Me Dr DOMINIQUE KOUNKOU : « Je conseille à Sassou-Nguesso de partir avant qu'il ne soit trop tard »

Afrique Education : Maître Dominique KOUNKOU, merci de nous recevoir chez vous.
Dominique Kounkou : Soyez les bienvenus chez nous.

Afrique Education : Vos ennemis ont tellement fait circuler sur votre compte de la fake news que nous sommes heureux de vous trouver en forme, rayonnant de santé et bien installé dans votre résidence.

Dominique Kounkou : Venez et voyez, disait Jésus-Christ. N'est-ce pas ?

Afrique Education : Oui, mais Maître, il ne doit pas être facile d'être l'objet de tant, et de tant de calomnies.

Dominique Kounkou : C'est le chemin de la reconnaissance. Au début de ma vie publique, mon Père Daniel NKOUNKOU MBOUANGA, ce sage m'avait averti qu'il n'y a que sur les manguiers stériles que l'on ne jette jamais une pierre.

Afrique Education : Vous avez le mental d'un guerrier.
D'un guerrier ? Non du chef d'un vrai Etat, un Etat de droit.

Afrique Education : En parlant d’Etat, justement, comment trouvez-vous le CONGO, votre pays ?
Le CONGO ? Vous ne le saviez pas ? Mais le CONGO vit dans la décadence !

Vraiment ? Il y a bien moyen d’arrêter cette décadence ?
Dominique Kounkou : L'homme dans sa fragilité de manière générale, le Congolais et la Congolaise, en particulier, aiment la décadence. Ils ne peuvent arrêter la décadence. Vous savez pourquoi ?

AfriqueEducation : Non !
Dominique Kounkou : C'est parce que la décadence est agréable aux sens au sein des sociétés décadentes. Il y a du sexe en abondance, des alcools de toutes sortes, du vol, du viol, des emprisonnements sans véritables et équitables procès, des guerres sur des personnes innocentes, de l'impunité devant des crimes, le règne des opportunistes... Un chef de ces sociétés peut détourner de l'argent de toute une nation, rendre exsangue l’Etat entier sans être inquiété. Au contraire, il est adulé à l'intérieur et reçu dans tous les palais à l'étranger. La décadence est provoquée par le diable. Par là, il pollue toute la société dont se nourrit l'homme. Mon grand ami, Emile POULAT, le sociologue français, n'écrivait-il pas, l'homme ne vit pas de pain, seulement, mais aussi, de société. Quand donc la femme, l'homme, l'enfant, se nourrissent d'une société décadente, ils ne pensent plus ni à l'avenir, ni aux générations futures. Le diable conduit le Congolais et la Congolaise dans le pire des enfers en dansant.

Afrique Education : Il faut pourtant en sortir ?
Dominique Kounkou : Oui.

Afrique Education :Comment ?
Dominique Kounkou : Il appartient aux Congolaises et Congolais d'agir plus et de parler moins, de s'organiser dans un mouvement commun de lutte contre ce pouvoir qui s'analyse, nettement, comme une colonisation. J'ai écouté sept fois Les Immortels de l'immense poète engagé congolais, Franklin BOUKAKA, né le 10 octobre1940 et assassiné par le pouvoir en place, le 22 décembre 1972, je me suis rendu compte que les combats de libération sont encore à venir. Au Congo, le retour au combat primordial devient un devoir. Comment les Congolais et les Congolaises atteindront leurs buts ? En se réveillant de ce lourd et trop long sommeil des Congolais et Congolaises. En ouvrant les yeux sur cette mort inévitable vers laquelle la décadence de leur société conduit, plutôt, tôt que tard. En se détournant de cette vie séductrice dans laquelle sombre tout un peuple. En se convertissant, individuellement, pour ne pas mourir comme tous ces Congolais et ces Congolaises qui tolèrent à leur tête le diable.

Afrique Education : Peut-être que les Congolais ont-ils été mystiquement endormis. Le marabout nigérien de Sassou n'a-t-il pas clairement expliqué dans la presse congolaise comment il mélangeait les excréments de Sassou dans de l'eau que boivent les Congolais pour les rendre amorphes et sans réaction?
Dominique Kounkou : Le combat congolais est multiforme. Il n'y a pas que le côté financier, matériel, politique, mais, aussi et davantage, spirituel.

