Politique

Ce qui devait arriver est en train de l'être. L'affaiblissement de l'Etat islamique (EI) auquel Boko Haram a fait allégeance, est planétaire. Partout où il est implanté, en Irak, en Syrie et même en Libye, l'EI ne devient que l'ombre de lui-même. Il subit défaite sur défaite et abandonne tout derrière lui, dans la fuite. Pouvait-il en être autrement de ses démembrements comme Boko Haram qui risque de subir le même sort, celui de sa future et totale liquidation, ce qui le pousse, sans doute, par anticipation, aujourd'hui, à négocier par dignitaires kanouri interposés.

A cette allure où l'Union européenne (UE) prend des mesures anti-immigration les unes plus inapplicables que les autres, ne va-t-elle pas interdire, bientôt, aux migrants africains de respirer l'air en provenance des côtes européennes ? En effet, après avoir, vainement, cherché à ériger des barrières sur la Méditerranée en investissant des centaines de millions d'euros dans différents dispositifs de surveillance, les pays de l'UE, toute honte bue, se sont dotés, ce lundi, 17 juillet, de nouvelles règles pour pouvoir empêcher l'exportation vers la Libye de canots gonflables et de moteurs hors-bord utilisés par les migrants, qui cherchent à rejoindre l'Europe par la Méditerranée. L'adoption de cette mesure plus que ridicule, voire, même anecdotique, montre que l'Europe perd le Sud et ne sait, réellement, plus sur quel pied danser, ni à quel sait se vouer.

Qu'on se rassure, Emmanuel Macron n'est pas Nicolas Sarkozy. Les Africains ne tarderont pas à le savoir et à s'en convaincre. Mais, c'est vrai qu'il va vite en besogne avec des déclarations à l'emporte-pièce, qui provoquent, parfois, de la gêne dans son propre camp. Est-ce une forme de jeunesse politique ? Après l'épopée des « kwassa-kwassa » avec les Comores, voici venu le problème « civilisationnel » de l'Afrique qui fait que ses femmes additionnent, facilement, 7 à 9 enfants qu'elles seraient incapables d'éduquer correctement. Si ces déclarations étaient à refaire, le grand chef de l'Elysée redirait-il, exactement, la même chose ? On en doute.

Que s'est-il passé dans les eaux camerounaises où le navire « Mudemba » transportant 37 marins du BIR (Bataillon d'intervention rapide) y compris les membres d'équipage, a coulé à fond sec, après avoir chaviré au large de la zone dite Debunsha, dans la province du Sud-Ouest du Cameroun ? Cette catastrophe a eu lieu, dimanche, 16 juillet, à 6 heures locales (5 h GMT) alors que l'équipage allait ravitailler les soldats en poste à Bakassi. L'alerte, immédiatement, donnée à pu permettre de sauver 3 membres du BIR. Les recherches de 34 autres se poursuivent, l'endroit du naufrage ayant été identifié et circonscrit.

Candidat à rien du tout, Ingénieur, José Eduardo dos Santos, a, de son propre chef, choisi de quitter le pouvoir, en ne se présentant pas aux élections législatives d'août prochain, qui lui auraient permis de briguer la présidence de la République. C'est son ministre de la Défense, le général, Joao Lourenço, qui va lui succéder à la tête de l'Etat. Cependant, il conservera son poste de vice-président du MPLA, le parti au pouvoir, tandis que José Eduardo dos Santos, gardera la présidence du parti. Après avoir proposé de tout laisser à son successeur, il a essuyé le refus de ce dernier et des autres camarades du parti. Cela dit, l'Angola ne vivra en aucun cas un bicéphalisme à la tête de l'Etat dans la mesure où José Eduardo dos Santos, après 37 ans de pouvoir presque solitaire, aspire, véritablement, à un repos plus que bien mérité. Un repos qu'il a, lui-même, souhaité.

