MACRON AU MALI : Attention aux effets d'annonce

Première impression : contrairement à François Hollande qui avait tendance à laisser ses ministres (africains) gérer leurs dossiers comme ils voulaient, comme ils l'entendaient, Emmanuel Macron veut tout contrôler, tout orienter et, surtout, tout suivre. Le dossier Afrique est aussi important pour le succès de son quinquennat que la baisse du chômage en France. Avec la nomination de Jean Yves Le Drian aux Affaires étrangères (il occupait la Défense sous François Hollande), c'est le système des vases communicants. La Françafrique est là, bien là. Emmanuel Macron a été élu pour sortir la France du trou (comme Barack Obama l'avait été hier pour les Etats-Unis). Ce n'est ni à l'un ni à l'autre de se battre pour l'Afrique à la place des Africains. C'est aux Africains de s'occuper de leur continent. On n'a pas cette impression quand on entend les Africains pérorer sur la capacité du nouveau chef de l'Etat français de faire les choses à leur place. Pitoyable ! Ceux qui en doutaient sont servis : Le « jeune » président français a bien dit qu'il y aurait « continuité » mais qu'il allait « accélérer » les choses pour obtenir de bien meilleurs résultats. Dont acte !

Deuxième impression : Le président français, à défaut d'aborder le dossier Afrique sur le plan de son industrialisation et de sa construction (domaine largement contrôlé par les entreprises chinoises et de plus en plus turques et indiennes), il met l'accent là où l'action de la France est encore respectée et efficace : la défense et la sécurité. Emmanuel Macron confirme la détermination de la France à être aux côtés du Mali, du Sahel, car de façon triviale, il s'agit de la sécurité de la France et de l'Europe. C'est pour cela qu'il sera au prochain Sommet du G5 Sahel (Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad) que préside actuellement, Ibrahim Boubacar Keita (IBK) dans le but de conjuguer les efforts communs en vue de combattre le terrorisme, le djihadisme.
Cela dit, attention aux effets d'annonce : François Hollande avait bien été associé aux efforts des pays limitrophes du Nigeria (Cameroun, Tchad, Niger et Bénin) à la lutte contre Boko Haram, se rendant même, en 2016, au Nigeria, assister au Sommet sur cette question, aux côtés des chefs d'Etat, directement, concernés, mais, on n'a jamais vu à quoi cette participation avait servi. Du Hollande tout cru !

Conclusion : il ne faut pas se voiler la face. L'Afrique est un terrain difficile. On souhaite beaucoup de courage au volontarisme du « jeune » chef d'Etat français. Mais, on ne voit pas de solution dans l'immédiat, qui puisse, radicalement, changer la donne. C'est donc un combat à long terme, de longue haleine, qui nécessite, d'abord et avant tout, que l'Afrique se prenne en charge, que les Africains prennent leur destin en main, même si leurs partenaires, au premier rang desquels se trouve (bien évidemment) la France, viendraient, par la suite, les épauler. Faire le contraire renforcerait la Françafrique. C'est le cas actuellement.

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