Afrique Education : Alors, il faut chasser le diable ?
Dominique Kounkou : Vous l'avez dit : il faut chasser le diable en tête de cet Etat, pour que le peuple se lève et bâtisse (Néhémie, 2 : 18).

Afrique Education : Qu'est-ce qu'on aime vous entendre ? Pourtant, voici bientôt dix ans, vous êtes resté silencieux et vous avez décliné toutes nos invitations, pourquoi aujourd'hui acceptez-vous de nous accueillir ?
Dominique Kounkou : Trop parler nuit inutilement à la cause que l'on porte. J'ai lu, entendu et écouté tous ceux qui se battent pour que l'ancien régime, celui de Sassou ne soit plus aux affaires congolaises. Ce recul est important car il rend humble et l'on se sent combattant aux côtés de ceux et celles qui se battent. Même si les moyens et les procédés  diffèrent, une lutte a besoin de toutes ces ressources pour obtenir la victoire. Ce recul, régénère aussi, car l'on rencontre de nouveaux visages dans les générations montantes dont l'énergie communicative redonne la force d'avancer. J'ai compris que ce combat n'était pas personnel, au sens d'un combat pour retirer des bénéfices personnels -ce que je n'ai jamais fait-, mais, il était bien comme je l'avais compris :  au service de tout un peuple et ce, au profit des générations et des générations qui font la relève.
 
 
Afrique Education : Vous allumez le feu à chacun de vos passages chez nous. Maintenant, le Congo va mieux, on ne viendra pas brûler nos bureaux ?
Dominique Kounkou : Si le CONGO allait bien, on enverrait pas des bombes sur mon village, SOUMOUNA, dans le Pool, au Sud du CONGO. Or, des maisons y ont été brûlées. Le pyromane, Sassou, a obligation  de  reconstruire  ce village et tout le Pool qu'il a détruit et ruiné.  
 
Afrique Education : Tant que nous y sommes, vous devez avoir une opinion sur le Général MOKOKO
 
Dominique Kounkou : L'opinion que j'ai sur cette affaire est double. D'une part, si MOKOKO est dans une prison effective et réelle, je me battrai pour qu'il sorte. Sa place n'est pas là. Je ne vois pas ce que lui et les autres ont fait pour mériter une place en prison, et surtou, dans une prison à la congolaise. C'est dans ce sens que je viens de signer une pétition ayant l'effigie du Général MOKOKO. J'ai justifié ma signature par le fait que l'homme est créé à l'image de Dieu. A ce titre aucun homme n'a le droit d'abuser de ses pouvoirs pour enfermer un homme innocent.
D'autre part, au même titre que je me battrai pour la défense des droits de Mokoko, au même titre, je m'oppose à cette sorte d'automaticité qui voudrait que Sassou renversé automatiquement, il deviendrait le président du Congo.
J'ai beaucoup apprécié la pertinence et l'extrême finesse de l'analyse de Madame Alphonsine MIKOUIZA, à ce sujet. Elle écrit ceci le par son post du 20 septembre 2017 : « Je vous signale que je ne suis pas contre MOKOKO. Je condamne son arrestation et je participe aux actions pour la libération de tous les prisonniers politiques. Toutefois, je vous apprends une chose importante à retenir : personne n'a gagné ces élections présidentielles, car elles n'étaient pas démocratiques, libres et transparentes, en plus, organisées sur la base d'un acte fondamental, la constitution de 2015, entachée d'irrégularités, car votée suite à un référendum anticonstitutionnel ».  
C'est en effet, affiché son ignorance en matière des règles démocratiques, que de contester le référendum et la constitution, et en même temps, accepter les résultats de la votation qui en découle.
Il faut mettre en place une constituante qui rétablira la loi fondamentale qui permet la réalisation d'une élection libre et transparente, à laquelle, MOKOKO, en tant que citoyen congolais pourra se présenter. C'est à l'issue de cette élection, s'il la gagne qu'il sera proclamé président de la République  du Congo.
 
