirmés de sources militaires.

Une colonne de véhicules armés est arrivée, jeudi, à l'aube, au Sud de la ville de Gharyan, à 120 km au Sud-Ouest de Tripoli, où l'ANL avait, toutefois, déjà, obtenu le ralliement d'un important groupe armé.

Cette avancée risque d'embraser l'Ouest libyen où les villes et les groupes armés sont divisés entre ceux qui appuient l'ANL et d'autres qui lui sont hostiles.

A Tripoli, le chef du gouvernement d'union nationale (GNA), Fayez al-Sarraj, reconnu par les Nations-Unies, a dénoncé, dans un communiqué, une "escalade" et des déclarations "provocatrices".

Fayez al-Sarraj a indiqué, par ailleurs, avoir ordonné aux Forces Pro-GNA de se tenir prêtes pour "faire face à toute menace".

Il a rappelé que l'"escalade" annoncée par l'ANL intervient à quelques jours de la tenue d'une Conférence nationale sous l'égide de l'ONU (14-16 avril), appelée à dresser une "feuille de route" visant à sortir le pays du chaos.

Deux autorités se disputent le pouvoir en Libye : le GNA de Fayez al-Sarraj, établi fin 2015 en vertu d'un accord parrainé par l'ONU et basé à Tripoli, et une autorité rivale installée dans l'Est et contrôlée par l'ANL du maréchal Khalifa Haftar.

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