SITUATION EN CENTRAFRIQUE : Qu'en pense l'ancien premier ministre Martin Ziguélé ?

Député à l'Assemblée nationale, l'ancien premier ministre et actuel président du principal parti d'opposition, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), Martin Ziguélé, n'a pas mâché les mots pour donner sa lecture des graves événements qui déstabilisent son pays : Accord de Khartoum (le 8e du genre en l'espace de cinq ans), enchères des rebelles, nomination d'un nouveau premier ministre et de plusieurs ministres issus de la rébellion, action du chef de l'Etat à la tête du pays depuis bientôt quatre ans, etc. En responsable politique qui ambitionne de diriger la République centrafricaine, il donne un éclairage de la situation du pays que les dirigeants actuels devraient lire avec intérêt.

Morceaux choisis de sa dense interview.

A la question de savoir si ce nouveau départ du pays sera cette fois définitif :
Martin Ziguélé répond : « Si des membres des groupes armés ont accédé à des responsabilités, il est important qu'ils réalisent leur part d'engagement, notamment, en dissolvant les groupes armés et en facilitant le retour de l'Etat dans les zones qu'ils occupent... ».

A propos de la forte dégradation de la situation sécuritaire depuis l'arrivée au pouvoir du président Faustin-Archange Touadéra :
Que dit Martin Ziguélé :
« En marge du Forum de Bangui, en septembre 2015, les groupes armés avaient signé un accord de paix avec le gouvernement de transition. L'objectif était d'engager les groupes armés à une trêve pendant les élections qui devait démarrer après ces élections pour conduire le pays à une paix définitive. Après les élections, après une courte accalmie, nous avons assisté à un enchaînement de surenchères qui ont abouti à une série d'hostilités... ».

Autre question : Anicet Georges Dologuélé est plus critique à l'endroit du pouvoir et plus audible dans l'opinion que le chef du MLPC. Pourquoi ?
Martin Ziguélé se justifie : « Depuis le coup d'état du 15 mars 2003 perpétré par le général Bozizé contre le régime élu du MLPC, nous n'avons jamais cessé de nous battre, en notre qualité de principal parti de l'opposition, contre les dérives autoritaires de ce régime, à nos risques et périls, tandis que d'autres profitaient des prébendes de ce régime à divers postes de responsabilité au pays et à l'étranger... ».

Martin Ziguélé a, également, répondu à d'autres questions dont une très importante sur l'impunité que les Centrafricains entrevoient avec les nominations de chefs de guerre à différents postes de responsabilité alors que la Cour pénale spéciale pour la République centrafricaine est déjà en place, à Bangui, prête à prononcer des inculpations.

L'interview de l'ancien premier ministre, Martin Ziguélé, est, d'ores et déjà, en vente chez les marchands de journaux et contenue dans le numéro 475 d'avril d'Afrique Education. Dans ce numéro, on peut, aussi, lire un dossier spécial d'une quinzaine de pages sur le Togo : « Vers l'émergence industrielle et des services en 2030 » et beaucoup d'autres articles très intéressants les uns plus que les autres.

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