SAHARA OCCIDENTAL : Le roi Mohammed VI ferme la porte de l'indépendance de « sa » belle province

La position du roi Mohammed VI était attendue même si on la pressentait. Il vient de confirmer la marocanité du royaume sur le Sahara occidental. Pour lui, seule une autonomie peut être donnée à cette partie de son territoire. Rien de plus. En réalité, rien de nouveau sous le soleil des dunes de l'Atlas. Aucune des parties ne veut faire de concession. Pire, le retour du Maroc au sein de la grande famille de l'Union africaine (UA), a remis au premier plan les rivalités entre d'un côté, le Maroc et tous les pays africains (et ils sont nombreux) qui le soutiennent, et de l'autre, le Sahara occidental, fortement, appuyé par les poids lourds de l'organisation dont l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Nigeria, et l'Angola. Du coup, les clivages sont de retour dans l'UA et la nomination d'un nouvel envoyé spécial des Nations-Unies en la personne de l'ancien président allemand, Horst Koehler, donne l'occasion, à chaque partie, de bien marquer ses positions.

Le roi Mohammed VI a affirmé, lundi, 6 novembre, qu'aucun règlement du conflit du Sahara occidental n'était possible, "en dehors de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara", rejetant toute solution autre que l’autonomie.

Le royaume "maintient son engagement d’adhérer à la dynamique actuelle voulue" par Antonio Guterres, le patron de l'ONU, et à "coopérer avec son envoyé personnel", l'ancien président allemand, Horst Koehler, a souligné, dans un discours télévisé, le souverain marocain à l'occasion des 42 ans de la "Marche verte".

Le 6 novembre 1975, 350.000 Marocains entreprenaient, à l'appel de l'ancien roi Hassan II, de marcher en direction du Sahara occidental, à l'époque, sous occupation espagnole, pour souligner l'appartenance de ce territoire au Maroc.

Après le départ de l'Espagne, le Polisario, soutenu par l'Algérie, a proclamé, en 1976, une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et réclame, depuis, un référendum d'autodétermination.
Rabat, qui considère ce vaste territoire comme partie intégrante du royaume, propose comme solution de "compromis" une autonomie sous sa souveraineté.

Pour le roi du Maroc, "aucun règlement de l’affaire du Sahara n’est possible en dehors de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara et en dehors de l’initiative d’autonomie, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité".

"Le problème n’est pas tant de trouver une solution à cette affaire, mais plutôt d’arriver à définir le processus à suivre pour y parvenir", a-t-il poursuivi.

Pour tenter de sortir les négociations de l'impasse, un nouvel émissaire de l'ONU, l'ancien président allemand, Horst Koehler, a été nommé en mai et a effectué sa première tournée dans la région le mois dernier (sur notre photo, il est reçu par le roi du Maroc pendant cette tournée).

Alors que M. Koehler doit présenter un compte-rendu de sa tournée devant le Conseil de sécurité à New York, Mohammed VI a fait état du "refus catégorique" de Rabat de "tout dépassement, de toute tentative de porter atteinte aux droits légitimes du Maroc (...) de toute proposition obsolète visant à écarter le plan de règlement des paramètres référentiels retenus".

Sur le plan interne, "nous n’allons pas rester les bras croisés à attendre que soit trouvée la solution souhaitée", a affirmé le monarque dans son allocution. "Nous poursuivrons plutôt l’action engagée pour stimuler le développement de nos provinces du Sud et assurer à leur population les conditions d’une vie libre et digne", a-t-il assuré.

Conclusion : on continue de tourner en rond dans ce dossier où, tôt ou tard, c'est le plus fort qui aura le dernier mot.

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