Politique

Dominique et Alassane Ouattara aiment Paris, et plus, particulièrement, le 16e arrondissement. C'est dans cet arrondissement qu'ils avaient fêté leur mariage. Réputée pour son calme et son caractère très haut standing, une célèbre avenue de cet arrondissement vient de connaître une agitation inhabituelle à l'occasion du bref séjour du couple Ouattara en France, du 9 au 11 juin 2017.

La famille des Saoud ne fait pas les choses à moitié. Après avoir rompu les relations diplomatiques entre l'Arabie Saoudite et le Qatar avec effet immédiat, Riyad vient d'interdire tout port de maillot (quel qu'il soit et quelle qu'en soit la discipline sportive) contenant la mention « Qatar ». Conséquence immédiate : les maillots du FC Barcelone et du Paris Saint-Germain sont retirés des rayons des magasins. Les publicités mentionnant le Qatar ne sont plus diffusées. Le Paris Saint-Germain, club emblématique de l'émir du Qatar, est, aussi, persona non grata dans le royaume.

Le 18 juin 2017, les meilleures estimations des sondeurs les plus généreux donnent une trentaine de députés au Parti socialiste français, soit, dix fois moins que pendant la législature 2012-2017. Pire qu'une déconfiture, c'est la bérezina, un véritable désastre. A qui la faute ? C'est la question à laquelle chacun croit avoir la bonne réponse. Voici un tour d'horizon de la cause de la débâcle socialiste telle qu'elle n'était jamais arrivée depuis sa création.

Ce n'est un secret pour personne que le quinquennat du président, Ibrahim Boubacar Keïta (IBM), est un véritable calvaire. Un exemple pour illustrer ce propos : en quatre ans de pouvoir, il en est à son quatrième premier ministre. Autrement dit, un chef du gouvernement tous les ans. L'efficacité et la cohésion des ministres s'en ressentent fortement. Et puis, il y a cette guerre contre les djihadistes qui gagne peu à peu le Centre et le Sud du pays, après avoir presque paralysé tout le Nord Mali, malgré la présence, sur place de la Minusma et de la force française Barkhane. Elle contribue, elle aussi, à plomber l'action gouvernementale. Les choses sont donc loin d'être simples pour IBK qui est, néanmoins, candidat à un deuxième mandat. C'est dans ce contexte politique difficile qu'il a initié une modification de la constitution, qui divise l'opinion publique et que dénonce l'opposition, à un an de l'élection présidentielle. Le président veut-il s'attribuer beaucoup trop de pouvoirs pour devenir roi comme l'accuse l'opposition ?

Premier chef d'Etat africain à être reçu à l'Elysée, ce dimanche, 11 juin, un jour d'élections législatives en France, l'Ivoirien, Alassane Ouattara, a eu une séance de travail élargie aux deux équipes, de plus d'une heure avec son homologue, Emmanuel Macron. Si les relations entre les deux pays sont excellentes, les deux chefs d'Etat ont préféré mettre l'accent sur les efforts qu'ils comptent faire pour éradiquer le terrorisme, développer les énergies renouvelables et assister la Côte d'Ivoire au niveau européen dans ses besoins en matière de financement de ses investissements. Cependant, pas un mot sur la réconciliation nationale alors que rien ne sera, durablement, possible en Côte d'Ivoire tant que les efforts ne seront pas, concrètement, faits dans ce domaine où une bonne partie d'Ivoiriens considèrent (à juste titre ?) le président de la République comme étant le plus grand diviseur national du pays.

C'est connu en Afrique du Sud aujourd'hui : ne sont contents du président, Jacob Zuma, que ceux qui mangent, directement, dans sa main. Pour utiliser le langage de l'homme de la rue, il a mis l'ANC par terre. Maintenant, c'est au tour de l'Afrique du Sud. Voilà pourquoi les voix s'élèvent et non des moindres pour qu'on l'évince du pouvoir avant la fin de son mandat. C'est le cas de Winnie Madikizela-Mandela, l'ancienne épouse de Nelson Mandela, qu'on appelle, affectueusement, la mère de la nation.

Les Camerounais, eux-mêmes, à commencer par leurs prêtres et évêques, disent en choeur : “Trop c'est trop”. Mgr Jean-Marie Benoît Bala, évêque de Bafia, lâchement, assassiné, il y a quelques jours, n'est que la dernière victime d'une longue liste de prélats assassinés dont les enquêtes diligentées par la police, n'ont jamais abouti. Mais, à chaque fois, l'indignation du Vatican et, plus précisément, de l'évêque de Rome (le pape), est sélective. Sous d'autres cieux, le Vatican est, souvent, prompt à réagir, à condamner, et même à proposer des solutions spirituelles et morales. En Afrique noire, rien. Dix fois rien ! Alors question : Le Vatican pratique-t-il (aussi) la politique de deux poids deux mesures (comme les Etats impérialistes) alors qu'on attend autre chose de ce grand serviteur de Dieu ?

