SOMMET RUSSIE-AFRIQUE : Un retour du tsar qui ne laisse personne indifférent en Chine et en Occident

Devant plus de 40 chefs d'Etat et de gouvernement africains, le président russe a ouvert ce forum à 8 h GMT dans la station balnéaire de Sotchi avec son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, président en exercice de l'Union africaine.
Le premier Sommet Russie-Afrique s’ouvre, mercredi, 23 octobre, à Sotchi. Une rencontre de deux jours, qui doit permettre à Vladimir Poutine de relancer l’influence russe dans une région où Chinois et Occidentaux sont, davantage, présents.

Au programme du Sommet, réplique des "forums sur la coopération sino-africaine" qui ont permis à Pékin de devenir le premier partenaire du continent, deux jours de discussions sur des thèmes allant des "technologies nucléaires au service du développement de l'Afrique" aux "minerais africains au profit des peuples d'Afrique".

Comme son équivalent chinois, la rencontre a vocation à être organisée tous les trois ans. Pour cette première, Moscou a mis les petits plats dans les grands et recevra des représentants des 54 Etats africains.

Pour le président russe, le forum est l'occasion de démontrer qu'il a les intérêts africains à cœur, lui qui, en 20 ans, ne s'est déplacé que trois fois en Afrique subsaharienne, toujours, en Afrique du Sud, très souvent, à l'occasion des Sommets du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

"Nous sommes en train de préparer et de réaliser des projets d'investissements avec des participations russes qui se comptent en milliards de dollars", souligne le président russe dans un entretien diffusé, lundi, 21 octobre, par l'Agence Tass. Il faut dire qu'après cinq années de sanctions économiques occidentales, Moscou a un besoin crucial de partenaires et de débouchés pour conjurer sa croissance atone.

Cela dit, le chemin à parcourir est long : l’Union européenne et la Chine restent les premiers partenaires du continent, avec respectivement 270 000 milliards d’ euros et 200 000 milliards d’euros de volumes d’échange en 2017… contre seulement 17 milliards pour la Russie. La majorité du commerce concerne les armes, rare domaine dans lequel la Russie reste en tête.

Pour retourner la tendance, Vladimir Poutine vante une coopération sans ingérence "politique ou autre", à l'heure où certains acteurs africains, inquiets de leur dépendance financière, commencent à ressentir une forme de lassitude face à la Chine. Mais Moscou a encore du chemin pour concurrencer la Chine ou les Occidentaux. "La Russie n'est pas l'Union soviétique. Elle manque des ressources, de l'idéologie et de l'attrait de son prédécesseur", note Paul Stronski, du Centre Carnegie à Moscou.

Dans un contexte de tensions exacerbées avec les pays occidentaux, le Sommet de Sotchi est, aussi, l'occasion pour la Russie, après son grand retour au Moyen-Orient à la faveur de ses succès syriens, de montrer qu'elle est une puissance d'influence mondiale.

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