RDCONGO : L'archevêque de Kinshasa condamne la « barbarie » de Joseph Kabila

Après avoir été bernés, comme des enfants, depuis de très longues années par le président, Joseph Kabila, les évêques de la République démocratique du Congo (RDC), se rebiffent enfin. Ils n'hésitent plus à défier Kabila, frontalement, comme s'ils avaient adapté leurs méthodes de contestation à la répression du pouvoir. C'est ainsi que l'influent archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo Pasinya, n'a pas hésité à qualifier, mardi, 2 janvier, de "barbarie", la répression par les forces de sécurité de "la marche pacifique et non violente" des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, effectuée le 31 décembre. Une nouvelle page politique de violences est-elle en train de s'ouvrir afin de hâter le départ de Joseph Kabila du pouvoir ?

"Nous ne pouvons que dénoncer, condamner et stigmatiser les agissements de nos prétendus vaillants hommes en uniforme qui traduisent malheureusement, et ni plus ni moins, la barbarie", a déclaré le cardinal, Laurent Monsengwo Pasinya (sur notre photo avec Joseph Kabila avec qui il a l'air de s'entendre), à la presse, à propos de la répression des manifestations de dimanche qui a fait douze morts, selon les organisateurs.

Dimanche, 31 décembre, les forces de sécurité congolaises ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène et empêché des marches interdites après l'appel d'un collectif catholique à manifester contre le pouvoir.

Cette répression a entraîné "la mort d’au moins cinq personnes" et fait "plusieurs blessés", selon l'ONU.
Ce bilan est contesté par la police congolaise, selon laquelle "aucun mort" n'a été enregistré en marge de ces marches.

Les organisateurs des manifestations évoquent, quant à eux, un bilan de douze morts en RDC.

"Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple ?", s'est interrogé le cardinal Monsengwo qui a, toujours, joué un rôle de premier plan dans l'histoire de la RDC depuis la décennie 1990.

"Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RD Congo", a-t-il lancé. Des paroles très fortes, surtout, venant de la bouche d'un cardinal.

Il a estimé que la répression des manifestations était une "instrumentalisation de la liberté religieuse pour masquer des intérêts occultes comme par exemple l’accaparement des ressources, des richesses, le maintien au pouvoir par des méthodes anti-constitutionnelles".

"La marche pacifique et non violente" organisée par un collectif catholique avait pour but de réclamer l'application d'un accord pouvoir-opposition signé le 31 décembre 2016, "accord violé volontairement", a ajouté le prélat.

Cet accord conclu sous l'égide de l'épiscopat congolais prévoyait l'organisation de la présidentielle, fin 2017, pour organiser le départ du président Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le dernier mandat s'est achevé en décembre 2016.

Une série de scrutins dont la présidentielle censée élire son successeur est prévue pour le 23 décembre 2018. Mais, Kabila ne donne aucune garantie qu'il quitter le pouvoir à cette date.

Commentaires

Pasteur N'TUMI (non vérifié)
Désormais tous les dimanches, rendez vous en masse dans nos églises,Chrétiens de toutes obédiences, Musulmans,BDK, soyez prêts pour le combat de la liberté, de la démocratie et de l'Afrique centrale.

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