La question est sur la bouche de beaucoup d'Ivoiriens : « Alassane Ouattara est-il un homme de parole, qui sait respecter ses engagements » ? Pour beaucoup, c'est Non ! A trois ans de la fin de son deuxième et dernier mandat, les revendications se font entendre de partout, même, des casernes militaires où les locataires de ces lieux se font rappeler à son bon souvenir. Pendant sa rébellion, Ouattara avait fait des promesses qu'il n'a pas tenues auprès de certains depuis qu'il est au pouvoir. Résultat : à trois ans de la fin de son parcours politique à la tête de l'Etat, beaucoup de rebelles d'hier, manquent, aujourd'hui, à l'appel des satisfaits. Au moment où le régime a fabriqué des centaines de milliardaires, du même et seul côté. Ceux qui sont bien lotis étaient, parfois, invisibles, hier, quand il fallait braver le danger au sein de la rébellion, en tirant le coup de feu. Voilà pourquoi, malgré le langage d'apaisement du pouvoir, ils se font entendre. Avec ou sans les armes. Dans la nuit de vendredi à samedi, des soldats de deux casernes d'Abidjan et de Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, ont attendu une heure du matin pour commencer à tirer à l'arme lourde. Bilan : trois morts. C'est un avertissement (presque) sans frais pour Ouattara, en attendant qu'il résolve, rapidement, leurs problèmes. Le régime a un peu d'argent pour satisfaire de telles promesses prises de longue date. Ce n'est qu'une question de volonté politique du chef de l'Etat.

Alassane Ouattara n'a fait que du Alassane Ouattara : rouler son aîné Henri Konan Bédié dans la farine. Il a attendu son deuxième et dernier mandat pour sortir le grand jeu. Après avoir montré son vrai visage à Mabri Toikeusse et Gnaniem Konan en les excluant (autoritairement) du RHDP (dont le président est Henri Konan Bédié), ainsi que, leurs formations politiques, il passe, aujourd'hui, à la vitesse supérieure devant un Henri Konan Bédié, totalement, politiquement, affaibli. Ce dernier était resté sourd, muet, aveugle, dans le passé, aux appels à la vigilance lancés par certains de ses cadres face au double visage du président de la République que tout le monde connaît. Bédié, en tout bon naïf, est en train de se faire avoir pour la deuxième fois par Ouattara, la première fois, c'est quand ce dernier l'avait, doctement, chassé du pouvoir en décembre 1999 par un coup d'état militaire, avant d'installer, provisoirement, à sa place, le général, Robert Gueï, qui venait de nulle part. Un pouvoir que Bédié cherche, toujours et encore, à reconquérir, de son vivant, alors que l'alternance en 2020, vu le comportement de son allié Ouattara, n'est pas à l'ordre du jour pour le PDCI-RDA. On peut se demander si Henri Konan Bédié est, réellement, le président qu'il faut au PDCI-RDA de Félix Houphouët-Boigny ?

Continent de toutes les convoitises, l'Afrique est loin d'être pauvre. Elle est, au contraire, considérée comme le continent de l'avenir, le continent du futur, qui va tirer la croissance mondiale, vers le haut, pendant ce troisième millénaire. Pour cela, il lui faut, à tout prix, la paix et la stabilité. Comme les Etats-Unis, la France et le Japon, la Chine a décidé d'implanter, à son tour, une base militaire à Djibouti, la première qui confirme sa présence armée à l'international.

Seul et unique chef d'Etat africain, à avoir présidé aux destinées de son pays (pendant sept ans), qui a quitté le pouvoir, en mai 2006, et y est revenu, en mai 2016, après avoir gagné, très démocratiquement, le scrutin, qui fut, d'ailleurs, âprement, disputé, Azali Assoumani fait la Une du numéro double 454-455 d'Afrique Education de juillet-août 2017. Sur quatre pages, il décrit l'oeuvre entreprise depuis un an dans la simplicité langagière qui l'a, toujours, caractérisé. Le magazine projette, aussi, ses phares sur la très multicolore Assemblée nationale française voulue par le jeune président, Emmanuel Macron, au sein de laquelle l'Afrique est, plutôt, très bien représentée. Congo-Brazzaville, Pays de la CEDEAO en crise, Zone Franc et ses interrogations sur son éventuelle dévaluation ou sa survie comme monnaie (africaine), etc., le lecteur a de quoi lire.

