SOMALILAND : Election d'un président qu'aucun pays ne reconnaîtra

La République autoproclamée du Somaliland, dans le Nord de la Somalie, élit, lundi, 13 novembre, un nouveau président, le sortant ne se représentant pas, et espère poursuivre une transition démocratique qui tranche avec l'instabilité de l'Etat somalien voisin. Mais, personne ne reconnaîtra ce président fantoche comme son prédécesseur.

Le sortant, Ahmed Mohamud Silaanyo (notre photo), a décidé de ne pas se représenter à la fin de son unique mandat. Trois hommes sont en lice dans cette petite "République" semi-désertique de près de 4 millions d'habitants : Muse Bihi, du parti au pouvoir Kulmiye et les candidats d'opposition Abdirahman Iro et Feysal Ali Warabe, candidat malheureux à la précédente présidentielle de 2010.

Le Somaliland est plus homogène sur le plan clanique et plus stable que le reste de la Somalie. Ancienne Somalie britannique, il a fusionné avec l'ancienne Somalie italienne à l'indépendance du pays en 1960. Puis, il a fait sécession de la Somalie et s'est autoproclamé indépendant en 1991, après la chute de l'autocrate, Mohamed Siad Barre, qui allait plonger la Somalie dans la guerre clanique et précipiter l'effondrement de l'Etat somalien.

Le Somaliland n'est, officiellement, reconnu par aucun pays et est, toujours, considéré par la communauté internationale comme partie intégrante de la Somalie. Il ne reconnaît pas le gouvernement central somalien.
La présidentielle a lieu tous les cinq ans mais celle-ci a été retardée depuis deux ans à cause de la sécheresse - qui frappe régulièrement cette région de la Corne de l'Afrique - et de problèmes d'organisation.

La campagne électorale s'est achevée, vendredi, 10 novembre, et quelque 700.000 votants sont appelés aux urnes. Un système de vote biométrique avec reconnaissance de l'oeil des votants sera utilisé pour la première fois, a fait savoir la Commission électorale nationale.

Les deux dernières présidentielles dans ce pays à peine plus grand que la Grèce avaient été jugées démocratiques.

Mais, la Commission électorale a prévenu que l'accès aux réseaux sociaux (notamment Twitter, Facebook, Whatsapp) serait bloqué à partir de la fermeture des bureaux de vote lundi à 18h00 (15h00 GMT) et jusqu'à une période non précisée, en raison, selon elle, de craintes d'interférences en provenance des régions voisines et pour éviter les spéculations sur les résultats.

"C'est très difficile de contrôler les réseaux sociaux et les médias en général, mais nous avons demandé aux sociétés de communication de suspendre temporairement plusieurs plates-formes de réseaux sociaux", a annoncé Said Ali Muse, porte-parole de la Commission.

Le Somaliland a su administrer et protéger son territoire avec plus d'efficacité que la Somalie, avec une aide internationale et un soutien sécuritaire largement inférieurs. Les autorités expriment, régulièrement, leur amertume face à la non reconnaissance internationale qui freine, selon elles, le développement du pays. Le Somaliland ne peut accéder aux prêts de la Banque mondiale ou du FMI, indispensables pour développer des infrastructures.

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