Afrique Education : Le Congo si ruiné a un avenir ?
Dominique Kounkou : Oui, le CONGO a son avenir entre les mains des Congolais et des Congolaises. Mais, il ne sera possible que si nous savons nous pardonner les uns les autres. Le grand défi qui est devant nous est celui de l'Amour. Il nous faut nous aimer les uns les autres.
Aussi difficile que ce soit, nous devons considérer que tous ceux de l'ancien régime qui a fait tant de tort aux Congolais, sont aussi des Congolais. A ce titre, il est de l'ordre de la maturité de considérer que Sassou est un Congolais. Il appartiendra au peuple de décider s'il faut lui pardonner sous quelles conditions. S'il doit être jugé, ce sera par un tribunal congolais.
L'autre défi que je perçois est celui du dépassement de la rupture manifeste qui s'est opérée entre les Congolais du Sud et ceux du Nord. Ce gap a été créé il y a bientôt cinquante ans. Ce que l'homme a construit pour la défense de ses intérêts, l'homme doit avoir l'intelligence et la volonté de le  déconstruire pour privilégier l'intérêt de tous et l'avenir de nos enfants. Considérons nous seulement comme nous sommes : c'est à dire des Congolais. Là où nos chemins se sont égarés, nos pas doivent y revenir pour que la haine ne triomphe pas. J'aime que Gandhi ait dit : Oeil pour oeil et nous finirons aveugles ! Alors, les Congolais et les Congolaises veulent-ils finir aveugles ? Nous sommes trop intelligents pour ne pas réussir à surprendre ceux et celles qui croient en la fin catastrophique du Congo.

Afrique Education : Oui, mais on parle de la création d'une République du Sud et l'Ouest du Congo, séparé du Nord.

Dominique Kounkou : Je crois comprendre la source d'une telle solution dictée par la désespérance. J'invite chacun de nous à retrouver une âme de pionnier pour bâtir un Congo fort contre toutes désespérances. Nous ne sommes déjà pas nombreux. Pourquoi nous séparer encore? Qui y gagnera ? En tout cas, pas les Congolais. Je voudrais que les Congolais cessent de faire peur aux Congolais. Le temps de la terreur doit, désormais, appartenir aux historiens qui nous donneront des leçons à tirer des mécanismes funestes de la manipulation et de la tyrannie. L'homme et la femme politiques congolais ont à entrer dans de grands chantiers de la véritable reconstruction d'une nation congolaise encore jeune et qui a tout l'avenir pour elle.

Afrique Education : Les investisseurs ont pris l'habitude de ne traiter qu'avec le même homme depuis  plus de quarante ans, se feront-ils avec une autre équipe et d'autres procédures ?

Dominique Kounkou : Vous savez, un pays qui a tout son avenir devant lui n'est pas un pays inquiétant pour ceux et celles qui ont choisi de développer leurs entreprises sur son sol. Il n'y a point de brutalité. Il n'y a point de menaces. Chaque cas sera analysé. Il est évident que nous éviterons aux investisseurs ce qui les mettra dans une situation indélicate au regard de  l'éthique de responsabilité qui se développe de plus en plus à l'échelle planétaire.

Afrique Education : C'est à dire ?
Dominique Kounkou : Par son comportement, le Congo a fait des dignes et légitimes investisseurs, soucieux de leurs intérêts, des simples délinquants qui sont obligés d’élever des armées pour s'ingérer dans la politique nationale chaque fois que les Congolais veulent modifier une gouvernance. En les entraînant dans la corruption, les nobles investisseurs sont devenus  purement et simplement des délinquants et des corrupteurs internationaux. Même avec ceux – là,  nous avons pensé à un droit de repentance. Nous sommes prêts à ouvrir une porte pour la négociation avec ces investisseurs moyennant une redevance.

Le Congo ne doit plus être le tombeau des affaires, mais au contraire, la vallée d'abondance pour celles et ceux qui aiment notre pays et qui veulent s'y installer pour produire des fruits de leurs activités et pour accompagner l'émergence congolaise.
Un message pour les femmes et pour la jeunesse !

