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MIGRANTS AFRICAINS VERS L'EUROPE : Le premier ministre libyen Al-Sarraj a-t-il pactisé avec Lucifer ?

Le Parti radical italien a annoncé, vendredi, 15 septembre, avoir déposé une plainte au parquet de Rome après des informations de presse évoquant des accords avec des responsables libyens (gouvernement al-Sarraj, ndlr), y compris des chefs de milice, pour stopper les migrants.

Plusieurs médias italiens et étrangers citant des sources libyennes, ont évoqué, ces derniers jours, des soupçons d'accords entre l'Italie et des chefs de milice impliqués dans le trafic de migrants, à l'origine de la forte baisse des départs enregistrée cet été.

Le nom de Ahmad Dabbashi, dit Al-Ammou (l'Oncle), revient souvent : il contrôle la moitié de Sabratha sur la côte libyenne et a, longtemps, été l'un des barons locaux du trafic. Il s'est, depuis quelques semaines, reconverti dans la lutte contre l'immigration clandestine, selon ces sources.

Le ministre de l'Intérieur, Marco Minniti, qui multiplie les réunions avec des responsables locaux libyens, a démenti tout contact direct ou indirect avec des milices, tout en rappelant l'engagement de l'Italie à investir pour développer de nouveaux modèles économiques aux frontières libyennes. Mais de quels modèles économiques aux frontières libyennes peut-il s'agir ? En réalité, c'est des histoires à dormir debout.

Pour les radicaux, les accords avec des responsables libyens doivent relever du Parlement et risquent de violer le droit international en renvoyant les migrants vers un pays dangereux pour eux. D'où la question légitime : Al-Sarraj a-t-il pactisé avec le diable ? En effet, le pouvoir italien ne cachait pas, ces derniers temps, sa décision de ne plus recevoir les migrants, les autres pays européens ayant du mal à partager le fardeau avec l'Italie.

En outre, "le fait de confier, plus ou moins, secrètement, le contrôle des migrations à des organisations criminelles, connues pour leurs comportements illicites, impliquerait une acceptation et un partage de tels comportements, au point de constituer une association de malfaiteurs à fins de commettre d'innombrables délits", dénonce la plainte.

"Avec cette plainte, nous demandons à l'autorité judiciaire de déterminer si en Libye (…), l'Italie a payé pour que les flux de migrants s'arrêtent, au prix de violations très graves des droits de l'homme, du droit international et du droit italien", a déclaré Riccardo Magi, secrétaire des Radicaux. Même s'il n'est pas, spécialement, visé dans la plainte, le premier ministre libyen, Al-Sarrraj, est, fortement, interpellé.

Le flux de migrants entre la Libye et l'Italie a enregistré une chute spectaculaire, cet été, avec 6.500 arrivées depuis la mi-juillet, soit, à peine, 15% de la moyenne enregistrée sur cette période entre 2014 et 2016.

La route n'est, cependant, pas fermée : le navire humanitaire Aquarius faisait route, vendredi, vers la Sicile avec, à bord, 371 personnes secourues, jeudi, tandis que l'ONG allemande Sea-Eye a annoncé avoir secouru, vendredi, 23 personnes, qui dérivaient depuis deux jours.

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