A peine arrivé à l'Elysée, le 14 mai, le nouveau chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, a fait un saut de quelques heures, vendredi, 19 mai, au Mali, pour saluer les forces françaises du dispositif Barkhane, qui combattent les djihadistes dans le Sahel, que finance le Qatar, « l'ami de la France ». Le Mali était le deuxième pays visité après l'entrevue du 15 mai entre la chancelière, Angela Merkel et Emmanuel Macron. Demain 11 juin et après demain, le chef de l'Etat français recevra, successivement, l'Ivoirien, Alassane Ouattara, et le Sénégalais, Macky Sall, avant de s'envoler les 14 et 15 juin chez le roi Mohammed VI du Maroc. Une visite, à Alger, chez le doyen Abdelaziz Bouteflika, devrait avoir lieu « dans quelques semaines », avant le Sommet du G5 (Mali, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie et Niger) sur le terrorisme auquel prendra part, le 2 juillet, à Bamako, Emmanuel Macron. Le sans faute du président français sur les questions africaines est pour le moins parfait jusqu'à présent.

Le dictateur fait le dos rond depuis que le Qatar est cité comme Etat finançant directement le terrorisme international. Alors que plusieurs pays africains dont l'Egypte, la Mauritanie et les Comores ont rompu sans tarder leurs relations diplomatiques avec l'émirat gazier, mais aussi, le Gabon, le Tchad, le Sénégal et Djibouti, qui les ont suspendues, parfois, en rappelant leur ambassadeur pour consultations, Denis Sassou-Nguesso, lui, est resté de marbre. Son indifférence rappelle son implication supposée dans le crash du DC10 d'UTA pour lequel certains Congolais le rendent responsable.

La réconciliation est un sujet, hautement, sensible en Côte d'Ivoire. Surtout, depuis l'échec de sa mise en œuvre par le président, Alassane Ouattara. En fait d'échec, il s'agit, en réalité, d'une situation (tardivement) explosive que le président risque de laisser à son successeur, dans la mesure où même au sein de sa propre famille politique, le RHDP, il a été (rigoureusement) incapable de garder unis les partis membres qui le composaient. Le RHDP a presque volé en éclats. Soucieux des dégâts qu'on voit venir, Guillaume Soro (qui sait marcher lui-même sur les œufs) demande, activement, au chef de l'Etat de réaliser, absolument, une réconciliation inclusive, avant de quitter le pouvoir. Il le dit par le canal d'un groupe parlementaire qui lui est (très) proche.

Le Burkina Faso renoue avec ses grandes batailles et les querelles qu'affectionnent le pouvoir et l'opposition. Hier, c'était tous contre Blaise Compaoré et son parti, le CDP. Aujourd'hui, c'est l'opposition incarnée par Zéphirin Diabré qui monte au créneau pour contester, à haute et intelligible voix, le bien fondé de l'action politique conduite par le président, Roch Marc Christian Kaboré, successeur de Blaise Compaoré. Ambiance, ambiance...

Après le coup de pied de Donald Trump dans la fourmilière (des bailleurs de fonds et soutiens logistiques du terrorisme international), les caméléons commencent à changer de couleur. On assiste à un branle-bas des relations entre pays qui entretiennent directement ou non des relations incestueuses avec les milieux internationaux du djihadisme. C'est ainsi que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, craignant pour l'intégrité du Qatar (en tant qu'Etat principal bras financier du terrorisme), va y envoyer des troupes d'élite pour parer à toute éventualité. Le monde n'a encore rien vu. On n'est qu'au début du processus, Trump n'étant pas Obama, l'homme grâce à qui le terrorisme international a connu une expansion sans précédent dans le monde.

Le numéro 453 de juin d'Afrique Education est, déjà, chez vos marchands de journaux habituels. Au sommaire, il y a de quoi se délecter en lisant des analyses et informations de première main sur la Côte d'Ivoire, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, le Nigeria, le Sénégal, l'Angola, le Bénin, etc. qui y sont traitées selon des angles divers. En pleine page de couverture, Brigitte et Emmanuel Macron sourient au monde entier, qui, en retour, leur souhaite la bienvenue. Avec l'Afrique, continent qui fait de la France un grand pays en lui donnant une posture de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations-Unies, le débat va être âpre. En effet, les Africains (de la diaspora et d'Afrique) veulent, absolument, prendre leur destin en main, et ne veulent plus, en aucun cas que leur sort soit décidé hors d'Afrique par d'autres que les Africains. C'est clair. Nicolas Sarkozy, dans la suite de Jacques Chirac, avait refusé de l'entendre de cette oreille. François Hollande, dans l'ambiguïté qui l'avait, souvent, caractérisé, avait feint de le comprendre sans, réellement, comprendre. Qu'en sera-t-il d'Emmanuel Macron ?

