ZIMBABWE : Ca se gâte entre Camarade Bob et Emmerson Mnangagwa

Il y a eu la création d'un nouveau parti politique, le Front patriotique, avec la bénédiction de Robert Mugabe, qui laisse songeur. Ce parti, dirigé par un ancien général, rassemble tous ceux qui étaient proches de l'ex-première dame, Grace Mugabe, et qui se sentaient ostracisés au sein de la Zanu-PF après la perte du pouvoir par Camarade Bob. Le Front patriotique présentera son propre candidat contre Emmerson Mnangagwa, le successeur de Robert Mugabe, à la prochaine élection présidentielle de cette année. Comme pour la faire taire, le nouveau pouvoir a diligenté une enquête pour savoir dans quelles conditions Grace Mugabe avait obtenu son doctorat de philosophie qu'on menace, d'ailleurs, de lui retirer. D'autre part, le nouveau pouvoir lui reproche, aussi, d'avoir, par le passé, trafiqué l'ivoire pour s'enrichir à titre personnel. De son côté, Robert Mugabe en accordant sa première interview, depuis sa chute, il y a quelques semaines, a déploré le fait que l'Afrique du Sud n'ait pas fait intervenir son armée pour stopper le coup d'état militaire dont il a été victime. Autant d'éléments qui montrent que les choses se gâtent entre le couple Mugabe et le nouveau pouvoir, ce qui risque de crisper le paysage politique zimbabwéen.

Le parlement du Zimbabwe veut convoquer Robert Mugabe (sur notre photo avec son successeur Emmerson Mnangagwa quand celui-ci était son vice-président) pour lui demander des comptes sur l'utilisation des revenus tirés des mines de diamants du pays pendant son règne.

"La commission a décidé de convoquer l'ancien président pour témoigner", selon le député indépendant, Temba Mliswa, qui préside la Commission des mines et de l'énergie.

Les députés veulent interroger l'ancien chef de l'Etat sur des propos tenus en 2016, dans lesquels il regrettait que son pays avait perdu 15 milliards de dollars de revenus diamantifères à cause de la corruption et de l'évasion des capitaux pratiquée par les compagnies minières étrangères.

"Il était le président à l'époque et nous voulons savoir d'où il a sorti ce chiffre de 15 milliards de dollars", a dit M. Mliswa.

La date de la convocation n'a pas, encore, été fixée.

La commission du parlement chargée de ce dossier a, déjà, sommé plusieurs anciens ministres, chefs de la police et haut responsables de l'administration de venir témoigner.

Dans un rapport publié l'an dernier, l'ONG Global Witness avait accusé les dirigeants du Zimbabwe d'avoir détourné, pendant des années, les profits tirés de l'exploitation du diamant pour financer la répression de leurs adversaires politiques.

Selon Global Witness, les services secrets zimbabwéens (Organisation centrale de renseignement, CIO) ont, ainsi, détenu, discrètement, une partie du capital d'une entreprise qui extrait des diamants dans la mine de Marange (Est).

Le Zimbabwe n'a, jamais, publié de statistiques jugées crédibles de ses activités diamantifères, qui ont débuté en 2006.

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