Après Aïsha Buhari, première dame du Nigeria, c'est le vice-président, Yemi Osinbajo, qui vient de rendre visite au président de la fédération, Muhammadu Buhari, à Londres, où il est en congé médical depuis plus de deux mois, le deuxième depuis le début de cette année. Aucun bilan de santé, aucune photo récente de lui comme preuve de vie, aucune adresse de sa part au peuple nigérian en dehors des vœux de fin de ramadan, bref, rien n'est fait pour assurer les Nigérians et leur montrer que leur président est en voie de guérison. Les informations sur son état de santé restent opaques et le mystère total.

Le président sud-africain, Jacob Zuma, est persona non grata au Congrès, cette semaine, du Parti communiste, un des alliés de la coalition gouvernementale, a indiqué, ce mardi, 11 juillet, la direction de cette formation politique, témoignant de l'effritement du soutien au chef de l'Etat embourbé dans une litanie de scandales.

Après avoir repoussé, à plusieurs reprises, son retour au Sénégal, Me Abdoulaye Wade, ancien président de la République, faiseur politique de l'actuel chef de l'Etat, Macky Sall, est arrivé, lundi, 10 juillet, vers 18 heures, à Dakar, à bord d'un avion spécial, pour conduire la liste du PDS aux élections législatives du 30 juillet, grâce auxquelles il compte faire obtenir la majorité à la coalition de l'opposition, nécessaire pour chasser le président, Macky Sall, du pouvoir. Sa volonté d'en découdre ne trompe personne : sitôt devant ses militants, hier, même à l'aéroport, il a, immédiatement, invité Macky Sall à fuir le pays pour se réfugier à l'étranger, l'invitant même à emprunter son avion. Le ton est donné.

Pierre Nkurunziza affirme qu'il a pacifié le pays. Il est, au contraire, en train de le conduire vers l'abîme. Après avoir déclaré, la semaine dernière, au médiateur des Nations-Unies, Michel Kafando, que le pays était désormais sous contrôle, il a eu la réponse du berger à la bergère. Hier, sur la colline de Shinya, une grenade a explosé tuant, du coup, huit personnes et blessant de dizaines d'autres. Traduction : Nkurunziza doit savoir tenir sa langue et favoriser le dialogue entre le pouvoir et toute l'opposition.

Les 6.000 « rebelles démobilisés », qui faisaient partie de la rébellion du président, Alassane Ouattara, pour chasser par les armes, le président, Laurent Gbagbo, dans les années 2000, et qui avaient choisi de retourner dans la vie civile au lieu d'intégrer l'armée comme 8.500 de leurs camarades à qui le pouvoir venait d'allouer 12 millions à chacun, ont bloqué l'entrée de la ville de Bouaké, dimanche, 9 juillet, pour rappeler à Alassane Ouattara qu'ils sont toujours dans l'attente de sa promesse. Ils ont, en effet, exigé une somme de 18 millions de F CFA, chacun, comme contrepartie de leur participation à la rébellion, qui a favorisé l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara.

Le directeur de cabinet du président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a-t-il la langue fourchue ? En même temps président du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia (c'est son nom) occupe une position centrale dans l'architecture politique du président de la République, son parti étant le deuxième pilier de la majorité présidentielle. Quand il vomit des insanités du genre de celles tenues ce dimanche, 9 juillet, ça crée, incontestablement, un malaise dans le pays.

La question vaut son pesant d'or. Et quand Ali Bongo Ondimba déclarait dans une interview accordée à Afrique Education, dans la deuxième quinzaine d'août 2009, avant son élection : « Je ne suis pas le patriarche. Le patriarche était le patriarche », cette phrase prend, aujourd'hui, tout son sens au regard de l'évolution de la relation franco-gabonaise, qui n'est, vraiment, plus ce qu'elle était, avant l'atterrissage au Palais du Bord de Mer d'Ali Bongo Ondimba, en septembre 2009. Aujourd'hui, c'est une guerre ouverte entre Libreville et Paris, qui ne dit pas son nom, et qui ne se fait pas avec les canons ni les bazookas. Encore moins les orgues de Staline. Le documentaire diffusé par la télévision française, France 2, dans son émission, « Complément d'enquête » peut être assimilé à une déclaration de guerre car quand on veut détruire un chef d'Etat ou son régime, on ne fait pas autrement.

