VENEZUELA : « La Russie doit quitter le Venezuela » s'emporte Donald Trump devant l'épouse de Juan Guaido

Pour qui Donald Trump se prend-il ? Les Etats-Unis sont-ils devenus les Nations-Unies pour donner des ordres à la Russie qui définit sa ligne diplomatique comme elle l'entend ? Le président américain a appelé, mercredi, 27 mars, la Russie à quitter le Venezuela, après un pic de tension lié à l'envoi par Moscou de militaires et de matériel à Caracas. Cette implication éloigne la chute du régime de Nicolas Maduro que Washington avait planifiée avec le « président par intérim », Juan Guaido, en concertation avec certains pays de la sous-région. Washington sait que la présence militaire de la Russie aux côtés de Maduro va déjouer tous ses plans comme ce fut le cas avec le président syrien, Bachar al-Assad. D'où la colère du vieillard de la Maison Blanche.

"La Russie doit partir", a lancé M. Trump, en recevant dans le Bureau ovale Fabiana Rosales, épouse du chef de file de l'opposition, Juan Guaido, et "première dame du Venezuela", selon la terminologie de la Maison Blanche (notre photo).

Le ton ne cesse de monter entre Washington, qui reconnaît Juan Guaido comme président par intérim du pays et réclame le départ de Nicolas Maduro, et Moscou, qui accuse les Etats-Unis d'essayer d'organiser un "coup d'état" dans ce pays aux immenses réserves pétrolières.

En début de semaine, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, avait dénoncé "l'intrusion persistante de personnel militaire russe pour soutenir le régime illégitime de Nicolas Maduro" et prévenu que les Etats-Unis ne resteraient pas les bras croisés si la Russie continuait "d'exacerber les tensions" au Venezuela.

Moscou revendique le droit de renforcer sa coopération avec le Venezuela "en accord avec la Constitution de ce pays et dans le cadre de la loi". Deux avions russes transportant une centaine de militaires et 35 tonnes de matériel sont arrivés à Caracas, selon l'agence russe Sputnik.

Réagissant aux mises en garde de M. Trump, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, lui a conseillé de tenir sa promesse de retirer les troupes américaines de Syrie avant de donner des conseils à d'autres pays.

"Il a déclaré que les Etats-Unis se retireraient de Syrie, un mois est passé... Je pose le question : se sont-il retirés ?", a-t-elle déclaré, citée par l’agence Interfax. "Avant de vouloir prendre en main le destin d'autres pays, je lui conseillerais de réaliser les promesses faites à la communauté internationale".

L'opposant Juan Guaido s'est autoproclamé président par intérim du pays le 23 janvier. Deux mois plus tard, le Venezuela reste confronté à la plus grave crise de son histoire, avec une économie au ralenti, une monnaie naufragée et des pénuries de tout.

Nicolas Maduro, de son côté, met, en avant, le soutien de la Russie et de la Chine, les principaux créanciers du pays, qui prennent systématiquement son parti dans les instances internationales comme au Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Le vice-président, Mike Pence, a dénoncé une "provocation" de la Russie. "Les Etats-Unis appellent la Russie à cesser tout soutien au régime (du président Nicolas) Maduro", a-t-il martelé.

M. Pompeo a réaffirmé que les Etats-Unis n'avaient aucunement l'intention de négocier avec Nicolas Maduro. "Aucun élément n'accrédite l'idée que parler avec Maduro apporterait quoi que ce soit à ce stade", a-t-il déclaré devant le Congrès. "Il est temps qu'il parte".

Le chef de la diplomatie américaine a, par ailleurs, semblé confirmer que des discussions étaient en cours pour trouver une terre d'exil pour Nicolas Maduro. Mais, c'est plutôt de l'intox au moment où Moscou s'engage, militairement, aux côtés de Nicolas Maduros. C'est vrai qu'interrogé sur les offres du Mexique et de la Norvège pour aider à sortir de l'impasse actuelle, Mike Pompeo a répondu avoir été "personnellement" en contact avec les gouvernements de ces deux pays. Mais, cela ne veut pas dire que Nicolas Maduro a décidé (ou est obligé) de partir alors qu'il a, à ses côtés, deux éminents membres permanents du Conseil de sécurité, en l'occurrence, la Russie et la Chine, qui le soutiennent, fermement, contre les velléités de déstabilisation des trois autres membres permanents occidentaux du Conseil de sécurité (Etats-Unis, Grande-Bretagne et France).

Lors de son entretien avec Donald Trump, l'épouse de Juan Guaido, Fabiana Rosales, a insisté sur la "crise terrible" dans laquelle est, actuellement, plongé son pays. "J'ai peur pour la vie de mon mari", a déclaré la journaliste de 26 ans, dénonçant la "terrible dictature" de Nicolas Maduro.

"Nous sommes avec vous à 100%", lui a répondu le président américain.

Conclusion : Depuis Washington, souffle un bel air de désinformation sur le Venezuela, mais, qui risque de changer de direction, Nicolas Maduro étant loin d'être un homme seul.

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