RDCONGO : « Que les médiocres dégagent », lance le cardinal Laurent Monsengwo à l'endroit de Joseph Kabila

L'archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo, en a marre du « médiocre » Joseph Kabila qui a décidé de s'accrocher au pouvoir. Figure de la puissante église catholique très bien écoutée au Vatican, il ressort la carte du défi frontal au pouvoir, en ce début d'année 2018 cruciale pour la République démocratique du Congo (RDC), un an après l'échec (par le fait du pouvoir) de la médiation de l'épiscopat dans la crise liée au maintien du président, Joseph Kabila, à la tête de l'Etat.

"Il est temps que les médiocres dégagent", "barbarie", "mensonge systémique", "brutalités policières"...: il a suffi de quelques mots bien sentis, en 48 heures, pour que Mgr Monsengwo, 78 ans, fasse honneur à sa réputation d'opposant numéro un. D'autant que les appels à manifester de l'opposition politique ont sonné creux, fin 2017, face à l'interdiction et la dispersion systématique de tout rassemblement par les forces de l'ordre envoyés par le pouvoir de Joseph Kabila.

L'archevêque de Kinshasa, une capitale d'environ 10 millions d'habitants et plus de 130 paroisses, est la figure de proue de l'église catholique romaine dans un pays de quelque 80 millions d'habitants, très majoritairement, catholiques malgré la prolifération des églises évangéliques dites du "réveil" (dont certains avancent qu'elles soutiennent le président Kabila), parfois contre des espèces sonnantes et trébuchantes.
Puissant à Kinshasa, le prélat congolais pèse lourd, aussi, à Rome. Elevé au rang de cardinal par Benoît XVI, Mgr Monsengwo représente l'Afrique dans le collège des neuf cardinaux nommés par le pape François pour travailler sur la réforme de la Curie.

Le Vatican lui a apporté son soutien après ses déclarations fracassantes. A Kinshasa, le nonce apostolique, Luis Mariano Montemayor, un Argentin proche du pape, a, aussi, dénoncé "la réaction disproportionnée des forces de sécurité congolaises" face à la marche des catholiques du 31 décembre dernier.

Dans un premier temps, Mgr Monsengwo n'avait pas commenté cet appel de laïcs proches de l'église à une marche pour demander au président Kabila de déclarer, publiquement, qu'il quitterait bien le pouvoir.
La réponse des forces de sécurité (au moins cinq morts, 134 paroisses encerclées, cinq messes interrompues..., d'après la nonciature) semble avoir réveillé une profonde colère chez cet homme de taille moyenne, qui lit ses homélies à voix basse entrecoupée de longs silences.

Communiqué souhaitant la fin du "mensonge systémique" et que "les médiocres dégagent", interview à Radio Vatican, messe du 4 janvier à la mémoire des martyrs de l'indépendance, qu'il compare "aux morts d'aujourd'hui" victimes des "brutalités policières"...: ses prises de position ont suscité une mise en garde du gouvernement frisant la menace de poursuites.

"Monseigneur Laurent Monsengwo a tenu des propos injurieux à l’endroit des dirigeants du pays ainsi que des forces de l’ordre", a indiqué, vendredi, 5 décembre, un compte-rendu du Conseil des ministres.
Incontestablement, cet homme polyglotte se trouve, plus que jamais, au centre du jeu en cette année 2018 de toutes les attentes.

Commentaires

HANSALEVEY Adams (non vérifié)
S4IL L EN EST AINSI Qu'il laisse sa religion pour se déclarer homme politique et faire la politique? on en a marre des sous-marins qui soutiennent les opposants radicaux en RDC.

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