TCHAD : Le soutien de l'Occident à Déby (pour sa contribution à la lutte contre le terrorisme) très critiqué

Les puissances occidentales comme la France ou les Etats-Unis, qui s'appuient sur le Tchad pour lutter contre le djihadisme en Afrique, risquent "d’encourager l'instabilité politique et la violence" en soutenant le régime tchadien, estime un rapport d'un centre de recherches américain. En effet, le président, Idriss Déby Itno, piétine la démocratie et n'a aucune considération pour ses opposants. Après son passage en force, dès le premier tour, à la présidentielle de l'année dernière, après avoir pris le soin d'éliminer de la course le grand opposant, Ngarlejy Yorongar, Déby entreprend, actuellement, une réforme de la constitution qui fera de lui un président à vie. Toujours prêt à offrir les services de son armée en cas de besoin aux Français ou aux Américains, il croit, en retour, avoir le droit de vie et de mort sur son opposition, sa société civile et ses concitoyens. Il était temps de tirer la sonnette d'alarme pour que cette dictature à la tchadienne soit mise à la face du monde, surtout, de ses protecteurs de Paris et du Pentagone.

Le « sultan » du Tchad, S.M. Idriss Déby Itno (sur notre photo avec le président français Emmanuel Macron), affectionne son rôle d'homme incontournable dans la lutte contre le djihadisme en Afrique. S'il n'hésite, jamais, à enrôler ses militaires sur les terrains les plus dangereux d'Afrique, comme au Nord-Mali, son opposition le critique, fortement, de faire des soldats tchadiens, une chair à canon pour ses ambitions politiques démesurées. Le pacte non écrit établi, voudrait que les Occidentaux observent le silence sur les manquements de Déby dans le domaine de la démocratie et des droits de l'homme. Mais trop devenant trop, des voix commencent à s'élever dans les pays occidentaux concernés pour dénoncer une telle entente.

"Aujourd'hui, grâce à la capacité militaire du Tchad, la France et les Etats-Unis considèrent Idriss Déby (le président tchadien, ndlr) comme un allié crucial", mais, ils risquent "d’encourager l'instabilité politique et la violence qu'ils veulent pourtant freiner", selon une étude de l'United States Institute of Peace (USIP).

"Les alliés du Tchad doivent être conscients que soutenir un dirigeant autoritaire qui s’est maintenu au pouvoir pendant vingt-sept ans grâce à des élections truquées, à la cooptation et à la répression des opposants politiques peut s'avérer une stratégie risquée et peu viable", estiment les chercheurs Marielle Debos et Jérôme Tubiana, auteurs de ce rapport.

"Plutôt que de donner un soutien largement inconditionnel à un régime vieillissant, les soutiens internationaux devraient y décourager la répression de la contestation et y encourager la négociation d’une transition inclusive", recommande le rapport.

Un mécontentement social non armé a été visible, ces dernières années, mais, "l'ampleur de ces manifestations a été limitée par le harcèlement et l'intimidation du gouvernement", ajoute-t-il.

Le Tchad connaît, également, des menaces sécuritaires à ses frontières libyenne et soudanaise, où s'agitent, depuis longtemps, des mouvements rebelles. "A première vue, le Tchad semble moins vulnérable qu'il ne l'était dans les années 2000, mais, il serait prématuré de conclure que la guerre appartient au passé", selon les chercheurs.

Le Tchad est, aussi durement, touché par une crise économique "dont les origines sont à trouver dans la mauvaise gouvernance autant que dans la chute des cours du pétrole", observe le même rapport. Cette crise touche, gravement, les populations pauvres, ainsi que, les plus de 500.000 réfugiés et déplacés du pays.

"On en demande beaucoup au Tchad au niveau militaire, bien que les capacités de son armée restent limitées et qu’elle doive maintenant faire face à des menaces à toutes ses frontières”, estime Jérôme Tubiana.
Il rappelle que l'armée tchadienne, déjà, déployée dans des pays étrangers et au sein de forces internationales, participera, aussi, au G5 Sahel contre les groupes islamistes armés.

Allié de la France et des Etats-Unis, le Tchad est considéré comme un partenaire clé dans la lutte contre le djihadisme au Sahel et dans la région du Lac Tchad face à Boko Haram.

Le président Déby, au pouvoir depuis 1990, était, mercredi, 13 décembre, à Paris, pour évoquer la contribution de son pays à la Force du G5 Sahel, initiée par la France, ex-puissance coloniale qui a, souvent, joué les faiseurs de roi au Tchad.

Les Etats-Unis ont, cependant, inscrit le pays sur leur liste noire, car N'Djamena "ne partage pas de manière adéquate les informations concernant la sécurité du public et le terrorisme", selon le président Donald Trump.

Mais preuve que le président tchadien se moque, éperdument, des principes démocratiques ayant trait au respect de la constitution et des droits de l'homme, il vient d'entreprendre la première étape de la modification de la constitution, dont l'ambition est de faire de lui, un président à vie à la tête du Tchad. Ses compatriotes n'ont pas tort de l'appeler « Le Sultan » du Tchad.

Car Idriss Déby Itno, c'est tout un programme anti-alternance à la tête du Tchad !

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