ZIMBABWE : Le vice-président limogé a pris la fuite et se trouve hors du pays

La fuite du vice-président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, est une très bonne nouvelle pour le couple présidentiel. Camarade Bob va, sans doute, expliquer que s'il n'avait rien à se reprocher, il n'aurait pas, précipitamment, quitté le pays, de cette façon. Le vice-président était, en effet, accusé de tentative de coup d'état, ce qui justifierait son limogeage avec cette précipitation. Il annonce vouloir mener le combat, désormais, étant hors du pays. La course pour le pouvoir est plus que jamais lancé alors que Robert Mugabe est candidat à sa succession pendant l'élection présidentielle de 2018.

"Je voudrais faire savoir à mes concitoyens que je ne suis plus dans le pays et que je suis sain et sauf", a déclaré le désormais ex-vice-président, Emmerson Mnangagwa, dans un communiqué. "Mon départ soudain a été causé par les menaces incessantes à mon égard (...) par ceux qui ont tenté précédemment de m'éliminer, notamment, en m'empoisonnant", a-t-il expliqué.

Le parti au pouvoir de la Zanu-PF "n'est pas votre propriété personnelle ni celle de votre épouse, comme bon vous semble", a-t-il ajouté à l'adresse de Robert Mugabe, promettant de revenir au pays pour diriger la formation politique.

Emmerson Mnangagawa, longtemps, pressenti comme un possible successeur de Robert Mugabe, 93 ans, a été démis de ses fonctions, lundi, 6 novembre, pour "manque de loyauté" envers le chef de l'Etat.
Il a été victime de la bataille de succession qui se joue pour remplacer le moment venu le président, au pouvoir depuis 1980. Sur son chemin, il a rencontré un concurrent de poids, la première dame, qui a mené ces dernières semaines une violente campagne de dénigrement contre lui.

Grace Mugabe, 52 ans, "a déversé de fausses informations, des commentaires injustes et irresponsables à mon égard", a poursuivi Emmerson Mnangagawa (sur notre photo avec sa tombeuse, Grace Mugabe).

"J'ai été diffamé au-delà de l'imaginable (...) J'ai été accusé d'avoir commis des actes de trahison qui remonteraient aux années 80. Ce n'est pas seulement faux, mais c'est risible et le président le sait", a-t-il encore affirmé.

La Zanu-PF est "un parti contrôlé par du menu fretin indiscipliné, égoïste et servant ses propres intérêts, qui tient son pouvoir non du peuple et du parti, mais de deux individus, la famille du président qui a privatisé (...) notre institution tant aimée", a-t-il poursuivi.

L'ancien vice-président, surnommé le "Crocodile" pour son caractère impitoyable, a accusé Robert Mugabe d'être "une personne entêtée qui pense être en droit de diriger jusqu'à sa mort" le Zimbabwe.
Robert Mugabe, plus vieux chef d'Etat en exercice de la planète, a annoncé qu'il se présenterait en 2018 pour un nouveau mandat, et qu'il resterait au pouvoir jusqu'à l'âge de 100 ans.

"Le temps est venu de dire non aux demi-dieux et personnes qui sont autocentrées et ne pensent qu'à elles-mêmes et leur famille", a conclu le vice-président, promettant de"revenir au Zimbabwe pour diriger la Zanu-PF".

Le parti au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1980, doit tenir sa conférence annuelle en décembre. Cette échéance permettra, sans doute, à la première dame, Grace Mugabe, de briguer la vice-présidence du parti, grâce à une modification des statuts qui, jusqu'à présent, ne permettent pas aux femmes d'accéder à une telle responsabilité.

Ajouter un commentaire

5 + 2 =
By submitting this form, you accept the Mollom privacy policy.

Les plus populaires