TERRORISME D'ETAT : Après l'Irak et la Libye, est-ce le tour de la Syrie d'en être victime ?

Si l'opinion publique française est partagée sur la participation de l'armée française aux frappes en Syrie de cette nuit, les Anglais, eux, ne prennent pas de gants pour signifier leur mécontentement contre le jusqu'au boutisme de leur première ministre, Theresa May, dont le pays s'est, toujours, aligné sur les positions va-t-en guerre de Washington de façon quasi-automatique depuis l'époque de Tony Blair que d'aucuns qualifiaient d'ailleurs de « caniche de Bush ». Depuis 2007, c'en est fini de l'indépendance de la France que Jacques Chirac avait bien su incarner avec son chef de la diplomatie de l'époque, Dominique de Villepin, en signifiant la neutralité de la France dans l'accusation non démontrée des armes chimiques que Colin Powel brandissait aux Nations-Unies. A partir de 2007, en effet, Nicolas Sarkozy (soutenu par son chef de la diplomatie Bernard Kouchner) a aligné la France sur l'atlantisme américain en se rapprochant de l'OTAN. Par la suite, François Hollande ne s'en est pas départi et a, plutôt, confirmé cette position qu'accentue, aujourd'hui, Emmanuel Macron. Désormais, l'Amérique n'a pas un seul caniche à sa solde, mais deux : la première ministre britannique et le jeune président français, Emmanuel Macron (voir notre photo montrant Trump et ses deux caniches).

Les partis d'opposition britanniques et plusieurs ONG ont condamné, samedi, 14 avril, la décision de Theresa May de mener des frappes aériennes en Syrie sans consulter le parlement, rompant, ainsi, avec un usage en vigueur depuis l'intervention, en Irak, en 2003, qui a laissé de profonds stigmates dans le pays.

"Le Royaume-Uni devrait jouer un rôle de leader dans la recherche d'un cessez-le-feu dans ce conflit, et non recevoir des instructions de Washington pour mettre les soldats britanniques en danger", a réagi le leader de l'opposition, le travailliste, Jeremy Corbyn, après l'annonce des frappes menées par l'aviation britannique contre un complexe militaire près de Homs.

Le fondement de l'action de la Royal Air Force, qui a mobilisé quatre avions de combat pour tirer des missiles Storm Shadow, est selon M. Corbyn "légalement discutable", et la première ministre conservatrice, Theresa May, proche de Donald Trump, aurait dû "chercher l'approbation du parlement".

En France, les seuls soutiens à la décision d'Emmanuel Macron, proviennent de son propre parti, la République en marche, et de celui de François Hollande, le parti socialiste. Ce dernier avait souhaité une intervention militaire en Syrie (qu'il n'avait pas pu faire pendant son mandat Barack Obama ayant fait faux bond) lors de son passage sur France 2, en milieu de semaine. En dehors de ces deux partis politiques, tous les autres ont affiché leur hostilité, sinon, leur extrême réserve. C'est ainsi que les insoumis de Jean Luc Mélanchon font savoir qu'on avait servi la même sauce à l'opinion quand l'administration Bush avait voulu chasser Saddam Hussein du pouvoir en Irak. Washington avait sorti l'histoire des armes chimiques qui s'est révélée fausse après des enquêtes des Nations-Unies. Eric Ciotti pour les Républicains dénoncent, pour sa part, une volonté de Macron d'engager la France dans une escalade sans prendre les précautions d'usage et, surtout, sans consulter la représentation nationale.

Quant à Marine Le Pen du Front national, Emmanuel Macron personnalise ce conflit en engageant la responsabilité de la France, sans en avoir obtenu mandat, ce qui est très grave à ses yeux. Bref, Emmanuel Macron a rejoint Donald Trump dans cette action militaire, mais, il ne réunit pas l'assentiment du peuple français.

Dans tous les cas, le premier ministre, Edouard Philippe, va informer l'Assemblée nationale et le sénat en début de semaine afin de tempérer la polémique qui monte. Emmanuel Macron se rend compte qu'être un chef de guerre n'est pas chose facile.

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