Afrique Education : Qui pourra porter ce changement mental si la femme ne retrouve pas sa dignité de mère ?
Dominique Kounkou : Nous avons de grandes femmes de grande valeur que j'appelle à se lever pour construire la nation. Avec elles, nous viserons la parité politique au sein de toutes les institutions.
Quant aux jeunes, je dirai que l'heure a sonné pour la véritable vie des jeunes qui ne servent plus de chair à canon. Ce que décrit le roman : Allah n'est pas obligé de l'écrivain ivoirien, Ahmadou Kourouma, le Congo l'a vécu. J'ai envie de dire ; "plus jamais çà !"
Les jeunes doivent entrer dans des formations et les finir sans l'inquiétude de voir perturber leurs études. Ils doivent poursuivre leurs études au Congo ou à l'étranger. Mais même ayant fait leurs études à l'étranger, je demande qu'ils reviennent sur leur terre pour que nous construisions ensemble. Je formule le même vœu pour notre diaspora si nombreuse dans le monde : que leur cerveau bâtisse le Congo nouveau et que leurs os viennent blanchir la terre congolaise ! Un ami me l'avait dit quand je quittais notre pays. Je le redis pour chacun de nous qui avons vécu à l'étranger par la force  des choses.

Afrique Education : Que diriez vous à celles et ceux qui ont trempé dans l'ancien système ?
Dominique Kounkou : Que voulez-vous, ne sont-ils pas des Congolais et des Congolaises ? Je crois que le mode opératoire Vérité/Réconciliation qui a sauvé la société sud-africaine, nous sera utile pour que ceux qui ont pris au-delà de ce que le pays leur devait, se prononcent à restituer la part de l'indu à notre nation.
Le Congo nouveau naîtra du pardon et de la réconciliation.

Afrique Education : On parle de Denis Christel Sassou-Nguesso comme étant le successeur de Denis Sassou-Nguesso à la tête du Congo. Qu'en pensez-vous ?
Dominique Kounkou : La place de Denis Christel Sassou-Nguesso dit Kiki n'est pas à la tête du Congo pour continuer les malheurs de son père, mais, en prison.

Afrique Education : Venant de vous, un tel jugement aussi dur nous étonne. Pourquoi ?
Dominique Kounkou : En matière pétrolière, la célèbre SNCP (Société nationale congolaise de pétrole) est une propriété propre de SASSOU. Il puise le pétrole congolais, par cette société et le donne littéralement à Kiki qui le vend aux traders, au prix du marché. Personne ne lui a jamais demandé des comptes sur le delta entre le prix en monnaie de singe où il reçoit ce pétrole et le cours international auquel il le vend. Depuis quand l'a-t-il fait ? Combien a-t-il gagné ? C'est le grand secret. L'audit que nous avons fait réaliser par des services spéciaux nous permettent des remontées faramineuses. Si au moins, il traitait bien les employé(e)s à la SNCP et filiales dont il est aussi le gestionnaire, on aurait dit qu 'il y a un peu de traitement qui revient aux Congolais. Mais même là, c'est l'exploitation humaine à outrance avec des droits de cuissage et des licenciements frauduleux et sans cause qui ne sont jusqu'à présents pas payés.
Ce Kiki a volé trop grossièrement les Congolaises et les Congolais pour le laisser se pavaner dans les rues du Congo, alors que dans des juridictions occidentales, il est convaincu de blanchiment d'argent. Il appartient aux Congolais de porter plainte avec constitution de parties civiles devant les juges en charge des affaires qui le concernent, car il faut bien le comprendre, ce qui est analysé comme blanchiment par ces juridictions, se traduit par du détournement de fonds destinés aux Congolais pour nous. Je félicite tous ceux qui ont traversé l'obstacle psychologique de la peur et qui se sont constitués partie civile devant le juge du Tribunal de Grande Instance de Nanterre. Celui ou celle qui a peur d'agir pour les intérêts de notre nation et pour ses propres intérêt, n'aime pas parfaitement le Congo et il ne s'aime pas lui-même ! Les Sassou passeront, mais le Congo restera. Qu'est ce qu'un homme mortel peut bien te faire ?
 