Le camarade-président, Yoweri Museveni, n'est plus populaire. Agé de 72 ans dont 31 au pouvoir, l'ex-guérillero ne fait plus rêver, le pouvoir l'ayant, fortement, émoussé. Pourtant, son mandat actuel court jusqu'en 2021 et lui laisse la possibilité de se succéder à lui-même, ce que l'intéressé, du reste, compte faire, en modifiant la constitution pour faire sauter le verrou de la limitation de l'âge. Là, colère noire de trois militants de l'opposition qui ne veulent plus « se taper » le même président, après la fin de ce mandat. Pour montrer leur souhait de voir Museveni quitter le pouvoir, ils ont ni plus ni moins organisé ses funérailles, provoquant une véritable stupeur au palais présidentiel, à Kampala.

Il n'est en rien,directement, concerné dans l'affaire des « Biens mal acquis ». C'est son fils, le vice-président de la Guinée équatoriale qui a été attaqué au tribunal. Pas lui directement. Pourtant, c'est lui qui compte, désormais, mener l'offensive contre l'ONG Transparency International, afin qu'elle puisse, elle aussi, répondre de faits de diffamation et autres griefs qui lui seront reprochés et que les avocats ne manqueront pas de trouver. Cette future plainte rappelle celle sur la diffamation faite, en 2000, contre François Xavier Vershave et l'ONG Survie par les présidents du Gabon, Omar Bongo Ondimba, du Congo, Denis Sassou-Nguesso et du Tchad, Idriss Déby Itno. Les trois chefs d'Etat avaient comme avocat unique, Jacques Vergès, qui leur permit d'avoir gain de cause dans cette affaire. Entre temps, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et la notion même de justice et de droits de l'homme a, beaucoup, évolué de telle sorte que ce qui était possible hier, l'est, nettement, moins de nos jours. Dans tous les cas, la plainte du doyen Obiang va ouvrir une nouvelle page dans cette affaire qui devient juridico-politico-diplomatique.

Voilà un ancien maquisard qui a accédé au pouvoir, par les armes, en promettant la démocratie pure et parfaite, une fois, à la tête de l'Etat. Son objectif atteint, il met, plutôt, des barrages pour empêcher le bon fonctionnement des partis politiques et associations. Seul son parti, le FPR (Front patriotique rwandais) a le droit d'existence. Toute personne qui propose une autre lecture des événements de 1994, est taxée de « révisionniste » et, immédiatement, jetée en prison. Pour la deuxième fois, le général, Paul Kagamé, va se présenter à l'élection présidentielle, sans adversaire, et fera, au bas mot, 95% des voix. Comme sous l'Union soviétique de Brejnev. C'est la démocratie version Kagamé, qui sait pourquoi il critique les Occidentaux (et pourquoi ces derniers le critiquent) à ce sujet. Mais, il y a mieux : le longiligne général-dictateur vient de s'offrir une constitution, qui lui assure la présence à la tête du pays jusqu'en l'an 2034 au moins. Si ce n'est pas la présidence à vie que Kagame s'est octroyée, qu'on nous dise ce que c'est.

Les militants du PDCI-RDR commencent, enfin, à se rendre compte qu'ils ont été roulés dans la farine par leurs frères et camarades du RDR. Après avoir soutenu le candidat du RDR, en l'occurrence, son président, Alassane Ouattara, à l'élection présidentielle, en 2010 et en 2015, le PDCI-RDR (ce n'est plus, tellement, un secret) croisera, à nouveau, un candidat RDR (Alassane Ouattara ou quelqu'un d'autre) en 2020. Cette éventualité ne fait pas beaucoup plaisir au président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, qui avait (naïvement ?) cru à la parole donnée par son jeune frère Alassane Ouattara. La consécration de cette option sera, clairement, affirmée, les 9 et 10 septembre, pendant le 3e Congrès du RDR dont le président du Comité d'organisation, est l'infatigable, Adama Bictogo.