PRESIDENTIELLE AUX ETATS-UNIS : Pour battre Trump, Sanders se rallie à la candidature de son ex-rival Biden

Le champion de la gauche américaine, Bernie Sanders, s'est, clairement, rallié, lundi, 13 avril, à la candidature de son ex-rival dans les primaires démocrates, le modéré, Joe Biden, avec un objectif assumé : battre Donald Trump, le "président le plus dangereux de l'histoire moderne" des Etats-Unis.

Le sénateur indépendant, 78 ans, qui avait renoncé, mercredi, 8 avril, à briguer l'investiture démocrate pour la présidentielle du 3 novembre, avait déjà dit qu'il travaillerait avec Joe Biden, 77 ans, "un homme très respectable". Traduction : Biden avec qui il venait de croiser le fer est différent de la « sorcière » (Hillary Clinton) qu'il avait, âprement, combattue, il y a 4 ans, avec la même énergie, jusqu'à la fin du processus.

Bernie Sanders a franchi, lundi, un pas supplémentaire en apportant explicitement son soutien à la campagne de l'ancien vice-président de Barack Obama et en appelant tous les Américains à faire de même (notre photo).

Dans une démonstration d'unité, les deux septuagénaires, filmés séparément en raison du nouveau coronavirus, sont apparus côte à côte sur une vidéo diffusée en direct sur internet.

"Aujourd'hui, je demande à tous les Américains -- tous les démocrates, indépendants, et de nombreux républicains -- de se rassembler dans cette campagne et de défendre votre candidature, que je soutiens", a déclaré Bernie Sanders, dont certains partisans ont exprimé des réserves sur le programme de Joe Biden qu'ils jugent trop tiède. Joe Biden que Trump surnomme « Joe le dormeur ».

Le but ? "Vaincre quelqu'un qui, je crois -- et je parle seulement pour moi maintenant -- est le président le plus dangereux de l'histoire moderne de ce pays".

Ce ralliement contraste avec ses réticences à soutenir la candidature d'Hillary Clinton après qu'elle l'eut battue dans les primaires démocrates de 2016. Les atermoiements de Bernie Sanders avaient sérieusement affaibli la campagne de l'ancienne secrétaire d'Etat.

Joe Biden qui a remporté une série de nettes victoires dans les primaires démocrates avant l'irruption du coronavirus, s'est dit "profondément reconnaissant" de ce soutien.

"Vous avez placé les intérêts de la Nation et le besoin de battre Donald Trump au-dessus de tout", a-t-il dit à Bernie Sanders. "Comme vous dites, ce n'est pas +moi+ mais +nous+", a-t-il ajouté en référence au slogan du sénateur du Vermont, plaçant sa campagne sous le signe de l'unité.

Joe Biden s'est, ensuite directement, adressé aux partisans de Bernie Sanders, particulièrement, populaire chez les jeunes. "Je vous vois, je vous entends, je comprends l'urgence de ce qui doit être fait pour ce pays et j'espère que vous vous joindrez à nous", leur a-t-il lancé.

Joe Biden a ajouté que les deux hommes allaient créer des groupes de travail communs, notamment, sur le changement climatique, la santé ou le financement des études supérieures, des thématiques sur lesquelles son rival avait fait des propositions nettement plus à gauche.

C'est la preuve que, même si Bernie Sanders n'est pas sur les bulletins de vote en novembre, son programme le sera", a commenté l'équipe de campagne de Donald Trump qui reproche régulièrement à Bernie Sanders d'être un "socialiste", un terme marqué très à gauche aux Etats-Unis où il garde des relents de Guerre Froide.

Joe Biden devrait être désigné officiellement candidat lors d'une convention démocrate le 17 août. Il s'agira du point d'orgue d'une campagne pour l'investiture démocrate qui avait démarré avec un nombre inédit de candidats, affichant une diversité record.

Après des débuts difficiles, le vétéran de la politique américaine s'était imposé sur ses concurrents notamment grâce au soutien des électeurs noirs et des ouvriers. Des électeurs noirs qui meurent, aujourd'hui, comme des mouches à cause du coronavirus, Trump ayant saboté l'Obama Care qui les aidait à se soigner sans ou à moindres frais. Ils devront s'en souvenir bientôt.

Les démocrates attendent, également, une prise de parole de l'ancien président, Barack Obama, qui s'est gardé d'intervenir dans la campagne jusqu'ici.

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