Afrique Education : Est-il possible que nous entrions dans le grand dossier de la dette congolaise dont se charge le FMI
 
Dominique Kounkou : J'ai confiance dans le F.M.I. Plus particulièrement, j'ai de la très haute estime pour sa Directrice Générale, Madame Christine LAGARDE.
Si bien que je suis tout confus quand j'apprends que partout, Sassou raconte qu'il se l'a mise dans la poche comme d'ailleurs la Procureure de la Cour Pénale Internationale.
Ce n'est pas cette image honteuse que je garde de Madame Christine LAGARDE. Elle est la marraine de notre promotion d'Avocats à l’Ecole de Formation du Barreau de Paris. J'ai gardé en mémoire son grand discours au Palais de Congrès de Maillot. Elle parlait de son parcours et de ce métier d'Avocat qui est un métier de combats qui ne se gagnent que par l'intégrité et la détermination. Ce sont ces valeurs que j'applique dans ma vie d'Avocat contre vents et marées.
J'ai confiance que le F.M.I ne faiblira pas. Ses missions, pour le Congo, il les mènera jusqu'au bout. Il y va de la survie des milliers et des milliers d'enfants laissés sur le banc de la société congolaise des riches.

Afrique Education : Croyez vous que le FMI, réussira facilement dans sa mission ?  
Dominique Kounkou : Facilement, je ne crois pas. Il faudra que la mission intègre la sociologie des comportements des  prédateurs d'argent congolais. Beaucoup d'argent est enterré dans des cimetières ! Le Trésor congolais est vide, mais le Congo regorge des fonds. Preuve, Sassou qui vient de banquer pour payer, un mois des salaires des fonctionnaires  et au Trésor, il n'y a aucune écriture de passée. D'où vient cet argent ? Silence radio.
Cette ingénierie des fonds publics qui n'est pas orthodoxe dure depuis 40 ans. Il ne faut pas être étonné de la confusion entre les deniers privés et les deniers publics depuis le sommet jusqu'au niveau le plus élémentaire de l’Etat congolais.
Chacun sait où est l'argent du Congo. Pour une fois, je demande que l'ajustement structurel du FMI ne touche pas le pouvoir d'achat des pauvres gens, mais au contraire, exige des autorités de l'ancien régime de rendre l'argent de partout où il est. La dette congolaise aussi importante soit-elle sera résorbée. Pour réussir sa mission au Congo, le FMI doit changer de comportement.

Afrique Education : Depuis quelques jours, Sassou s'est mis à arrêter ses généraux avec qui il travaille depuis des dizaines d'années : Dabira, Nianga, Moigny, etc. et j'en passe. Quelle réflexion ces arrestations vous suggèrent ?
Dominique Kounkou : Je me mets à la place de ces généraux, qui ont tout donné pour défendre, et Sassou, et sa famille, et son règne. Ils sont allés jusqu'à agir contre la déontologie militaire pour devenir, plutôt, des partisans que des garants de la sécurité congolaise. Je peux comprendre que ces hommes y compris leurs familles, en veuillent à Sassou, qui les a entraînés dans la dérive sectaire, et qui les lâche, à présent. Qu'il y ait un coup d'état à la manière de la fin de Marien Ngouabi, je pourrais le comprendre dans ce contexte. Je pense, cependant, que la vie nationale ne doit pas devenir un éternel règlement de comptes, mais, une pacification qui permette à l'ordre et la sécurité nationale de pouvoir exister. Par rapport à Sassou, je voudrais bien qu'il médite cette phrase de la sagesse universelle : « Celui tue par l'épée mourra par l'épée ». Qu'il ne soit donc pas étonné que le projet de son assassinat vienne de ceux à qui il a tout donné. J'appelle cependant la vigilance internationale pour que ce règlement de compte de caractère tribal ne soit pas imputé aux Lari qui sont devenus des boucs émissaires de la République du Congo.
Le temps, pour lui, est arrivé de partir pour qu'il ne soit pas trop tard pour sa vie, et qu'il ne subisse ce qu'il a fait subir à Marien Ngouabi.
 
Propos recueillis par
Alexandre Jobert et Isabelle Message

Ajouter un commentaire

3 + 15 =
By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Les plus populaires