Le président de Côte d'Ivoire va, certainement, être le premier chef d'Etat africain à être reçu par le nouveau président français, Emmanuel Macron. Ce dernier (comme François Hollande au début de son quinquennat) fait peur aux dirigeants africains francophones qui se savent mal élus et adeptes de la mal gouvernance. Pendant qu'ils se concertent et se donnent le temps de bien l'« apprivoiser » (comme ils ont su dompter François Hollande), Alassane Ouattara qui est, plutôt, considéré comme le chouchou de Paris (que l'Elysée ait un locataire de droite de gauche ou du centre), sera le premier à se jeter à l'eau. Le président ivoirien souffle quelque peu depuis que les différentes mutineries de son armée ont cessé.

Le général-président, Mohamed Ould Abdel Aziz, a pris la bonne décision en rompant, avec effet immédiat, ses relations diplomatiques avec le Qatar. Il est conséquent avec lui-même car la Mauritanie vit, très mal, l'activité des djihadistes dans le Nord du pays et dans les pays voisins, notamment, le Mali et le Niger. Une fois ce pas franchi, on attend que les présidents Ibrahim Boubacar Keita du Mali, Mahamadou Issoufou du Niger, Roch Marc Christian Kaboré du Burkina Faso, Macky Sall du Sénégal, Alassane Ouattara de la Côte d'Ivoire, Idriss Déby Itno du Tchad, Muhammadu Buhari du Nigeria, et tous les autres présidents africains dont la main est au-dessous de celle du Qatar qui leur donne quelques financements, rompent, à leur tour, les relations diplomatiques avec Doha. Au nom de la lutte contre le djihadisme que finance, largement, le Qatar et qui provoque tant de dégâts dans leurs pays.

Agé de 76 ans, le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, depuis mai 2015, voit son action publique, complètement, perturbée par son très instable état de santé. Un coup, il reste enfermé chez lui sans aller au bureau. Un autre coup, il se rend à Londres, pas pour faire quelques jours, mais de longs mois. Bref, il n'y a qu'en Afrique que ce genre de faits inédits, inimaginables sous d'autres cieux, peut se produire. Parti, à nouveau, le 7 mai, pour un « congé médical », à Londres, le président de la Fédération devrait être « bientôt » de retour, selon les propos de la première dame, Aisha Buhari, qui était partie à son chevet, le 30 mai, et qui est rentrée, ce mardi, 6 juin, à Lagos. Du coup, les Nigérians respirent profondément...

Au rythme où vont les révélations qui frappent le président sud-africain, Jacob Zuma, on se demande si le pays de Nelson Mandela n'est pas pire qu'une vulgaire république bananière comme on en connaissait dans l'Amérique latine des années 70 ? A force de côtoyer ses homologues du continent, Zuma a été contaminé par le virus de la corruption et de l'enrichissement sans cause. On peut même dire sans risque de se tromper que l'élève a dépassé ses professeurs. Autrement dit, il est, toutes proportions gardées, plus corrompu que certains cas africains qui nous sont jetés à longueur de journées à la figure.

La trop grande richesse fait-elle perdre le bon sens ? Cette question peut se poser pour le Qatar. Avec, seulement, 2,6 millions d'habitants et un colossal budget de 62 milliards de dollars en 2015 provenant, essentiellement, de la vente du gaz liquéfié dont il est l'un des plus grands producteurs du monde, le Qatar (dont la superficie ne dépasse guère 12.000 km²) a de quoi devenir fou. Et ils sont devenus fous à Doha. Tenez : organisation de la coupe du monde, en 2022, sur des terrains de football climatisés, achat des plus grands palaces dans les plus grandes capitales occidentales, prises de participation dans les plus grandes entreprises des plus grandes places boursières internationales, etc., puis, puis, financement des mouvements djihadistes les plus radicaux (Etat islamique, Al Qaïda, Frères musulmans) qui créent la désolation de par le monde, déstabilisation d'un pays jadis stable et prospère, en l'occurrence, la Libye du colonel Mu'ammar al Kadhafi, le seul leader africain et arabe qui donnait à ses homologues africains sans compter, etc. Bref, si le monde était juste, le jeune émir du Qatar et tous les dirigeants qui l'entourent croupiraient dans des cellules non climatisées de la CPI (Cour pénale internationale).

Le 51e Sommet de la CEDEAO (Commission économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) a pris fin, ce dimanche, 4 juin, à Monrovia, au Liberia. Outre la passation de témoin entre la Libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et le Togolais, Faure Gnassingbé, qui va présider aux destinées de l'organisation, pendant un an, on aura observé un mouvement de foule du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, qui demandent, selon des formules différentes, à adhérer à la CEDEAO.

Annoncée en mars dernier, lors de la visite d'une délégation du Conseil de sécurité dans cette zone, la visite du secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, aura lieu, prochainement, dans la région du Lac Tchad, qui regroupe le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger. En proie au terrorisme de la secte Boko Haram, cette région souffre d'un déficit important de développement qui fait le nid du djihadisme. C'est la raison pour laquelle le secrétaire général de l'ONU sera accompagné des dirigeants de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de l'Union africaine et de l'Union européenne.