PUTSCH DE 2015 AU BURKINA FASO : Les deux principaux conspirateurs se retrouvent à Paris (comme par hasard)

Après plusieurs demandes restées sans suite, le général, Djibrill Bassolé, a, finalement, obtenu l'accord du pouvoir burkinabè pour être évacué en France pour des soins. Pourquoi maintenant alors qu'atteint d'un cancer difficilement soignable au Faso, le pouvoir rechignait à le laisser partir en France. En 2018, c'est en Tunisie qu'il fut envoyé pour traitement, ce qui lui a permis de tenir jusqu'à ce jour. Cela dit, le général arrive en France à un moment où Guillaume Soro, l'ancien président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire, y séjourne, aussi, après des démêlées judiciaires rencontrées dans son pays. Ces deux auraient fomenté un coup d'état contre le pouvoir burkinabé en 2015. Les enquêtes se poursuivent au Burkina Faso où Soro a refusé d'aller témoigner. D'où la question de savoir si la présence des deux comploteurs en terre française, à ce moment précis, est juste une coïncidence ou une manœuvre savamment orchestrée par Paris à l'encontre du très rebelle pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré ?

Accusé d’être l'un les cerveaux du coup d’état manqué de 2015 au Burkina Faso, Djibrill Bassolé avait été condamné, en septembre 2019, à 10 ans d'emprisonnement par le Tribunal militaire de Ouagadougou. Il a quitté le Burkina Faso, mardi, 28 janvier, soir, pour la France où il va devoir être interné dans un centre d'oncologie spécialisé pour y recevoir des soins pour un cancer.

« Il a finalement bénéficié d'une autorisation de sortie du parquet militaire pour aller se faire soigner. Il a donc quitté le Burkina Faso ce (mardi) soir à bord d'un vol régulier, aux environs de 23h50 pour des soins en France », indique une source.

« Compte tenu de son état de santé assez aggravé, une audience de la chambre d'appel devra statuer sur une remise en liberté provisoire » pour lui permettre de se soigner pendant le temps qu'il faudra, ajoute cette source. Au bout du compte, on peut se demander s'il regagnera son pays car guérir d'un cancer nécessite des soins durables. Le général a voyagé avec son épouse mais sans son médecin.

Le général Bassolé avait, déjà, passé deux mois, en Tunisie, de mars à avril 2018, pour des soins, avant de comparaître très affaibli devant le tribunal militaire en décembre 2018.

Accusé d'être l'un des cerveaux du putsch du 16 septembre 2015 (qui avait fait 14 morts et 270 blessés), l'ancien chef de la diplomatie burkinabè (un très bon ministre du reste), purgeait sa peine à la Maison d'arrêt et de correction des armées (MACA) lorsqu'il a été admis d'urgence le 15 janvier dans un hôpital à Ouagadougou.

Le général Bassolé était l'un des piliers du régime de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé en octobre 2014 par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir. Le Burkina Faso était un château de sable sous Compaoré. Ce pays ne tenait que grâce aux multiples connexions, parfois, mafieuses de Blaise Compaoré. Il en est de même des relations bizarres qu'il entretenait avec des mouvements djihadistes du Sahel qui écumaient dans la sous-région alors qu'au Faso, ils étaient les bienvenus car hébergés, nourris et soignés comme de distingués invités. La diplomatie implémentée par le général Bassolé sous les hautes instructions de Blaise Compaoré, ne pouvait que s'effondrer du moment où le nouveau président, Kaboré, lui, a opté pour la clarification. Conséquence, Ouaga a fait l'objet de plusieurs attentats comme pour lui indiquer la (vraie) voie à suivre. Roch Marc Christian Kaboré a, lui, choisi de combattre les djihadistes, et de ne pas leur offrir le gîte et le couvert à Ouagadougou, comme sous Compaoré. Il en paie le prix fort, aujourd'hui, mais, tôt ou tard, il aura le dessus sur les fâcheux événements qui accablent son pays.

Le général, Djibrill Bassolé, avait été condamné sur la base de l'enregistrement d'une conversation téléphonique qu'il aurait eue avec le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, dans laquelle celui-ci semble affirmer son soutien au putsch du 16 septembre 2015 (notre photo montre que l'amitié entre les deux hommes était réelle). Soro a nié alors que sa voix est, facilement, identifiable.

Le général, lui, avait plaidé non coupable lors de sa comparution devant le tribunal militaire de Ouagadougou, faisant appel de sa condamnation après le verdict.

Avec son arrivée en France, son dossier à Ouagadougou sera, vraisemblablement, classé, le président actuel ne cherchant autre chose que sa réélection, qui, pour l'heure, ne semble pas, encore, assurée.

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